Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et, dès lors, je me suis baigné dans le poème
De la mer infusé d’astres et lactescent,
Dévorant les azurs verts où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que vos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes,
Et les ressacs, et les courants ; je sais le soir,
L’aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !
J’ai vu le soleil bas taché d’horreurs mystiques
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques,
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteur,
La circulation des sèves inouïes
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
Le bateau ivre (extrait) – Arthur Rimbaud – 1871
Ce livre, c’est une promenade ! Le "Portrait du Gulf Stream" du même auteur m’avait déjà fait cet effet. C’est bien pourquoi je voulais lire celui-là et je ne suis pas déçue. Suivre Orsenna dans ses promenades autour du monde pour quelqu’un d’aussi badaud que moi c’est un pur plaisir.
Voilà un livre difficile à raconter… Je l’ai lu parce que je suis tombée sur le début dans un magasine. D’habitude je ne lis jamais les extraits, ça m’ennuie. Là j’étais dans l’avion, il fallait rentabiliser ! Bref j’ai lu les premières pages et j’ai accroché. A cause du style bien sûr mais aussi parce que rien de ce que je lisais ne ressemblait à la critique lue dans le même magasine : un mystère ! Et maintenant je vais faire la même chose, rien de ce que je pourrais écrire sur ce roman ne ressemblera à ce que vous y lirez… il y a des livres comme ça !
Les étoiles fascinent les hommes depuis toujours…rien d’original là-dedans, vous étiez un peu au courant. Cette passion a fait chez moi une nouvelle victime : le petit dernier. Il aime les étoiles, les telescopes, les constellations, les histoires de soleil, planètes, nébuleuses, supernovas et autres cataclysmes bref : un petit garçon comme les autres.
En ce tout début du XXe siècle, Vienne, capitale de l’empire Austro-hongrois, est un des fleurons de l’Europe. François-Joseph règne, les arts et les sciences sont à l’honneur, Freud a déjà publié plusieurs livres, Klimt fait scandale bref un âge d’or qui ne laisse pas encore présager le chaos à venir.
Merci à
4. J’adore me baigner mais j’ai tendance à paniquer dès que je perds pied – je sens le requin approcher silencieusement par en-dessous… même dans une rivière ! (attention aux films que vous montrez à vos enfants)
Vous avez une soirée à tuer tranquillement ? un coup de blues ? une grande fatigue ? je vous prescrit un petit Stéphanie Plum sous la couette et hop ça repart !
