Griffintown

griffintownLe jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance, les mois de neige et de dormance. Quelque part dans l’ouest de Montréal – du vieux Montréal – coincé entre le canal Lachine et la rue Notre-Dame à l’ombre de la grande croix du mont royal, survit un lieu hors du temps, hors les murs où chaque printemps les cochers du vieux se rassemblent – les survivants -, récupèrent les chevaux – ceux qui restent, huilent les cuirs, rapetassent les calèches, grommèlent contre les pieds tendres qui essaient encore et toujours de s’incruster et partent enfin, promener le touriste au doux pas des percherons, belges et autres chevaux de labour. Griffintown, c’est leur domaine, leur far west, pour l’instant du moins, car autour, ailleurs, les chapeaux noirs rodent…
Griffintown réussit le pari d’être un vrai western, rude et crasseux, tout en étant parfaitement urbain et montréalais, d’être aussi contemporain qu’hors du temps – on se demande longtemps quand on est, au début du XXe siècle ou cent ans plus tard, d’être à la fois cru et poétique. L’écriture évocatrice et sensible de Marie Hélène Poitras nous entraine dans une histoire d’hommes et de chevaux – de quelques femmes d’exception aussi, dans l’histoire d’un quartier – cet ancien quartier industriel et irlandais de Montréal – depuis longtemps disparu ou peut être pas complètement, dans une histoire de temps qui passe. Une très belle promenade, un peu rude, un peu cruelle, un brin nostalgique, un rien tragique. Western !
Griffintown – Marie-Hélène Poitras – Phébus – 2012
PS : Mon billet comme presque tous ceux que j’ai lus sur ce merveilleux roman commencent par son incipit – une telle annonce, ça donne envie…
les avis de Iroise, Anne et Karine
quebec14bis

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6 réponses à Griffintown

  1. Anne dit :

    Le détail des chevaux « belges » à Griffintown m’a fait sourire, je ne m’en souvenais plus ! C’est un très beau roman, un de me coups de coeur du mois !

  2. yueyin dit :

    oui quelle écriture vraiment belle et prenante 🙂 les belges sont une race de chevaux de trait – très beau je trouve , on les appelle aussi des brabants 🙂 ( j’aime bien les chevaux puissants comme les percherons ou les frisons)

  3. Je l’avoue, le côté western me rebute.

    • yueyin dit :

      Ah il vaut mieux aimer quand même car l’écriture joue beaucoup de l’ambiguïté des termes et des situations – ouest de montréal, far west – homme de cheval, cow boy – nouveaux venus – pied tendre etc…

  4. Jerome dit :

    Un vrai western, rude et crasseux, tu sais trouver les mots pour me charmer 😉

  5. yueyin dit :

    Enfin !!! Le western te sied plus que le polar 🙂

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