Dans Manhattan, un chantier de construction met à jour 36 cadavres apparemment assassinés par une même personne à la fin du XIXe sièble. Ce pourrait être la trace du tout premier tueur en série new yorkais et de toutes façons cela devrait faire l’objet d’une enquête. C’est du moins l’avis de l’agent Pendergast du FBI qui s’adjoint les services d’une archéologue pour examiner le site. Cela ne semble pas être celui du promoteur immobilier propriétaire du chantier, ni celui de la police de New York, pas plus que celui de la direction du Museum d’histoire naturelle employeur de la-dite archéologue. Malgré ces obstacles, l’enquête permet d’identifier le coupable, un scientifique employé dans un des cabinets de curiosités qui fleurissaient dans le New York des années 1880. Avant l’ouverture du Museum, ces officines exposaient pour des sommes modiques, toutes sortes de merveilles plus ou moins naturelles, plus ou moins authentiques. Les choses se corsent quand de nouveaux meurtres sont commis, absolument semblables à ceux du siècle précédent…Sur ce roman j’ai un avis partagé, toute la partie “enquête” à proprement parlé m’a beaucoup plu. L’athmosphère poussiéreuse des archives du Museum, les fouilles effectuées parmi les “restes” des cabinets de curiosités, le personnage ambigu de Pendergast, tout cela m’a bien accroché. L’intrigue est complexe, inquiétante avec ce zeste d’inexplicable qui me ravit. A l’enquête historique contrariée par des maneuvres politiques, succède une intrigue plus moderne épicée de quelques scènes d’action. Le tout agréablement mené.
Mon bémol concerne la fin ! Non qu’elle soit mauvaise en soi, elle clôt bien l’enquête. Mais à trop vouloir en faire, les auteurs ont un peu perdu le cap. Après 400 pages d’enquête, la “scène finale” – précisément entre le moment où l’on pénètre dans l’antre du tueur jusqu’au dénouement hors épilogue – dure 243 pages ! Pour corser les choses, les chapitres sont entrecoupés de scènes extérieures qui n’apportent strictement rien à l’histoire mais sont probablement censés justifier l’adjectif haletant clamé par la bande rouge de couverture – procédé qui m’a passablement agacé. Disons que le côté thriller interminable de ce dernier tiers du livre ne m’a pas convaincu. En même temps, je ne suis pas amateur du genre.
Tel quel c’est un bon polar, bien ficelé dans un cadre fascinant, mais que j’aurais volontiers amputé de 200 pages au bas mot.
La chambre des curiosités – Douglas Preston et Lincoln Child – 2002 – traduit de l’anglais par Sebastian Danchin – L’archipel/J’ai lu


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