Une saison à Longbourn

longbourne.jpgDans une maison de la gentry anglaise du fin fond du Hertfordshire, la domesticité s’échine à satisfaire la famille Bennet et ses cinq filles à marier. Mr et Mrs Hill, le majordome et la gouvernante, Sarah et Polly – femmes de chambre et filles de cuisine tour à tour – et bientôt James, le nouveau valet tissent leur propres relations dans l’ombre de leurs maîtres en tachant de ménager l’avenir et de ne pas trop redouter les changements qui risquent à tout moment de bouleverser leur vie.

Je suis un peu partagée sur ce roman. Bien entendu, en inconditionnelle d’Orgueil et Préjugés, la perspective de pénétrer à Longbourn côté office et la promesse d’un Downton Abbey chez les Bennet ne pouvaient que me séduire. Seulement si Jo Baker signe un bon roman à l’écriture fluide et explore plaisamment les conditions de vie ancillaires du début du XIXe siècle dans la campagne anglaise, elle rate un peu, pour moi, le côté austenien de la chose. Car reprendre des personnages existants, même en filigrane, a ses dangers. Les lecteurs les reconnaitront-ils ? Et là cela coince un peu, tant Sarah, le personnage central, semble peu concernée par la vie des Bennet. Malgré les heures qu’elle passe à coudre enfermée avec les filles Bennet, jamais elle ne montre le moindre intérêt pour leurs rêves et leurs projets. Possible sans doute quoique décevant mais pourquoi donc avoir situé ce roman dans une maison si universellement connue si ce n’était pour raccrocher les deux histoires ? En fait, disons-le, il pourrait se passer n’importe où.

Dans toutes les variations, réécritures et autres « What if » que j’ai pu lire – certains de bien moins bonne qualité littéraire que celui-ci – le point commun était le plaisir que prenait visiblement l’auteur à retrouver des personnages aimés – plaisir qui avait au reste attiré le lecteur. Ici, ce plaisir, s’il existe, passe pour le moins inaperçu, de là à penser que Longbourn ne fut qu’un nom destiné à appâter le chaland, il y a un pas que je ne franchirai pas mais je m’interroge. Un bon roman donc mais à l’arrière plan quelque peu décevant. Ancillaire !

Une saison à Longbourn – Jo Baker – Traduit de l’anglais par Sophie Hanna – 2013

PS : Outre certains partis pris sur la psychologie des personnages au moins discutables à mon sens – que voulez-vous je me sens de taille à discuter des personnalités de chaque personnage jusqu’aux petites heures –  Il ya d’autres petites choses qui surprennent. Pour moi déjà O&P se passe plutôt à la fin du XVIIIe qu’après 1810 mais bon, il a été publié en 1813 alors admettons. En revanche, et même si c’est un détaillounet, il n’y avait certainement pas de « sonnettes » dans le roman d’Austen et pour cause, les premières n’apparaitront que vers 1820 et il est peu probable qu’elle-même en ait jamais utilisé.

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12 réponses à Une saison à Longbourn

  1.  

    Ancillaire ? Mmm… Hugo, lui-même, la veille de sa mort, à 83 ans, n’avait-il pas levé une soubrette dans une taverne où il avait sa table ?

    Mon avis, le coupable, c’est le majordome, c’est toujours le majordome.

     

  2. Le Papou dit :

    Alors là ! Je suis trop assonnetté pour m’y intéressé

    Le Papou

  3. keisha dit :

    Je sens que tu connais ton P&P par coeur! C’est un peu mon cas (je suis d’ailleurs en lecture d’un recueil de critiques sur JA et ses romans) et maintenat je m’interroge sur les sonnettes (ce n’est pas un truc qu’on agite?)

    • yueyin dit :

      Cela peut aussi être une corde reliée à un fil lui même relié à une sonnette située dans l’office… Auparavant les domestiques devaient rester dans les couloirs attenant aux salles où se trouvaient leur maitre pour arriver dès qu’on les appelait (du moins dans les maisons qui pouvaient se le permettre). Evidemment, la sonnette a représenté une libération pour eux 🙂 au départ tout au moins 🙂

  4. Difficile aussi de faire du Jane Austen.

  5. Karine:) dit :

    Je l’ai dans ma liseuse… je le lirai, mais en gardant ça en tête!

  6. Tiphanie dit :

    Ce roman me tente beaucoup forcément, c’est bien d’avoir un avis plus négatif, ça permet de ne aps trop en attendre!

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