Confidences

Je dis que l’avenir se souviendra de nous.

 

Je désire et je brûle.

 

A nouveau, l’Amour, le briseur de membres,

Me tourmente, doux et amer.

Il est insaisissable, il rampe.

 

A nouveau l’amour a mon cœur battu,

Pareil au vent qui, des hauteurs,

Sur les chênes s’est abattu.

 

Tu es venue, tu as bien fait:

J’avais envie de toi.

Dans mon cœur tu as allumé

Un feu qui flamboie.

 

Je ne sais ce que je dois faire,

Et je sens deux âmes en moi.

 

Je ne sais quel désir me garde possédée

De mourir, et de voir les rives

Des lotus, dessous la rosée.

 

Et moi, tu m’as oubliée

 

Sapphô – VIIe siècle av. JC

Ce contenu a été publié dans poèmes. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

10 réponses à Confidences

  1. Le Papou dit :

    On dirait presque, je dis  »presque » un chant indien !

  2. lou dit :

     

    Nous rentrons à l’instant de Rome et nous avons encore le bourdon : – )

     
    Essayons, malgré tout, d’y voir clair.
    [ça s’annonce mal]

     

    καὶ ποθήω καὶ μάομαι
    je désire et je brûle
     
    Rien à dire sur la traduction très « Louise Labé ».
     
    L’ennui, dans la publication des oeuvres de Sapphô, c’est que nous ne disposons que de fragments. Ainsi de ce vers isolé que nous avons cité. Les « textes », c’est-à-dire les transcriptions, sont, le plus souvent, des assemblages de courts passages en « fragmentation » où l’on a rempli les « blancs » en vue d’une reconstitution.
     
    Il reste que c’est très beau.
     
    Je vais laisser se fondre mes acouphènes avant d’aller au chocolat : – )
     
    [et on ne me demande pas plus de trois mots en grec : si vous croyez que c’est facile avec un clavier grec en ligne !]

     

    • yueyin dit :

      Comme je te comprends…

      J’adore quand tu me ârles en grec Lou, en cherchant un peu j’ai vu que l’oeuvre de Sapphô n’était connue que par fragments et que les poèmes avaient été en quelques sortes reconstitués, mais cette version est très belle, très Louise Labbé effectivement 🙂

  3. Xavier dit :

    ouch, celui ci est magnifique…

    j’adore cette aparente simplicité, qui est à mon sens le plus difficile à obtenir en poésie, et la marque des grands…

  4. Xavier dit :

    j’ai été intrigué par le « tu es venue« , puis je me suis souvenu de l’adjectif saphique…

    ca n’enlève évidemment rien à la beauté du texte…

  5. Irrégulière dit :

    Très bien dit ! ça correspond tout à fait à mon humeur actuelle…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *