Un petit opus précieux, le premier de la série Sagesses et malices que nous ayons acheté. Je dis nous, car c’est une affaire de famille ! Non seulement j’ai du le lire je ne sais combien de fois à haute voix, mais les filles s’en lisaient des passages d’un lit à l’autre, sans parler des lectures au p’tit frère. Ce ne sont pourtant pas spécialement des contes pour enfants, mais ils ont un charme fou. Depuis notre collection s’est agrandie (sagesses et malice de la tradition juive, des anciens grecs, de Madi l’idiot voyageur, de Birbal le radjah et j’en passe). Mais on garde une place à part pour Nasreddine, le fou, l’idiot, le sage…
Difficile de parler de ces morceaux de tradition orale, aphorisme, conte, morale, blague pure et simple parfois. Chaque histoires cache une perle de sagesse, un coin du bon sens, une vérité toute crue. Jihad Darwiche, dans un style épuré, a su retrouver le ton du conteur oriental et leur rendre couleurs et saveurs. Nasreddine Hodja est parait-il connu partout autour de la méditéranée, le genre de personnage qu’on te cite quand tu files un mauvais coton ou que les jours sont difficiles, mais aussi simplement pour le plaisir. Quelqu’un qui mérite vraiment le détour…
Pour le plaisir justement, voici un extrait qui a déclenché un beau fou rire à l’heure de de la lecture du soir (ainsi que les premières tentatives des p’tits loups pour raconter des blagues en "société").
Nasreddine invita un jour son voisin à dïner. Il avait préparé des langues d’agneau avec du persil et du citron. Le voisin s’offusqua en voyant le plat.
– Ah non ! dit-il. Je ne mange jamais ce qui sort de la bouche des animaux, je trouve ça vraiment dégoutant.
– Qu’à cela ne tienne, répondit Nasreddine, je vais te préparer une omelette.
Sagesses et malices de Nasreddine le fou qui était sage – Jihad Darwiche illustré par David B. – Albin Michel – 2000


7 réponses à Sagesse et malice de Nasreddine, le fou qui était sage