Les Vikings

Une chose en entraine toujours une autre et réciproquement, c’est la première phrase d’un roman, mais lequel, bernique impossible de me souvenir. bref à l’origine, j’aime l’Histoire avec un grand et un petit h… ça m’a pris toute petite et je n’ai jamais guéri. Par voie de conséquence je me suis mise à lire des romans historiques, polar le plus souvent. et là il faut bien le dire, le choix est vaste : c’est un genre très à la mode ! 

Alors au détour d’un roman, on apprend des choses, du moins on en entend parler et éventuellement on vérifie (enfin moi je le fais souvent) : Ah bon il y a eu un royaume Viking en Irlande, ah bon les drakkars ne s’appelaient pas comme ça, ah bon les varègues sont étroitement mélés à la fondation de l’état russe… et une chose en entrainant une autre (disais-je) on se retrouve en train de lire "les vikings" de Regis Boyer. Et là, c’est pas du roman historique, polar ou autre…ce serait plutôt de l’ouvrage d’érudition en version longue.

Dire que c’est facile à lire, non, c’est touffu, détaillé, précis, documenté, passionnant, oui. la ligne est claire, l’argumentation convaincante, la pensée se suit très bien malgré les exemples et les citations. pourquoi malgré ? Ce doit être à cause du Norvégien et du vieux Norois que je maitrise peu…  Mais alors il se passe quelquechose de fascinant, je me laisse bercer par ces sonorités barbares et tout à coup je me retrouve dans le vestfold, entendant au loin de galop des rohirrims – Tolkien tout puissant (j’emprunte l’expression à qui de droit avec à peine une petite modif), pour qui a déjà trainé en terre du milieu il y a de la poésie dans cet austère traité… Incontournable sur le sujet mais pour amateur !

Les vikings – Régis Boyer – Perrin Tempus – 2002

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La bible du lecteur compulsif

Ce livre là, je suis tombée dessus par hasard, en passant dans les travées de ma librairie préférée, un petit livre de rien du tout mais au titre accrocheur : bouquiner ! On ne saurais mieux dire, j’ouvre… Après en avoir éclusé la moitié debout, bouchant le passage avec la totale inconscience de l’absente au bataillon pour cause de voyage dans l’astral, je suis passée à la caisse et je l’ai fini vite fait au resto d’à côté… Depuis j’ai dû l’acheter 10 fois, histoire d’en avoir toujours un sous la main à offrir mais seulement aux lecteurs …les autres risqueraient de se demander si on est tous vraiment fous, nous, les amateurs de livres…

Le décrire, hum pas si simple, disons que c’est un recueil, voilà un recueil de pensées, réflexions, anecdotes, manies, de lectrice boulimique patentée… je m’y retrouve  parfois, d’autre fois non, mais je comprends toujours… Ah le passage ou la bibliothèque d’enfonce dans le parquet sous le poids des livres !

Comme elle je peux lire n’importe où, dans mon bain par exemple (enfin je ne peux pas prendre de bain sans livre plutôt) et tant pis pour le reste, je peux visiter trois librairies d’affilé et me trouver de bonnes raisons pour acheter dans chacune d’elle, je peux traverser une rue le nez dans l’opus en cour sans même entendre les coups de frein (si jamais mes mômes font de même gare à eux) et  je me détruit l’épaule à trimballer assez de livres dans mon sac pour ne jamais être en manque – j’ai encore la mémoire la tête des autres  campeurs, un été ou après avoir monté la tente (minuscule)  j’ai ouvert mon sac à dos dehors, j’en ai sorti 2 tee shirt, un pull, un maillot de bain, trois bricoles et 15 livres… J’étais dans ma période Howard et l’héroic fantasy ça se lit vite !!! D’accord c’est un livre qui pousse à l’anecdote mais bon… seul le plaisir compte…

Allez je vous livre sa dédicace :
A tous les petits et grands lecteurs, modestes ou gros liseurs. A ceux qui préfèrent lire assis, couchés, debout ; dans leur lit, un fauteuil, une chaise longue, leur bain ; dans les transports en commun, aux cabinets, au restaurant. A ceux qui aiment (ou détestent) les jaquettes, les bandes, les mouchards, les codes barres. A ceux qui protègent ou malmènent leurs livres ; qui les couvrent ou les cornent ; les surveillent ou les surlignent. A ceux qui propagent le bon titre. A ceux qui ne partagent rien. A ceux qui prêtent et offrent. A ceux qui lisent trop ou trop peu. A ceux qui ne lisent pas. Ou que des romans policiers. Ou que de la philosophie. A ceux qui ne lisent que ce qui leur tombe sous les yeux. Et même à ceux qui détestent lire. De la part d’une amoureuse du livre, qui ne vaut pas mieux qu’eux, mais qui s’est beaucoup amusée à avouer ses vices, à décortiquer toutes ces mille et une manières de lire que partage tout lecteur, même épisodique.

Si vous êtes concernés…

Bouquiner – Annie François – seuil – 2000

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Le vent de la trahison

Les enquêtes de Magdeleine la bâtarde, tome 3. Juin 1139, la guerre couve entre partisans du roi Etienne et de l’Impératrice Mathilde, aspirants l’un à garder, l’autre à récupérer la couronne d’Angleterre. Le pays ne va pas tarder à sombrer dans la guerre civile et les complots fleurissent de toutes parts.

Le protecteur de Magdeleine, proche conseiller d’Etienne, la convoque à Oxford ou se tient le grand conseil du roi. Une tenancière de maison close, habile et discrète représente un atout non négligeable pour qui mène des négociations avec tous les partis, d’autant qu’une série de meurtres risque de compliquer singulièrement les choses  ….

J’ai eu tort de commencer par le troisième opus de la série. Les personnages ont intéressants, la descriptions de l’époque haute en couleur mais j’ai trouvé l’intrigue un peu confuse et lente à se mettre en place. D’un autre côté j’ai toujours envie de lire le premier tome… Je me suis attachée aux principaux protagonistes et j’aimerai bien les rencontrer dans leur propre environnement… Affaire à suivre.

Le vent de la trahison – Roberta Gellis – 10/18 Grands détectives

 

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Les fables de l’Humpur

Ah j’ai eu un coup de coeur pour ce roman limite dérangeant. dans un monde étrange qui ne cesse de nous rappeler quelque chose.

Les êtres sont en trains de changer, ils parlent de moins en moins, naissent avec moins de doigts. Les lois de l’humpur interdisent tout comportement déviants et deviennent de plus en plus coercitives. Véhir, le grogne, se rebelle et se sauve, un comportement inexplicable. Seuls les plus anciens se souviennent encore que cela s’est déjà produit. Dans sa quête des dieux humains de la légende, il va s’allier à des compagnons bien étranges pour un grogne : une hurle, un ronge, une siffle. Ce voyage, où  il représente une proie pour presque tous ceux qu’il rencontre y compris ses compagnons, va le ramener aux origines de son monde…

Dans ce récit c’est la notion même d’humanité qui est au coeur de l’histoire, d’où le côté dérangeant. Mais en même temps c’est un livre sur l’apparence et la résistance, sur la connaissance et son usage. Dans une forme étrange et séduisante : un langage savoureux qui s’inspire des contes populaires du moyen âge, représente l’héritage commun de ses clans mi-hommes-mi animaux qui sont censés vivre sans se connaître. Impressionnant.

Les fables de l’humpur – Pierre Bordage – J’ai lu Fantasy – 1999

Publié dans SFFF | 6 commentaires

Les meilleurs codes secrets

Encore un livre pour les "jeunes"… Je suis tombée dessus en faisant les courses (d’accord je m’étais un peu égarée au rayon livre mais ça arrive) et je  l’ai acheté à ma poussine cadette… Elle a adoré (elle est dans son trip espion) et franchement il est bien fait. Il regroupe bon nombre de codes de toutes sortes du sémaphore au braille en passant par le javanais, clairement expliqués et illustrés… Ma partie préférée, ce sont les codes écrits bien sûr et j’ai appris quelques trucs qui pourront servir… Genre carré de Polybe, chiffre de lord Wolseley ou code de Jules César – comme c’est un livre pour enfant, les explications sont à ma portée ouf !!!

Un bon petit bouquin pour les p’tits loups dès qu’ils commencent à bien lire…

4.5/5.4/5.1/4.5/4.2/3.3 (saurez-vous décrypter ?)

Les meilleurs codes secrets de tous les temps – E. Zéda & D Pic Lelièvre – Castermen

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Plasma

Depuis un moment déjà, j’ai du mal à trouver des livres de science fiction – tout genre confondu – à mon goût ! Alors soit j’entre dans une nouvelle ère soit je suis bien tombé mais récemment j’ai fait quelques bonnes pioches.

La terre n’est plus qu’une megalopole sans fin sous un couvercle impénétrable qui l’isole du reste de l’univers et permet tous les fantasmes. Ambiance cyberpunk, comme j’aime ! Dans ce monde pauvre et sans horizon, une seule substance peut tout : le plasma. Mais son utilisation reste l’apanage de quelques privilégiés (forcément). Ayah a toujours su que son ambition était sans objet et qu’elle n’avait aucune chance de sortir de la grisaille.  Jusqu’au jour où elle découvre une source de plasma non répertoriée et "oublie" de la signaler. La petite fonctionnaire Barzakie va devoir trouver suffisament d’astuce et de ruse en elle pour négocier sa trouvaille à son avantage…

Je me suis vraiment prise au jeu de ce roman, l’histoire, le monde, l’idée même du plasma intéressante et bien exploitée, tout m’a plû – l’écriture est solide un rien trop technique parfois mais ça fonctionne. Du coup j’ai courru acheter la suite…

Plasma – Walter Jon Williams – j’ai lu – 1995

Publié dans SFFF | 9 commentaires

Précisions sur la vie

La vie, ça tient de diverses choses
En un sens, ça ne se discute pas
Mais on peut toujours changer de sens
Parce que rien n’est intéressant comme une discussion

La vie, c’est beau et c’est grand.
Ça comporte des phases alternées
Avec une régularité qui tient du prodige
Puisqu’une phase en suit toujours une autre
La vie, c’est plein d’intérêt.
Ça va, ça vient… comme les zèbres.

Il peut se faire que l’on meure
– Même, ça peut très bien se faire
mais pourtant, ça n’y change rien :

La vie tient de diverses choses
Et par certains côtés, en outre,
Se rattache à d’autres phénomènes
Encore mal étudiés, mal connus,
Sur lesquels nous ne reviendrons pas.

Cantilènes en gelée – Boris Vian – 1948

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Le chardon et le tartan

Attention roman d’aventure !!! Tous les ingrédients sont là, rebondissements échevelés, folle histoire d’amour, contexte historique trépidant, personnages attachants, cadres ensorcelants, exotisme (gaélique en l’occurence), tout y est et … J’adore !

1945, Claire est de retour du front ou elle a servi comme infirmière dans l’armée anglaise. Elle et son mari s’offre un séjour en Ecosse pour se retrouver après la longue séparation du Conflit. Lors d’une promenade près d’un Crom’lech, ils sont témoins d’une étrange cérémonie (des sorcières !!!)… Attirée par l’endroit, Claire y retourne seule et est victime d’étranges hallucinations… jusqu’au moment où elle doit se rendre à l’évidence – elle ne rêve pas, elle est réellement en 1743…

Voilà pour les premices, évidemment l’adaptation de Claire au XVIIIe siècle sera mouvementée sinon totalement vraisemblable mais bon un peu de rêve ne nuit pas…

L’auteur nous promène dans l’écosse de l’époque comme si elle avait son propre accès indépendant à une machine à remonter le temps. Les mentalités et la vie quotidienne sont biens vues, les personnages ont de l’épaisseur : un excellent moment. Avertissement quand même, comme tout roman de ce genre bâti pour enchainer le lecteur au prochain rebondissement, évitez de le commencer le soir si vous bossez le lendemain…

Au départ ce devait être un roman unique : une bonne histoire bien ficelée. Devant le succès (il y a un fan club), il est maintenant rebaptisé : "Le cercle de pierre" tome 1. Et oui il parait qu’il y a maintenant neuf tomes ;  j’en suis au cinquième et je m’amuse toujours autant… Alors si vous êtes du genre à avoir lu tous les volumes de Fortune de france ou des Enfants de la terre (comme moi) cette saga est votre prochaine insomnie….

Le chardon et le tartan – Diana Gabaldon – Presse de la cité – 1995

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L’affaire du pourpoint

 La suite des aventures de Dame Ursula Blanchard, au service d’Elizabeth 1ere. Ce second tome est plutôt meilleur que le premier à mon sens . Mieux charpentée, l’intrique est plus prenante, sans temps mort. La reconstitution historique est toujours intéressante et les personnages commencent à prendre de l’épaisseur. Un bon cru pour une série qui tient bien ses promesses.

Ayant continué à cultiver des dons d’espionne peu usuels chez une dame de sa condition, (la leçon de crochetage de serrure est excellente) dame blanchard se voit confier la surveillance d’une famille catholique soupçonné de complot. Peu convaincue au départ, et par sa mission et par les fonctions qui lui sont peu à peu imposées, elle se retrouve au centre d’une complexe intrigue où tapisseries italiennes, boites à musique et inventions abracadabantesques doivent trouver leur place. Sympathique.

L’affaire du pourpoint – Fiona Buckley – 10/18

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Journal d’une sorcière

J’ai vu ma nièce hier (celle qui est en sixième)… Comme d’habitude on a un peu parlé lecture et elle m’a apporté le livre qu’elle est en train de lire. Donc j’y jette un oeil, commence à le parcourir, curieuse puis intéressée et puis bon, je l’ai fini cette nuit alors je vais vous en dire un mot.

Mary a vu sa grand-mère exécutée pour sorcellerie. Avant que les furieux de son village ne lui fasse subir le même sort, de bonnes âmes arrangent son passage vers les amériques en compagnie d’un groupe de puritains. Ceux-ci en cette année 1659 fuient en masse l’Angleterre. Cromwell est mort depuis peu et une restauration des Stuart semble inévitable. Marie a 14 ans, personne au monde vers qui se tourner et elle est en route vers Salem dans un "nouveau monde" de liberté. Malheureusement les peurs des hommes voyagent avec eux et plus l’horizon s’assombrit plus elles se font puissantes.

Ce récit du voyage puis de l’installation en Nouvelle Angleterre d’une jeune fille et d’un groupe de puritains est très bien mené. Par petite touche la personnalité de la jeune fille se dessine et s’impose sur le carcan de plus en plus inquiètant que fait peser le maitre spirituel de la communauté.  En filigrane on retrouve bien le monde de la sorcellerie, pas tant celle imaginée par ses pourfendeurs mais une magie plus ancienne, proche de la nature, celle des guérisseuses – la magie de "celles qui voient dans l’eau".

Un beau livre à mettre entre toute les mains à partir de 10 ans sans limite supérieur.

Journal d’une sorcière – Celia Rees – Seuil – 2000

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