Le meurtre d’Adonis

Campanie an 79 de notre ère, Helkias, où plutôt Manius Salvius Priscus le célèbre avocat, se repose dans sa demeure de Paestum, l’antique Poséidonia. Au détour d’une librairie, il tombe par hasard sur un vieil ami qui en profite pour lui confier une petite enquête privée. Un camée représentant Adonis a mystérieusement disparu de sa collection et soupçonnant un membre de sa famille proche, il répugne à faire appel au préteur du cru. Désoeuvré et quelque peu déprimé par le départ de sa compagne, Helkias accepte volontiers de s’intéresser d’un peu près à la villa Fabrina et à ses habitants… Très vite cependant il soupçonne quelque chose de beaucoup plus grave et de beaucoup plus complexe qu’un simple mauvais tour familial.

Marie Visconti excelle à faire revivre l’atmosphère et la vie quotidienne de l’antiquité romaine, et dans ce cas précis de la Grande Grèce, c’est à dire le sud très anciennement hellenisé de l’actuelle Italie. Ce lieu lui donne l’occasion de mettre en scène non seulement d’antiques traditions grecques encore vivaces à cette période mais aussi les influences étrusques – bien plus anciennes encore – qui s’y mêlent. Le personnage d’Helkias est peut être un peu trop sympathique pour être honnête mais il relève d’une nouvelle catégorie d’hommes, ces nouveaux citoyens romains issus des quatre coins de l’Empire, ce qui le rend finalement assez crédible et attachant. L’histoire est complexe et bien menée, le cadre aussi exotique que somptueux, les personnages tordus à souhait et on profite d’une belle leçon d’histoire tout en s’amusant. Dépaysant !

Le meurtre d’Adonis – Marie Visconti – Labyrinthe – 2001

PS : Bon j’avoue j’ai passé ensuite pas mal de temps à relire mon Suétone et à chercher sur le net (merci Wikipédia) des infos sur Poséidonia et ses ruines, la Grande Grèce, les Flaviens (la rivalité entre Titus et Domitien est une donnée importante de l’intrigue) mais bon je suis un peu givrée, ce n’est pas absolument necessaire.

PPS : Les aventures d’Helkias comptent à ce jour cinq épisodes, dont le Cheval d’Octobre qui se passe essentiellement en Gaule et que j’ai lu avec beaucoup de plaisir cet été (mais oublié de chroniquer, évidemment).

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8 réponses à Le meurtre d’Adonis

  1. Le Papou dit :

    Comme tu sais, j’aime bien la série j’espère l’importer dans ma liseuse. Je ne l’ai pas dans les epub de Tatie.

     

    Le Papou

  2. Des personnages tordus ? Non, tant que ça ?!

  3. Chimère dit :

    Quel dommage que je ne sois absolument pas fan de la civilisation romaine, mais bon ton enthousiasme fait plaisir à lire et peut-être un jour…

  4. Lou dit :

     

    « Moi, ma douleur, c’est
    la souffrante raisonnable
    au regard d’enfant perdue,
    celle qui qui ne se plaint pas
    ou à peine, chaque jour, sur facebook.
    C’est du Lou. Mesdames et Messieurs, je vous remercie ».
    Toute ressemblance avec un discours de Georges Pompidou ou une citation de Paul Eluard ne serait, comme d’habitude…

     

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