Au coeur du Titanic

  Tout a commencé par un des bonus du DVD « L’âge de glace II » : « Il était une noix ». L’affreux petit écureuil monomaniaque toujours à la poursuite d’un gland se retrouve baladé à travers le temps par une machine infernale… Lors d’un de ses "sauts", il se retrouve sur un iceberg et un énorme bateau fonce sur lui. Le tout dure environ 10 secondes.
Question du petit dernier : Il est drôlement gros ce bateau ? Bien sûr mon cœur c’est le Titanic ! Comment tu le sais ? Facile c’est écrit dessus et puis avec ses quatres cheminées… Mais pourquoi tu le connais ?…Ah mon p’tit loup c’est tout une histoire… Ben raconte… Comment ? Pourquoi ? Je peux le dessiner ? Tu me trouves un modèle… Donc nous avons fait un tas de recherches sur internet, imprimé une douzaines de photo, collé les images avec commentaires dans un cahier. J’ai dû aller louer séance tenante Titanic-le-film au vidéoclub enfin la folie quoi… 
Une semaine plus tard, nous nous promenions en ville quand une petite voix m’interpelle d’en bas : je voudrais bien un modèle réduit du Titanic ? Ou un livre ? Bon les livres je sais où en trouver… Cap sur le rayon enfant de ma librairie favorite : Bonjour madame auriez-vous un livre sur le Titanic ? La dame éberluée – euhhh je ne crois pas mais peut être au rayon adulte. Oui, enfin mon fils a sept ans… Ah ! Dans un livre sur les bateaux peut-être… Finalement à nous deux, nous l’avons trouvé. LE livre pour enfant sur le Titanic… Notez il en existe peut être d’autre mais j’étais trop heureuse de trouver celui-là ! J’encourage facilement les obsessions naissantes – vous dirais-je le nombre de livres que j’ai déjà achetés sur l’egypte, les dinosaures, l’espace, l’inde, les pirates et Tolkien sait quoi ?
Comme une chance ne vient jamais seule, c’est un très joli livre ! Le fil conducteur retrace le voyage de deux familles en partie rescapées, une de troisième classe l’autre de première… Mais ce qui fait réellement l’intérêt du livre ce sont les illustrations où les photos d’époque se mêlent à des dessins en coupe très détaillées des différentes parties du paquebot façon maquette ou « bateau de poupée »… C’est très ludique et très bien fait… Ici les couchettes superposées de troisième classe, là le pont privé de la suite royale, ici les machines, là le gymnase et les cuisines avec quelques menus etc.
Évidemment l’histoire du naufrage est assez détaillée mais les enfants concernées sont sauvés, même ceux de troisième classe… Ouf !
Question : dit maman si on avait pris le Titanic, on aurait été dans quelle classe ? Oups !
Au coeur du Titanic –  Ken Marschall – Casterman – 1997

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Le silence…

Qui sait si le silence ne serait
source inépuisable de la corne
d’abondance que dans notre ignorance
nous appelons la vie
 
Qui sait si le silence ne serait
l’invisible tissu du Vivant reliant
les hommes aux étoiles
 
Qui sait si le silence ne serait
l’unique intimité sans fond de tout
ce qui naît et meurt
 
Qui sait si le silence ne serait
la racine et la floraison de toute
langue
 
Michel Camus – Proverbes du silence et de l’émerveillement – 1989
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La lionne blanche

Il y a quelque années j’avais commencé à lire Mankell, Le guerrier solitaire, Les meurtres de la saint jean, La cinquième femme et La muraille invisible m’avaient bien plû… J’aimais le côté chaotique des enquêtes de Kurt Wallander, jamais sûr de rien, toujours angoissé, lançant des vérifications dans tous les sens, explorant la moindre piste. Certes la récurrence des tueurs en série était un peu lassante mais j’étais accrochée et je guettais le suivant avec impatience… Et puis il y eu Les chiens de Riga et une longue parenthèse dans ma fréquentation de l’auteur. J’ai trouvé ce roman ennuyeux, dépassé et pour tout dire sans intérêt. C’était en fait un des premiers Mankell, écrit largement avant les romans déjà parus en France..

Aujourd’hui je renoue avec l’auteur et non ! Décidement je ne retrouve rien de ce qui me plaisait. Encore une fois c’est un ancien Mankell traduit sur le tard ! Chronologiquement si j’ai bien suivi il se situe entre Les chiens de Riga et L’homme qui souriait (tout juste traduit) – deux ans avant Le guerrier solitaire.

L’action se déroule à la foi à Ystad en Scanie, à Stockholm et dans plusieurs villes d’Afrique du sud. Nous suivons les pensées d’au moins cinq narrateurs et cela devrait constituer un superbe tableau croisé d’une situation complexe avec pour origine la transition Sud-Africaine après la libération de Mandela. Ouf ! Malheureusement j’y suis resté totalement insensible. J’ai trouvé le procédé laborieux, les personnages robotisés à la limite du stéréotype, le déroulement de l’enquête suédoise totalement invraisemblable et les considérations géopolitiques, euh… disons sommaires. Bref j’ai eu du mal à finir et pour un polar n’est-ce pas la pire chose qui soit ?

Bof…

La lionne blanche – Henning Mankell – 1993 – éditions du seuil – traduit par Anna Gibson 2004

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Le Chien des Baskerville

baskerville_1En 1901, Sherlock Holmes est mort depuis 10 ans. Malgré toutes les supplications, les protestations, les menaces et les insultes, son géniteur refuse obstinément de le sortir du gouffre de Reichenbach où il l’a précipité avec soulagement.

Pour faire plaisir à sa mère cependant, Arthur Conan Doyle décide de faire vivre une « dernière » enquête à son détective. Il entend cependant garder le contrôle de la créature et situe l’histoire chronologiquement avant “la dernière affaire”. Les dons de spirite d’Arthur ne lui ayant apparemment pas permis de prévoir la destiné de son fils prodigue. Au mois d’août 1901, par la grâce de Mary Doyle, le Strand magazine commence la publication du « chien des Baskerville » : le meilleur roman holmesien et une des ses aventures les plus abouties.

La première phrase accroche : « Monsieur Sherlock Holmes se levait habituellement fort tard, sauf quand il ne se couchait pas de la nuit, ce qui lui arrivait parfois. » Sherlock Holmes a toujours aimé ménager ses effets et soigner ses entrées !

L’histoire est connue, un certain docteur Mortimer vient lire au 221bis Baker Street une ancienne légende à base de chien démoniaque et de malédiction familiale. Le surnaturel n’ayant pas l’heur de plaire au détective, il enchaîne sur une mort tout à fait contemporaine et mystérieuse… et voilà Sherlock et John (Watson) engagés dans la sauvegarde de l’héritier d’une vieille et aristocratique famille et la capture d’un sinistre individu.

Ce qui frappe tout d’abord c’est l’atmosphère de ce roman. Le décor sinistre du manoir, la lande désolée, le brouillard anglais que Conan Doyle a toujours su utiliser avec brio, la présence du bagnard évadé rodant dans l’obscurité, sans parler du fameux chien que d’aucuns prétendent avoir vu, tout concourt à baigner l’histoire d’une atmosphère fantastique et angoissante presque gothique. En parallèle le détective est le héros le plus cartésien qui soit (une fois l’impossible éliminé Watson, l’improbable doit être la solution). Professant une foi indéfectible dans le rationalisme et la science, c’est par la raison qu’il vient à bout de ce mystère.

Ce mélange de pur positivisme et d’atmosphère fantastique et brumeuse fait encore aujourd’hui tout l’intérêt des aventures de Sherlock Holmes. Certaines de ses nouvelles en sont une parfaite expression, “le ruban moucheté”, “l’horreur de Deptford” ou “les cinq pépins d’orange” par exemple. De plus, contrairement aux trois autres romans du « canon », la narration est totalement maîtrisée. Les évènements s’enchaînent harmonieusement sans temps mort ni relâchement. L’intérêt ne fait que croître pour culminer dans un dénouement parfaitement amené. Un exercice de virtuose que Conan Doyle a toujours très bien exécuté dans ses nouvelles mais qu’il maîtrisait beaucoup moins dans ses romans affaiblis par de longues digressions plutôt ennuyeuses.

Le chien des Baskerville est le joyau de la série holmesienne, un classique entre les classiques ! A lire et à relire…

Le chien des Baskerville – (The hound of the Baskervilles) – Arthur Conan Doyle – 1901 – 154 pages

P.S. Pour mémoire le « canon » est le nom donné à l’ensemble des quatre romans et des 56 nouvelles qu’Arthur Conan Doyle a consacré à son (trop) célèbre détective. Les ajouts, y compris ceux d’Adrian Conan Doyle et John Dickson Carr pourtant quasiment parfaits dans la continuité du style, n’y sont pas admis !

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La damnation d’Edgar P. Jacobs

Je suis une enfant de Spirou ! Pas le héro, le journal ! quand j’étais haute comme trois pommes, j’allais tous les mardi acheter le spirou de mon père… J’adorais cette mission et j’adorais lire le magasine… Les seules autres bd que je connaissais à l’époque devaient être les Asterix. Ensuite j’ai lu pif, le journal de tintin, pilote (de vieux exemplaires dépareillés bien souvent) et plus tard les albums. Les bandes dessinés font partie de mon enfance au même titre que la bibliothèques rose ou Albator.

Des classiques que j’ai dévoré jusqu’à destruction intégrale (les astérix familliaux n’ont pas vraiment résisté à ma ferveur juvénile), j’en ai racheté beaucoup. Outre Astérix, j’ai accumulé pratiquement tous les Tintin, Lagaffe, Lucky Luke, Valérian, Yoko Tsuno etc. (Partager la vie d’un amateur de BD recèle certains avantages). Et parmis ceux que je relis le plus souvent,  il y a les aventures de Blake et Mortimer de Edgar P. Jacobs. J’ai lu un jour que le monde des fanas de bd se partageait entre tintinophiles et jacobsiens. Si c’est le cas je dois être jacobsienne ! D’où la biograpie du jour…

Edgar P. Jacobs a commencé à dessiner pour la BD pendant la guerre aux approches de la quarantaine. Il oeuvre  d’abord dans le journal "Bravo" puis sous la houlette d’Hergé qu’il assiste notamment sur le diptyque du "Mystère de la licorne" et plus encore sur celui des "7 boules de cristal" et du "Temple du soleil" ! Ces grands espaces, ces décors "pharaoniques" si détaillés… Oui ! Il y a un peu de Jacobs dans ces vignettes… En 1946, Hergé lance le journal de Tintin et la même année commence la parution du "Secret de l’espadon", la première aventure de Blake et Mortimer. Suivront "Le mystère de la grande pyramide", "La marque jaune" et "SOS métérores" pour ne citer que mes préférés. Edgar mourra en 1987 sans avoir achevé la huitième aventure de ses héros. Aujourd’hui chacune d’elle a valeur de classique et d’autres dessinateurs et scénaristes poursuivent les aventures des deux héros les plus britanniques de la bande dessinée belge : Benoit et Van Hamme d’abord puis Juillard et Sente créent des oeuvres d’excellente qualité dans la continuité du maître.

Cet essai retrace toute la vie de Jacobs son enfance, ses études d’arts, son métier de baryton à l’opéra de Lille et plus tard son amitié puis sa rivalité avec Hergé. Mais ce que j’ai vraiment apprécié ce sont les analyses détaillées de chacune de ses  oeuvres, leur génèse, leur histoire, leurs références cinéphiliques, littéraires, érudites et… lyriques. Un bon livre bien documenté au style peut être un peu alambiqué parfois mais passionnant !

La damnation d’Edgar P. Jacobs – Benoit Mouchart & François Rivière – Seuil Archimbaud – 2003

 

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Pastorale américaine

La première impression quand on commence Pastorale américaine c’est un foisonnement qui part dans tous les sens. Et puis on se rend compte qu’on est accroché, qu’il y a un chemin à parcourir où chaque étape a une raison d’être et une signification. Il parait que c’est normal pour un roman de Roth mais voilà, c’est mon premier, je découvre.

Ce livre se présente donc comme un enchevêtrement de récits à posteriori. Les protagonistes ont vécu et sont en quelques sortes restés à une époque qui est de l’histoire pour nous : l’Amérique des année quarante à la fin des années soixante – les trente glorieuses ! le tout formant quelque chose comme l’histoire d’une famille mais peut être pas une famille en particulier… Juste une famille, quelque chose de volontairement banal, le plus banalement américain possible. Ici est mise en scène la très grande aspiration à l’intégration, au mythique « melting pot » d’une Amérique sanglée dans les communautarismes.

C’est l’histoire d’un naufrage, celui de cette famille, de toutes les familles ou de l’idée qu’elles se font d’elles-mêmes. C’est l’histoire d’un fantasme vécu. Tous les désirs conscients, toutes les aspirations du personnage central ont été exaucés. Puis, il y eu un matin. Et petit à petit sa vie a perdu toute réalité. Il croyait avoir fondé la famille américaine idéale dans la maison américaine idéale. Être le patron idéal d’une usine idéale ! Et il se retrouve seul comme il l’a toujours été, simplement il le sait !

On le plaindrait presque cet homme qui s’accroche à ses souvenirs pour se dire que non, il n’a pas rêvé, que tout cela ne pouvait pas être faux, que tout était vraiment comme il le voyait, que ce sont les autres qui sont aveugles, qui ont oublié, qui se trompent enfin. Ils ne peuvent pas, ils n’ont pas le droit de nier la merveilleuse existence qu’ils ont partagé !

Les ruines en flamme du rêve américain voilà ce que nous offre Philip Roth ! Une gravure sur acier poli à l’acide sulfurique.

Et le pire de tout, c’est que par le jeux de la construction du récit, on sait depuis le début du roman qu’il a recommencé. En homme qui a perdu la foi mais s’agenouille pour prier qu’elle revienne ! Alors que tout était brisé, détruit, ruiné jusqu’à l’essence même, il a tout remonté, quasi à l’identique, une famille américaine modèle, banale jusqu’à l’écœurement… en apparence !

 

Pastorale américaine – Philip Roth – Gallimard – 1997 – traduit par Josée Kamoun

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Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées

Savez-vous que si les épinards sont réputés riches en fer, c’est à cause d’une faute de frappe ? Et que le père noël a commencé à s’habiller en rouge et blanc en 1931. Cette année là, Il fut l’image publicitaire d’une marque de soda (vous la citerai-je ?) dont ce sont encore aujourd’hui les couleurs.

D’où vient le nom des "pantalons" ? Pourquoi les tabacs en France ont-ils un losange rouge pour enseigne ? A quoi correspond la taille de vos chaussures ? De quand date le code de la route et le premier feu rouge ? Quel sport tire son nom de l’injonction française "tenez" ?

Ce livre réunit plus de 100 réponses à des questions amusantes, intrigantes ou juste inattendues. Chacune tient sur une page ; idéal pour les courtes pauses, l’histoire du soir ou la lecture à haute voix. De plus l’éditeur a pensé à mettre un index : un bon point qui fait de ce volume un joli livre de référence.

Bon j’étais au courant pour les épinards et le père noël mais j’ai appris d’où venaient les noms des notes de musiques. Au moyen âge, un moine italien Gui d’Arezzo imagina de faciliter la tâche de ses élèves en donnant aux notes des noms faciles à mémoriser. Il les choisit dans un hymne à Jean-Baptiste :

Ut quant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
Labii reatum
Sancte Iohannes

("Afin que tes serviteurs puissent chanter, avec des voies libérées, le caractère admirable de tes actions, ôte, saint Jean, le péché de leur lèvre souillée.") – Le Ut fut changé en Do au XVIIe siècle. Sancta simplicita !

J’apprécie ce livre pour plusieurs raisons : savoirs des tas de trucs inutiles par exemple mais la principale reste les enfants ! Une en particuliers, ma fille aînée, adepte du mot pourquoi depuis son premier mot ! Pourquoi la terre est ronde ? Pourquoi les roses sont parfois jaunes ? Pourquoi tu ne sais pas ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Face à de si délicieuses créatures, ce livre peut assurer un moment de tranquillité. Mais ne vous emballez pas. Après quelques heures, ils reviennent avec un lot de pourquoi tout neufs… Dis maman dans le livre ils disent que… mais en fait pourquoi….?

Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées – Philippe Nessman, illustrations Nathalie Roux – Editions Palette 2005

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Le train de 16h50

Un bon vieux Christie entre deux lectures, ou même au milieu d’une oeuvre un peu complexe, c’est une habitude chez moi… un genre de repos du lecteur.

Le train de 16h50, comme "une poignée de seigle" ou "la maison biscornue", fait partie des roman d’après-guerre de dame Agatha. Notre reine du crime, au faîte de sa gloire, met en scène de ces meurtres en vase clos dont elle a le secret. Mais au travers des mesaventures de la famille Crackenthorpe, c’est aussi l’Angleterre appauvrie, desenchantée et même un peu crasseuse des années cinquantes qui prend vie sous nos yeux.

Lors d’un voyage en chemin de fer, une vieille dame est témoin d’un crime dans un train parallèle. Personne ne la croit mais il se trouve que cette digne personne va justement passer quelques jours chez Miss Marple. Et miss Marple ne compte pas en rester là…

Un bon Christie solidemment charpenté, à l’intrigue bien agencée et aux personnages habilement dépeints. Du classique… 

Le train de 10h50 – Agatha Christie – 1957

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Carmen Mac Callum

Les trois premiers tomes de la série Carmen Mac Callum forment un tout rebaptisé a posteriori l’affaire Sonoda. Publié de 1995 à 1997, ces trois volumes mettent en scène les aventures d’une ex-activiste de l’Ira devenue mercenaire. Après avoir accepté une mission pour des Yakuzas, elle se voit embringuée, contre son gré, dans une affaire sombre et complexe avec pour enjeu une technologie révolutionnaire !

L’histoire se passe en 2047, dans un monde rongé par la technologie et ses abus, par la corruption, les mafias, les multinationales, les états plus ou moins dictatoriaux bref on est en plein scénario cyberpunk… j’adore. L’intrique est compliquée à souhait et plutôt bondissante, les personnages se démarquent rapidemment et on les suit ensuite avec plaisir. Le graphisme est explosif et efficace… certains combats, certaines batailles plutôt, sont même si explosifs que j’ai eu du mal à suivre mais c’est un détail par rapport à l’ensemble de la série. La colorisation est, elle-aussi, très réussie et sert l’histoire à merveille.

Une excellente BD d’aventure SF un brin violente et pas toujours optimiste mais c’est le genre qui veut ça…

Carmen Mac Callum – L’affaire Sonoda – 1 Jukurta – 2 Mare tranquillitatis – 3 Intrusions – Dessin Guess, scénarios Fred Duval, Colorisation Florence Breton – éditions Delcourt –  1995, 1996, 1997

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Du sang sur Vienne

Deuxième épisodes des carnets de Max Lieberman, du sang sur Vienne nous permet de retrouver les personnages de la justice de l’inconscient aux prises avec un tueur en série à l’obsession sanglante mais originale.

Une série de meurtres étranges met sur les dents la sureté viennoise. L’inspecteur Rheinhard fait bien entendu appel à son ami le jeune psychiatre Max Lieberman et à son ancienne patiente la méticuleuse scientifique anglaise miss Lyndgate.

Ce roman est l’occasion de découvir le monde de la médecine et de la psychiatrie naissante, mais aussi de celui des sciences  et notament des sciences appliquées à la criminologie (encore un clin d’oeil à Conan Doyle). C’est aussi une découverte de Vienne la secrète parcourue de multiples courants de pensées, recelant de nombreuses communautés plus ou moins fermées, de nombreux cercles plus ou moins secrets, plus ou moins clandestins. La montée du pangermanisme et de l’intolérance se dessine en filigrane nourrie des craintes liées aux innovations de toutes sortes, aux nouvelles formes de pensée et d’art assimilées à une dégénesrescence des valeurs traditionnelles.

Un excellent polar bien monté bien mené avec toujours cette structure entrecroisée qui tient bien en haleine et des personnages attachants et complexes. En toile de fond, la fin d’un monde annoncée, bien plus que les meurtres poétiques en leur genre,  fait parfois un peu froid dans le dos.

Du sang sur Vienne – Franck Tallis – 10/18 – 2006

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