Prisonnier d’un bureau, je connais le plaisir

Prisonnier d’un bureau, je connais le plaisir
De goûter, tous les soirs, un moment de loisir.
Je rentre lentement chez moi, je me délasse
Aux cris des écoliers qui sortent de la classe ;
Je traverse un jardin, où j’écoute, en marchant,
Les adieux que les nids font au soleil couchant,
Bruit pareil à celui d’une immense friture.
Content comme un enfant qu’on promène en voiture,
Je regarde, j’admire, et sens avec bonheur
Que j’ai toujours la foi naïve du flâneur.

François Coppée – Promenades et intérieurs

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Tobie Lolness

Tobie-Lolness.jpg Tobie a douze ans et sa vie vient de basculer. Après l’arrestation de ses parents, il est seul, pourchassé, trahi par ses amis, contraint de se cacher de tous. Au cours de sa traque, il revit  les évènements qui ont conduit au drame. Tobie n’est pas tout à fait un garçon comme les autres, du moins pour nous, il mesure 1,5 millimètre et appartient au peuple de l’Arbre.

Fils du savant le plus éminent de son temps, il a connu tout jeune l’exil dans les basses branches. Dans ce lieu inhospitalier mais fascinant il a grandi en liberté, se liant avec les rares habitants du lieu, tous des marginaux au regard des critères en vigeur dans les cîmes. Un jour cependant le passé a rattrappé son père. Des hommes devenus puissants ne lui pardonnent pas d’avoir émis l’hypothèse dérangante d’un monde en dehors de l’Arbre, pas plus qu’ils n’acceptent son refus de livrer le secret d’une invention incroyable mais qu’il juge trop dangereuse.

Tobie est plus résistant, plus chanceux et plus retors que ses poursuivants ne peuvent l’imaginer… Il va survivre, s’échapper et peut être retouver ceux qui lui sont chers : son amie Elisha et même, il l’espère, ses parents…

Un très beau roman, captivant, bien construit qui exploite avec bonheur le cadre original du monde de l’Arbre avec ses beautés et ses dangers. Les aventures de Tobie toutes ébourrifantes qu’elles soient posent avec beaucoup d’acuité des questions très actuelles sur la conservation de notre monde, la tolérance, l’acceptation de la différence, l’exploitation de l’ignorance et les abus divers de la connaissance. La suite intitulée Les yeux d’Elisha vient de paraitre, autant dire que j’attends de la lire avec impatience.

Un excellent roman à dévorer à partir de 10 ans environ.

Tobie Lolness – Thimothé de Fombelle – Gallimard jeunesse – 2007

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Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine – Romances sans parole – 1873

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PAL de voyage

Fini Toulouse, demain je serai là !!!

entree-du-golfe-du-morbihan.jpg

La mer, les embruns, le sable, les rochers et peut être même un rayon de soleil breton… mais je ne pars pas les mains vides, une mini pal me suit comme vous pouvez le voir juste en dessous et en images.

J’ai prévu de publier quand même quelques articles en mon absence et si je ne peux pas forcément répondre à vos commentaires tout de suite, ils me feront grand plaisir à mon retour…

A très bientôt pour de nouvelles lectures…

 
 
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Quelle créature mythique se cache en vous ?


En balade chez Lamousmée, je suis tombé sur ce quizz trop tentant ! et la surprise c’est que j’ai obtenu le même résultat que la dite mousmée ! Je suis une sirène (très) bien cachée. J’ai d’abord douté : tout le monde est sirène ou quoi ? Et bien non, d’autres blogueurs ont eu des résultats différents. Vous saviez déjà que quelques dieux mythologiques s’exprimaient dans notre blogobulle et bien parmi nous se cachent également des dragons, des elfes, des fées et même des cerbères… je ne sais pas trop quels autres résultats sont possibles… à vous de voir ! Comme  Lhisbei,Maijo, Cathulu, Kattel  et d’autres sans doute…

sir--ne.jpeg You are a siren.
A siren is an enchanting seductress that usually inhabits a remote isle in the sea. The siren’s voice is beautiful and alluring. The siren’s voice is irresitible to all those who hear it. Upon hearing her fatal melody the listener will either plunge to their deaths in the icy ocean waters or they will perhaps finally reach the siren. Once the siren has hold of them they have no chance. The siren represents sensuality and passion.

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Ô Verlaine

verlaine.jpg 1895, Paul Verlaine a un peu plus de cinquante ans mais sa vie l’a usé. Usé son corps qui part en morceaux, usée son âme qui semble avoir renoncé à tout, usée sa vitalité qui ne ressucite que dans ses accès de folie sexuelle, sanglante ou poétique. Autour de lui cependant, par la magie de son verbe, il rassemble des admirateurs qui deviennent ses amis. Sans doute faut-il ce mélange détonnant d’admiration sans borne et d’affection sincère pour supporter cet alcoolique violent, ingrat, désespérément débauché, imprévisible, autodestructeur, mais soudain  humain, tolérant, sensible, affectueux, sincère à sa façon…

Jean Teulé choisit de nous raconter les derniers mois de Verlaine à travers le récit de ses plus proches amis et d’un jeune paysan qui a tout quitté pour monter à Paris et y rencontrer l’auteur des poèmes qui le fascinent. L’amour extravagant que voue le jeune Cornuty au pauvre lelian sert de fil conducteur mais aussi d’apothéose sanglante à la déchéance inéluctable du poète dans l’atmosphère deliquescente de ce Paris littéraire de la fin du XIXe.“Je, François Villon”, raconté à la première personne, tenait de l’épopée. La poésie y semblait aussi naturelle que l’eau du ciel ou le souffle du vent. Verlaine, vu à travers les yeux de ses proches, est d’une poésie plus urbaine, plus travaillée, plus intime aussi… Dans un style magnifique et fluide, l’auteur nous restitue l’inspiration “alimentaire”, ordurière aussi bien qu’érudite, d’un Verlaine débarassé des oripaux aseptisés de la renommée ! Un hymne à la poésie, un rien dérangeant, magnifiquement écrit, profondément humain… du grand Teulé !Ô Verlaine – Jean Teulé – Julliard – 2004

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7 choses vraies de vraies

A la demande générale de Chiffonette, je me vois dans l’obligation de faire sept révélations. Des révélations… Je veux bien, mais quoi ? Après avoir tourné en rond pendant trois jours j’ai décidé de vous le faire thématique ce quizz, sous le sous-titre : les animaux et moi !

macaque4.jpg 1) Pendant mes études, j’ai passé des heures à observer des macaques japonais (macaca fuscata). Je les connaissais tous par leurs petits noms (A5, B7…) et ils faisaient quasiment partie de ma famille. Dans ma section, nous parlions tous courament le macaque et je suppose que nos interactions pouvaient parfois surprendre l’observateur non averti. (si l’un de mes ex-camarade de jeux passe par ici, je lui adresse un petit tremblement de lèvre de bienvenue !)

macaque51.jpg 2) Mon mémoire de recherche portait, quant à lui, sur des macaques de Java (macaca fascicularis). Mes sujets malheureusement appartenaient à un élevage. J’ai pu vérifier que les personnes qui s’occupent de ce genre d’endroit ne parlent aucunement le macaque.

3) Plus anciennement j’ai vu de mes yeux vu un lion (panthera leo) uriner sur mon frère ! J’ai appris plusieurs choses à cette occasion :
– Qu’il ne faut pas déranger un couple de lions d’humeur romantique
– Qu’un lion mâle peut pisser à l’horizontale et à (relativement) longue portée
– Que sa vessie contient suffisament pour tremper un homo sapiens sapiens de la tête aux pieds
– Que l’urine d’un lion sent BEAUCOUP plus mauvais que celle d’un chat, même mâle !

4) Ce même jour mémorable, j’ai vu un âne (asinus asinus) à cinq pattes ! Depuis l’anecdote fait hurler de rire tout le monde lors des repas de famille ! N’empêche je ne pouvais pas savoir et puis le lion ne m’a pas visée c’est toujours ça !

raton2.jpg 5)  Une nuit à Montréal, alors que je lisais tranquillement sur la terrasse, j’ai entendu un bizarre clapotis. Me penchant par dessus la rambarde, j’ai vu dans un grand baquet d’eau de pluie, dix (10) grands yeux jaunes qui me regardaient. Une mère raton laveur (procyon lotor) et ses quatre jeunes procédaient à leurs ablutions du soir. Courageuse mais pas téméraire, je me suis précipitament repliée sur la maison avec mon chat sous le bras, pendant que mes invités grimpaient sur la terrasse et sur la table pour dévorer les reliefs de mon dernier repas. Je les ai souvent revus cet été là, c’est mignon ces bestioles mais il ne faut rien laisser trainer de comestible ! Cet épisode est resté dans les annales sous le titre : l’attaque des ratons laveurs !

pi--ge2.jpg 6) Ma fille ainée a commencé à chasser l’ours (ursus arctos) à six ans. Cet été là nous faisions du canoé camping sur la Diable dans le parc du Mont Tremblant au Québec. Le premier soir elle a monté, près du campement, une construction spectaculaire à base de trou, mousse, branche, herbe et eau. Elle nous a expliqué que si l’ours venait, il glisserait, tomberait dans le trou plein de boue et serait  tout sale ! Finalement l’ours n’est pas venu. Nous avons été un peu déçus et extrèmement soulagés, car nous ne savions pas vraiment comment il aurait réagi à cette atteinte à son intégrité physique. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons entonné avec constance quelques chants guerriers (on nous avait dit à l’entrée du parc que les ours s’éloignaient quand ils entendaient des voix humaines), cet été là c’était “j’ai la kekette qui colle” !

7) Ce quizz serait incomplet sans une anecdote concernant mon défunt tigre (panthera tigris), Azrael. Le pauvre avait eu la malchance de naître chat domestique (felis catus) alors qu’il se sentait fauve et prédateur jusqu’au bout des griffes. Parmi les multiples anecdotes dont il est le héro, j’aime bien celle où un jour de course Super Cat déroba une tranche de foie dans un des sacs ! La poursuite s’engagea et se termina avec moi qui tirait de chat d’un côté, mon amour qui tirait sur la tranche de viande de l’autre et Azrael qui, sans lacher prise, feulait à réveiller tout le quartier… Il a fini par céder et se retirer dignement, et là on s’est aperçu qu’il avait déjà planqué une autre tranche de foie sous notre lit ! Finalement le lendemain c’est lui qui a mangé ce foutu foie ! azrael.jpg
J’ai bien l’impression que tout le monde est déjà tagué mais comme le règlement l’impose, j’ajouterai sept noms à la liste déjà longue des victimes du quizz des sept révélations : Incoldblog, Madame l’ex-voisine, le seigneur lomemor, miss margoulet, la 108e blondinette, bigdimi and last but not least Mr Kiki roi du kikimundo !

  

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ADN en image

Choupy m’a fait découvrir l’adn en image ! En prélude à mes sept révélations (merci Chiffonette, je me creuse la tête soir et matin 🙂 !) Voici ma sélection du jour…

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Les noces sauvages

noces-sauvages.jpg A la mort de sa grand-mère, Snip reçoit un gros chèque et deux mots : “traque-le” ! Elle sait qu’il s’agit de son père, Bud, qui a quitté sa famille quand elle était enfant dans une atmosphère de drame jamais expliqué. Il vit depuis solitaire au fin fond du désert. Snip, elle, se garde de toute attache, toujours prête à tout quitter un matin pour aller voir la ville d’après ou la suivante. Peintre, elle nourrit son art de ses errances mais se ressource régulièrement dans la communauté aborigène où vit ce père qu’elle connait si mal… Le message de sa grand-mère sonne pour elle comme un appel, un retour aux sources, le signe d’une chose qu’elle remet depuis trop longtemps ! Le voyage la conduira par d’étranges détours vers ce qu’elle n’attendait pas.

Dans un style âpre et rugueux, Nikki Gemmell nous convie à un road movie mâtiné de tragédie familiale dans le décor grandiose et inhospitalier du désert australien. Un paysage à 1000 lieues d’un décor de carte postale où l’extrême pauvreté matérielle du peuple aborigène se mèle à la non moins grande misère des blancs qui cohabitent sur ces terres. Une misère d’une autre sorte peut-être dans ce monde rude et beau prêt à digérer ceux qui ont l’imprudence d’oublier un instant de s’en méfier.

L’émotion affleure à chaque page chez cette auteure dont il me tarde de découvrir d’autres titres. Une belle découverte !

Les noces sauvages – Nikki Gemmel – 2001 – Belfond

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PAL de l’été

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