Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

Ô, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– Ô l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud – 1871

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12 réponses à Voyelles

  1. Les voies y elles sont-elles belles?
    L’a noue « Art »
    L’e, et blan!
    L’i Rouget
    L’u Vertlaine
    L’o bleu de la mer
    Vois! Yël, n’est pas con…sonnes!

  2. Gambadou dit :

    Cela fait longtemps que je n’avais pas lu ce poème. Il m’a fallu l’aide du dictionnaire…

  3. ALaure dit :

    Ouè ouè ou ouè ouè ….
    Que dire de plus ???? BoF ???

  4. Magda dit :

    Ah oui… moi aussi je l’adore, ce poème-là.

  5. Philippe dit :

    ah Rimbaud, on ne s’en lassera pas !

  6. Naïk dit :

    Merci Yue, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu ce poème, moi aussi, et j’en profite pour sortir un recueil de Rimbaud de ma bibliothèque et le poser sur ma table de nuit 😉

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