Un ange cornu avec des ailes de tôle

Vous le savez peut être, ma bien aimée Karine a décidé que le mois de septembre serait québécois. Une bonne occasion pour moi de lire quelques uns des romans québecois qui attendent sagement sur leur rayon (ou en pile par terre c’est selon). Chaque fois que je vais dans la belle Province (donc tous les deux ans), je ramène une valise (oui une valise, il y a hélas des preuves photographiques) de livres introuvables ici et ensuite et bien ensuite ils connaissent le sort de tous les livres de ma pal : ils attendent. (inutile de me demander des précisions sur la dite pal, j’ai arrêté de compter à 400 et ne pense pas m’y reprendre avant… euh avant d’avoir l’impression qu’elle ait nettement réduit !) Tout cela pour dire que j’ai pris de bonnes résolutions et qu’en attendant d’en avoir entamé la réalisation (on ne rit pas dans le fond merci) et pour inaugurer ce septembre québécois, je vous fais partager un de mes coups de coeur absolu. Le billet date d’août 2008 mais le souvenir est intact et rien que d’en parler, j’ai envie de le relire. Passez donc un bon moment avec Michel Tremblay, cet ange cornu avec des ailes de tôle !*

♥♥♥

aile-cornu.jpgJe ne sais pourquoi je pensais avoir déjà lu Tremblay ! C’était faux et c’était mal, je m’en suis rendu compte en dévorant (le mot est faible) cette petite merveille…
Dans une écriture légère et fluide, ce livre retrace un parcours qui est aussi une histoire. Le parcours d’un lecteur passionné et l’histoire d’un garçon puis d’un homme qui perçoit la vie à travers le prisme de la littérature qu’elle soit officielle et reconnue ou populaire et méprisée. Quelqu’un pour qui « Ouvrir un livre demeure l’un des gestes les plus jouissifs, les plus irremplaçables de la vie ».
Du premier livre lu, l’auberge de l’ange gardien de notre chère comtesse (mais quel drôle de nom comtesse s’interroge le tout jeune Michel), à son premier livre publié, le petit garçon grandit puis murit, encadré par les discussions familiales, les interdits religieux (l’index régit les lectures à l’école comme à la ville), les carcans en tout genre (il faut attendre 16 ans pour sortir de la collection enfant de la bibliothèque municipale), les découvertes intimes – Ah le premier personnage dont on tombe amoureux… Il grandit, se forme et se forge pour notre plus grand plaisir de lecteur, car c’est une expérience merveilleuse qu’il partage avec nous dans un langage d’une saveur incomparable. Pour un peu j’en regretterais de n’avoir jamais eu d’interdit, aurais-je lu plus de Hugo s’il avait été à l’index au lieu d’être quasi obligatoire ?
Ce volume de souvenirs qui nous plonge de surcroit dans les quartiers populaires du Montréal d’après guerre fait partie d’un tryptique dont les deux autres volets portent l’un sur la découverte du cinéma et l’autre sur celle du théatre… autant vous dire que j’ai très envie de les lire aussi, ainsi que toute l’oeuvre de Tremblay, quand on aime… Un vrai coup de coeur !

Merci Lucille pour ce merveilleux cadeau !

Un ange cornu avec des ailes de tôle – Michel Tremblay – 1994 – Léméac/Acte sud

* Pour ceux qui se poseraient la question, depuis quatre ans j’ai effectivement lu pas mal de Tremblay, parfois je les ai même chroniqués dans les pages de cet humble blog (oui parfois – mea culpa) et je dois dire que ce premier émerveillement a été suivi de beaucoup d’autres. Michel Tremblay est un grand auteur et sans conteste un de mes écrivains favoris !

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56 réponses à Un ange cornu avec des ailes de tôle

  1. La liseuse dit :

    Je suppose que ce doit être un indispensable pour tout lecteur acharné qui se respecte ! Je note. Et puis le titre est très drôle.

    Combien de pages environ ?

  2. sylire dit :

    Je n’ai pas encore lu Michel Tremblay mais j’en ai très envie. Au passage (je n’ai pas trouvé ton adresse mail)  je te remercie pour ta carte qui m’a fait grand plaisir. J’ai été moins courageuse que toi, moi, côté carte postale… et je m’en excuse.

  3. In Cold Blog dit :

    @ Thom : si il s’agissait de « L’homme qui entendait siffler une bouilloire » ou « Hotel Bristol, New York NY », je comprends ton geste d’humeur.
    Sinon, l’inconditionnel de Tremblay que je suis ne peut qu’attribuer ton dégoût à une mauvaise humeur passagère ;o)

  4. chiffonnette dit :

    Un récit magnifique: tendre, lumineux! Une petite merveille et un grand bonheur. J’avais été extrêmement touchée par Tremblay.

  5. Sandrounette dit :

    Quelle bonne critique! Je le note et plutôt deux fois qu’une!

  6. Turquoise dit :

    Ça a l’air vraiment bien ! Allez, je le garde pour septembre,  quand je serai  en  vacances.
    P.S. Bon retour, Yueyin ! J’espère que tu as digéré le décalage horaire.

  7. Karine:) dit :

    C’est fou, j’ai lu beaucoup, beaucoup du théâtre de Tremblay, mais juste un de ses romans!  C’est presque gênant pour la québécoise que je suis!  Je ne connaissais même pas le thème de celui-ci… mais maintenant que c’est fait, je m’empresse de noter! Je ne devrais pas avoir trop de misère à trouver ça, pour une fois!

  8. kesalul dit :

    De Michel Tremblay, je n’ai lu pour le moment que « La grosse femme d’à côté est enceinte », 1er tome des Chroniques du Plateau Mont-Royal. Et j’ai adoré! Alors, sans hésitation, je note celui-ci aussi.
    bonne journée

  9. BlueGrey dit :

    Ce livre-ci était déjà noté dans ma LAL, je le souligne donc !

  10. Anne dit :

    Pour ma part, tout Tremblay est déjà noté dans ma LAL, mais j’ai du mal à les trouver en bouquinerie.
    Et moi, contrairement à ICB, j’ai beaucoup aimé « Hotel Bristol… »

    • yueyin dit :

      Oui je crois que tout vient d’attérir aussi dans ma lal… après on verra sii j’aime tout ou s’il y a des accidents… tout est possible, ça fait partie du plaisir :-))

  11. choupynette dit :

    bon bon bon…. tremblay est donc à découvrir absolument!

  12. Gaël dit :

    Moi qui voulais découvrir Michel Tremblay depuis un moment, voici un titre qui semble parfait pour commencer.
    Bisettes!

  13. Chimère dit :

    Ah c’est évident que pour un lecteur compulsif ce livre vaut le coup. J’ai aussi lu Les vues animées sur le même principe mais avec le cinéma, c’était pas mal mais n’étant pas cinéphile j’avoue ne pas avoir eu de coup de coeur pour celui là.
    Les chroniques du plateau d’abord, les cahiers ensuite c’est mon conseil du jour (vu que quelques personnages des chroniques apparaissent dans les cahiers).

  14. Karine:) dit :

    C’est super que tu aies ressorti ce billet pour Québec en septembre.  Je sens que je vais être tout aussi enthousiaste que toi (il me reste 60 pages à lire!)

    • yueyin dit :

      oui hein, finalement les vieux articles disparaissent un peu dans les épaisseurs des blogs, c’est une bonne chose de leur faire revoir la lumière (et peut être de nouveaux lecteurs) de temps à autres 🙂

  15. Jules dit :

    J’ai lu Tremblay une fois, mais je n’avais pas aimé.  J’ai les Chroniques du Plateau, je devrai m’acharner pour lire le reste…

    • yueyin dit :

      J’ai lu les deux premier du plateau que j’ai beaucoup aimés… et celui-ci que j’adore, et la traversée du continent qui est excellent… comme tu vois il m’en reste beaucoup, je ne sais pas si j’aimerai tout mais pour l’instant c’est un sans faute 🙂

       

  16. kikine dit :

    Honte à moi, je n’ai encore jamais lu Michel Tremblay

  17. Grominou dit :

    Je l’ai acheté pour donner en cadeau à une amie il y a une semaine, et l’ai feuilleté en attendant de passer à la caisse… Ça m’a donné le goût de le relire!

    Celui sur le cinéma, Les Vues animées, est tout aussi magnifique…

  18. BlueGrey dit :

    Lu ! Et adoré ! Et lu et adoré « Le grosse femme d’à côté est enceinte » aussi !  🙂

  19. Lise pas de blogue dit :

    Je suis ravie de voir que la littérature québécoise est appréciée hors chez-nous. Elle le mérite, et Michel Tremblay que j’adore (j’ai presque tous ses livres dans ma bibliothèque) n’est que l’un de nos trésors. Il y en a bien d’autres!

     

    Karine a eu en effet une belle initiative en faisant découvrir l’écriture de nos auteurs ce mois-ci. et le monde des blogues de livres a ceci de merveilleux; faire connaître des auteurs de tous pays; c’est ainsi que je suis « tombée en amour » avec votre Jean-Paul Dubois il y a quelques années…

     

    Mais bon, pour revenir à Michel Tremblay, ce livre a été une séduction totale pour moi, comme c’est le cas chaque fois. J’adore cet homme, et son écriture me « parle » tellement!

     

  20. Encore Lise pas de blogue dit :

    Bon, après avoir lu tous les commentaires, je dirai que le titre « L’homme qui entendait siffler une bouilloire » a un rapport direct avec l’auteur car il s’agit (ce sifflement que personne d’autre n’entend) d’acouphène. Michel Tremblay en souffre, j’en ai aussi depuis des décennies. Ça n’a rien d’amusant et il faut vivre avec car il n’y a pas de remède; nous n’entendons plus le silence, et ce livre est tout sauf insignifiant…

  21. Suzanne dit :

    Psssst gentille dame, tu peux trouver «Les Chroniques du Plateau Mont-Royal» en intégrale maintenant.

    Puis comme tu as aimé «Un ange cornu…» je te conseille fortement dans la même veine «Bonsbons assortis», et «Les Vues animées». De toutes façons, y’en a tellement à conseiller car l’oeuvre de Tremblay c’est un coffre aux trésors.

    • yueyin dit :

      J’ai bonbons assortis quelque part dans ma pal et des nouvelles d’Edouard également, mon prochain tome des chroniques 🙂 et ce qui me plairait vraiment et qu’il va falloir que je m’offre un jour ce sont les trois volumes de la traversée… j’ai lu le premier, la traversée du continent et j’ai adoré !!!

  22. Lise pas de blogue dit :

    Suzanne a raison; les « Bonbons assortis » sont délicieux (petit sourire ici), et ce sont des nouvelles touchantes, des souvenirs d’enfance de l’auteur. J’ai adoré!

     

    Bon là je me tais! Mille excuses…

     

    • yueyin dit :

      mais ça me fait plaisir de parler de lecture québécoise, d’ailleurs je pense que je vais aller faire des fouilles dans mes piles pour ressortir « bonbons assortis » 🙂

  23. Suzanne dit :

    Euh gentille Yueyin, il nM’a pas trois volume à la série de la Diaspora des Desrosiers mais …cinq: La Traversée du Continent, tome 1, La Traversée de la ville tome 2 – La Traversée des sentiments tome 3 – Le Passage obligé  tome 4– La grande mêlée tome 5. 

    Bonnes futures lectures. 😉

     

    • yueyin dit :

      Houla j’ai encore plus de retard que je ne le pensais… Mais du coup j’ai encore plus de Tremblay en perspective, c’est réjouissant … Est ce que tu les a lu ? Le premier m’avait transportée justement …

  24. Suzanne dit :

    Hon mes excuses pour les fautes. Il se fait tard ici.

    Donc lire «il n’y a pas que trois volumes» au lieu de il nM et volume.

    Merci.  

  25. Lise pas de blogue dit :

    Hi hi hi!!! Merci Zuzanne! J’ai résisté furieusement à l’envie de mentionner les cinq titres; quelqu’un l’a fait à ma place, youpi! En tout cas ils sont tous excellents!

  26. Thom dit :

    C’est le seul Tremblay que j’ai lu et j’avais – moi aussi – beaucoup aimé… pourquoi je n’en ai jamais relu depuis ? Ben… j’en avais commencé un autre dans la foulée (un roman), qui m’avait prodigieusement gavé, mais vraiment, à tel point que je ne l’avais même pas fini. Je le sais, c’est mal…

    • yueyin dit :

      Je n’ai lu qu’un roman de Tremblay, la traversée du continent que je viens de terminer. Il est extra mais c’est son plus récent donc pas ceui qui t’a gavé 😉 comme quoi je dois me méfier des déceptions :-))

  27. fashion dit :

    Il me fait de l’oeil depuis longtemps celui-ci : re-noté, pfff… :))

  28. Ys dit :

    Jamais entendu parler mais tu donnes envie de le lire ; j’ai La nuit des princes charmants dans ma PAL, il faudrait que je m’y mette…

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