1804, le Révérend et Mrs Austen accompagnés de leurs filles Jane et Cassandra projettent un séjour à Lyme Regis, modeste lieu de villégiature en bord de mer dont la digue de pierre (le cobb) servira plus tard (!) de décor à une scène clé de Persuasion. Leur arrivée est malheureusement perturbée par un grave accident de coche, de chaise de poste exactement. Cassandra blessée, Jane doit courir chercher du secours en pleine tempête et découvre une maison plutôt inhospitalière au propriétaire plus qu’ombrageux…A partir de là les évènements s’enchainent, entre deux tasses de thé et la rédaction des Watsons, Jane est entraînée dans une complexe histoire mélant trafics en tous genres, contrebandiers, naufrageurs, meurtres et autres émois plus… romanesques.
Comme de raison, je ne pouvais que céder aux sirènes d’une série qui met en scène ma très chère Jane comme héroïne et enquêtrice tout à la fois et ce fut une expérience charmante.
L’intrigue est bien menée, le style passablement inspiré de celui d’Austen, les détails savoureux et les références plus ou moins marquées aux romans et personnages de l’auteure amusants et souvent bien vus. Le parti pris assumé d’imaginer la façon dont la vie à pu inspirer l’oeuvre est éminément sympathique même si parfois Stephanie Barron se laisse un tantinet emporter. La mère de Jane Austen est ici par trop inspirée de Mrs Bennett et ne correspond guère à l’idée que je me fais de l’impressionante Mrs Austen qui forte de la supériorité sociale de sa propre lignée exerça un grand ascendant sur sa famille en général et ses filles en particuliers et ce, tout au long de leur vie. Cette réserve mise à part (et comment ne pas pardonner à une telle admiratrice d’un de mes auteurs favorits) cette lecture me fut rafraîchissante et la fréquentation d’une Jane décidée et perspicace fort agréable, sans parler du très séduisant pendant de Mr Darcy, Geoffrey (oui Geoffrey !) Sidmouth qui n’est pas mal non plus. Distrayant !
Jane Austen et le révérend – Stephanie Barron – 1997 – le masque, collection Labyrinthes – Traduit de l’anglais par Corinne Bourbeillon
L’avis de Clarabel et de Chimère.
PS : le quatrième de couverture de mon exemplaire est celui d’un autre roman, Jane Austen à Scargrave manor, premier opus de la série traduit un an après celui-ci, Tolkien doit savoir pourquoi…
PPS : La série compte aujourd’hui, sauf erreur, neuf épisodes tous traduits et parus en français dans la collection Labytinthes/Le Masque
lecture effectué dans le cadre du Challenge Jane Austen et du thème du mois du club Lire et délire, un roman avec un personnage réel inside ! (ce qui s’appelle faire une pierre deux coups)


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