Encore frissonnant

Quittons un temps notre bien aimé moyen-âge et, à la demande générale de Bluegrey, découvrons un nouveau poète (enfin nouveau pour moi évidemment… inculte que je suis) le connaissez-vous ? Vous plaira-t-il ? 

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Tous les matins je dois

Recomposer un homme

Avec tout ce mélange

De mes jours précédents

Et le peu qui me reste

De mes jours à venir.

Me voici tout entier,

Je vais vers la fenêtre.

Lumière de ce jour,

Je viens du fond des temps,

Respecte avec douceur

Mes minutes obscures,

Épargne encore un peu

Ce que j’ai de nocturne,

D’étoilé en dedans

Et de prêt à mourir

Sous le soleil montant

Qui ne sait que grandir.

 

Jules Supervielle – La fable du monde – 1938

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16 réponses à Encore frissonnant

  1. Lystig dit :

    je ne connaissais pas cette poésie !

  2. Le Papou dit :

    Lui, je le comprends et je suis content, je ne suis pas complètement Béotien

     

    Le Papou

  3. Turquoise dit :

    Ben…Moi aussi je ne connaissais Supervielle que de nom. Mais ce poème donne vraiment envie de le découvrir davantage !

  4. gambadou dit :

    Je connais Supervielle mais pas ce superbe poème. Merci pour cette découverte

  5. BlueGrey dit :

    Aaaah ! Mon cher Jules ! Yue, quel plaisir tu me fais !!! 🙂

    (et, petit conseil en douce, l’un de mes poèmes favoris de lui est « L’Allée »… )

  6. BlueGrey dit :

    Bhâ oui ! Il FAUT lire Jules, parce que Jules, c’est un grand !

  7. Hathaway dit :

    Je connais Supervielle mais je découvre ce poème, il me plait beaucoup !

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