Vers dorés

Eh quoi ! Tout est sensible !

Pythagore

Homme ! libre penseur – te crois-tu seul pensant

Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :

Des forces que tu tiens ta liberté dispose,

Mais de tous tes conseils l’univers est absent.

 

Respecte dans la bête un esprit agissant : …

Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;

Un mystère d’amour dans le métal repose :

« Tout est sensible !  » – Et tout sur ton être est puissant !

 

Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie

A la matière même un verbe est attaché …

Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

 

Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;

Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,

Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres !

 

Gérard de Nerval – Les chimères – 1853

 

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4 réponses à Vers dorés

  1. Marie dit :

    J’avais complètement oublié ce beau poème ! Il faut que je relise les chimères, mes souvenirs commencent à fuir !!!

     

  2. wens dit :

    Très beau poème

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