Dame Agatha – Une autobiographie

 C’est bien difficile de parler de dame Agatha, elle est si connue… Pourtant la plupart du temps on ne sait pas grand chose d’elle, elle a écrit des romans policiers, beaucoup, elle n’est plus à la mode, mais ses livres se vendent toujours autant. Voilà en gros… Qui était vraiment cette dame ? Mystère ! Cette discrétion elle l’a voulue et son autobiographie commencée en 1950 et achevée 15 ans plus tard ("et maintenant que j’ai atteint l’âge de 75 ans, le temps semble venu de lettre un point final. En ce qui concerne mon existence il n’y a plus rien à dire")  n’a rien d’un volume de confessions intimes, dame Agatha n’était pas du genre à se faire piéger par l’écriture, de tout temps c’est elle qui a tiré les ficelles et ce livre ne fait pas exception.

Ce qu’elle choisit de nous raconter dans son style personnel tout en simplicité et malice, c’est un itinéraire. Son enfance victorienne, totalement excentrique à nos yeux, son premier mariage à peu près catastrophique, ses voyages autour du monde d’abord avec Archie puis seule, sa fille, ses maisons, l’orient, Max son second mari, et l’archéologie qui devait être une des grandes passions de sa vie… De disparition mystérieuse point, d’analyse pertinente de ses intrigues ou de la génèse de ses romans pas plus… Lady Mallowan a toujours dit et redit qu’elle écrivait pour faire bouillir la marmite… elle persiste et signe…

En même temps, la jeune Agatha est tombée dans l’écriture très jeune et je doute qu’elle ai passé plus d’un jour de sa vie sans écrire et cela bien avant d’être publiée… Journal intime ou de voyage, correspondance, nouvelles, c’était chez elle un besoin absolu et elle puisait sa matière dans ce qu’elle observait autour d’elle. A chaque tournant du récit se rencontre un personnage, une réplique, un nom, une situation qui rappelle un de ses romans ou nouvelles… Un vrai plaisir pour une fan.. dont je doute qu’il soit fortuit.

Ma scène préférée, sa rencontre avec Max Mallowan. Comme cela se faisait à l’époque, on avait organisé pour mrs Christie, célèbre romancière, une visite de quelques sites archéologique dans ce qui est aujourd’hui l’Irak. Bien sûr elle se devait d’être accompagnée et la corvée échut au plus jeune des archéologues présents, Max Mallowan. Au beau milieu de nulle part la voiture tomba en panne. Max et le chauffeur durent bricoler plusieurs heures pour la faire redémarrer. Que faisait donc mrs Christie pendant ce temps ? Se tordait-elle les mains, paniquée à l’idée de passer un temps indéfini dans le désert ? Non. Elle s’était étendue à l’ombre du véhicule et ne trouvant rien de mieux à faire s’était octroyée une petite sieste. Je l’imagine bien dans les vêtements féminins de l’époque (on est dans les années trente) installée par terre, tranquille comme baptiste, pour un somme réparateur.  Max lui aurait raconté plus tard que c’est à ce moment là qu’il avait envisagé pour la première fois de l’épouser… véridique ou non, elle n’a jamais mis cet épisode invraisemblable dans un de ses romans… un très beau livre !

Une autobiographie – Agatha Christie – Le masque – 1977 (réédité en 2002)

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6 réponses à Dame Agatha – Une autobiographie

  1. choupynette dit :

    Moi qui aime beaucoup A. Ch, sans avoir lu tous ses livres, tu me donnes très envie de lire cette autobiographie, qui est parfois un exercice périlleux…

  2. yueyin dit :

    Je l’avais lu une première fois à la bibliothèque de ma fac mais le livre était épuisé depuis longtemps. Quand "une autobiographie" a été réeditée, j’ai sauté dessus et la relecture ne m’a pas décue.

  3. Anaïs dit :

    Cet article me donne à moi aussi l’envie d’acheter ce livre .. J’aime beaucoup les romans policiers et en particularité ceux d’Agatha Christie .. Merci pour ce renseignement =)

  4. Lessieux jean-claude dit :

    Hier j’ ai acheté  c/ Emmaüs pour un prix dérisoire pour un ouvrage (2008) quasi inusité « la romancière et l’ archéologue » c/ Rivages. Pour tout dire, je n’ ai qu’ un seul mot: EPATANT, j’ ai peu lu Agatha Christie, ce sont mes parents qui les lisaient sur le « Lecomte de Lisle » fin 1951 pendanr la traversée vers Madagascar où mon père allait continuer sa carrière comme chef de brigade de gendarmerie à Majakandriana (brigade avec un seul gendarme)! Ce sont eux qui m’ ont donné le goût de la lecture et du polar, comme quoi ! J’en suis devenu bibliomaniaque et abonné depuis 6 ans à mes voisins « Emmaûs »  Merci encore à eux

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