Les Années douces

Les années douces est un de mes romans préférés mais je le croyais peu connu, or à la faveur d’une visite je me rends compte que d’autres bloggeurs l’ont apprécié et l’ont joliment dit, j’exhume donc l’article avec quelques liens en plus..

 Voici un roman un peu atypique, tranquille et même lent dans sa progression. Le résumé tient en peu de mots : en allant boire un saké au troquet du coin, Tsukiko tombe par hasard sur un de ses anciens professeur de littérature (japonaise). Au fil des rencontres, fruits du hasard d’abord puis délibérées, leur amitié se construit de saké en grignotage, de balade au marché en expédition étrangement gastronomique au point de remplir totalement leur vie.

Une histoire minimale donc et pourtant une magie présente à chaque page, quelquechose de doux, de tiède qui glisse, s’installe, séduit. Il y a une grande sensualité dans la manière dont la nourriture, les goûts, les odeurs servent de lien entre les deux personnages et ôtent peu à peu toute consistance au reste de leur existence. Tsukiko fait certes allusion à son travail, à ses amants de passage, à sa mère mais cela reste extérieur à ce qui semble être sa « vrai vie » : les moment qu’elle passe avec le « maître » et où elle se sent vivre.  Pour moi, un moment de lecture magique…

Les avis de KatellBMR, Allie et un monde à lire

KAWAKAMI Hiromi – Les années douces – Philippe Picquier – 2003 

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17 réponses à Les Années douces

  1. choupynette dit :

    Je ne sais pas comment est le livre, mais ta critique est très belle;

  2. michel dit :

    Effectivement un moment de tendresse entre deux personnes. Avec l’alcool et la différence d’age comme témoin.
    Un délice à lire

  3. Livrovore dit :

    Très jolie critique !

  4. Florinette dit :

    Déjà que j’aime beaucoup la littérature japonaise alors ta critique me donne sacrément envie ! ;-))))

  5. yueyin dit :

    j’espère que le livre te plaira Florinette.

    Merci à tous d’être passé

  6. BMR dit :

    Une douce promenade dans le Japon moderne que ce roman Les Années Douces de Kawakami Hiromi.
    Une femme rencontre par hasard l’un de ses anciens professeurs ("le maître") et nous les suivons ainsi, au fil des soirées, des rencontres, de leurs escales dans les petits troquets de Tokyo où ils picolent pas mal :
    […] Kojima boit tout doucement, à petites gorgées, son bourbon coupé de soda. J’ai pris moi aussi une gorgée du liquide qui se trouve devant moi. C’est un martini, irréprochable lui aussi.
    Pour accompagner ces libations (saké chaud, bière, …) il leur faut des amuse-gueule et donc, comme dans tous les romans asiatiques, on parle beaucoup de cuisine :
    […] Concombres fraîchement cueillis, frappés légèrement au couteau, servis avec de la chair de prune confite au sel. Aubergine fraîches émincées et passées à la poêle, nappées de sauce soja parfumée au gingembre. Feuilles de chou macérées dans du miso.
    Il ne se passe pas grand chose dans ce doux roman, mais au fil des pages et des rencontres et des soirées, on devine peu à peu la relation complexe qui unit ces deux-là.
    Une sorte d’amour non dit où la façon de picoler et grignoter ensemble semble avoir plus d’importance que tout le reste.
    Et l’on finit même par se laisser prendre à un doux suspense : comment cela va-t-il finir …
    […] Si c’était un grand amour, il était primordial d’en prendre soin, comme d’une plante à qui on donne de l’engrais ou qu’on protège de la neige. S’il s’agissait d’une autre espèce d’amour, inutile de s’inquiéter, il suffisait de le négliger en attendant qu’il se dessèche.
    […] – Tsukiko-san, comprenez-vous la signification de l’expression tashô no en ?
    – C’est-à-dire qu’il y a un lien, enfin, un petit lien, c’est ça ? ai-je répondu après avoir réfléchi un instant. Les sourcils froncés, le maître a secoué la tête.
    – Mais non, il ne s’agit pas de tashô dans le sens de un peu, c’est l’expression qui veut dire plusieurs vies, vivre en se réincarnant, voyons !
    Le lien que j’évoquais à l’instant, ce tashô no en, c’est celui qui unit des êtres dans une vie antérieure.
    Quelquefois le roman semble près de basculer dans une rêverie typiquement nippone mais non, on reste sans arrêt sur le fil du rasoir (ou plus exactement sur le fil du couteau à sushis).
    Et on se laisse bercer, promener dans les rues et les bars de Tokyo, presque surpris et désolé que tout cela ait une fin.
    Une fort belle fin, d’ailleurs.

  7. Papillon dit :

    Décidément je vois ce livre partout ! Et il me fait de plus en plus envie…;-)

  8. Florinette dit :

    Je ne l’ai pas encore lu, mais je garde bien précieusement sur ma LAL les références de ce livre qui, j’en suis sûre devrais me plaire ! 😉

  9. Hélène dit :

    J’avais adoré ce roman.

    Dans le même genre j’ai lu « park Life » dernièrement, va jeter un oeil sur mon blog, tu le trouveras.

  10. loupiote dit :

    Mince normalement, il aurait du y avoir un commentaire…

    belle critique. Tu m’a donné envie de découvrir ce livre.

  11. BMR dit :

    Un nouvel opus de cette auteure japonaise vient de sortir en France : La Brocante Nakano et Télérama en parle ici.
    Nul doute qu’on y viendra bientôt nous aussi …

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