In my father’s den/Le temps de l’innocence

Le thème du club était le 15 novembre dernier, « Le retour aux sources. » Au départ l’idée était de retourner aux sources des mythes anciens ou modernes mais cela pouvait s’entendre autrement. J’ai donc plutôt choisit de retourner aux sources de films que j’ai beaucoup aimé et dont j’ai déjà parlé dans ce blog (chose assez rare en soi !) –  Pourquoi deux Films  ? Sans raison sinon que j’ai toujours du mal à me limiter. (Par contre je vous présente d’avance mes excuses pour la longueur de ce billet.)
In my father’s den, film neo-zelandais de Brad MacGann réalisé en 2004 d’après un roman également néo-zelandais de Maurice Gee paru en 1972
Le temps de l’innocence,  Scorsese sublime et atypique de 1993 adapté de roman éponyme d’Edith Wharton, prix pulitzer 1920

On pourrait croire au premier abord qu’il n’y a guère de rapport entre les deux mais en fait si. Au-delà du fait que ce sont deux excellents films tirés de deux excellents romans, ce sont aussi des histoires de personnages broyés par un carcan social dont ils sont parfaitement conscients mais sans trouver le moyen de s’en libérer. Même si la forme et le contexte pourraient difficilement être plus différents, il y a, à mon sens, un net rapport sur le fond.

Le premier correspondait tout à fait au thème… d’un certain point de vue. Après avoir acheté le dvd à l’aveuglette, j’ai eu la bonne surprise de découvrir un film magnifique, d’ailleurs plusieurs fois récompensé notamment par le grand prix du festival du film britanique de Dinard mais jamais distribué en france (pourquoi ? mystère !). En bonne LCA, je n’ai eu de cesse de lire le roman d’origine seulement Maurice Gee est un auteur prolifique, très célèbre en Nouvelle Zelande mais totalement inconnu chez nous et de surcroit jamais traduit, du moins à ma connaissance. De plus le roman date de 1972, autant vous dire que le trouver n’a pas été chose facile. Heureusement Choupynette, elle aussi accro au film, était de la partie et c’est grâce à elle que nous avons pu nous faire ramener le roman de Nouvelle Zélande. Rien que ça ! (J’aurais volontiers fait le voyage moi-même notez-bien, malheureusement cela n’a pas pu se faire, la vie est mal faite…) Bref après toutes ces aventures, le roman en question a encore une fois été une bonne surprise.

Dans une de ces petites villes où il ne se passe jamais rien (chères à certains auteurs et à Thom),  deux frères sont élevés dans une sorte d’intégrisme religieux par une mère plus que rigide. En grandissant, il réagissent de façon opposée, l’un s’ancrant dans les croyances maternelles, l’autre fuyant à l’autre bout du monde. A son retour de nombreuse années plus tard, le voyageur pense pouvoir vivre tranquille mais sa longue absence a brouillé son image et modifié sa perception des autres. Par sa conduite ouvertement peu soucieuse des conventions, il choque et se rend suspect lorsqu’un drame survient, d’autant que les fantômes de son enfance rôdent toujours…
A la fois polar, étude de moeurs et dénonciation de l’hypocrisie meutrière des « gens comme il faut », ce roman par ses thèmes s’inscrit bien dans son époque, les année soixante-dix, mais l’intrigue elle-même ne dépend d’aucun repère temporel, ce qui la rend d’autant plus facile d’accès pour ceux qui ne connaissent pas grand chose de la Nouvelle-Zélande. Les personnages sont complexes, l’intrigue retorse et bien menée, le cadre fascinant. Je l’ai lu en anglais (forcément) mais je l’ai trouvé très agréable à lire avec une belle force d’évocation.

Pour le temps de l’innocence, ce fut beaucoup moins difficile. Fascinée par le superbe film de Scorsese, je n’ai eu qu’à l’emprunter à la bibliothèque. C’était mon premier Wharton et ce ne sera pas le dernier. J’ai beaucoup aimé le style incisif et l’ironie noire de l’auteur même si la tristesse infinie de l’histoire a un peu gommé l’humour de la plume dans mon esprit.
Dans les année 1870, un New-Yorkais de la bonne société sur le point de se marier avec une pure jeune fille, s’éprend à l’encontre de toute convenance d’une jeune veuve plutôt libre de manières. Tout en analysant avec justesse l’étroitesse d’esprit et le ridicule du  » bon ton » de rigueur dans son milieu, Newland Archer éprouve de grandes difficultés à s’en libérer… D’une finesse et d’une délicatesse de style impressionantes, ce roman est une pure merveille et ses personnages continuent de vous hanter longtemps après que les pages se soient refermées.

Choses intéressantes, les deux adaptations cinématographiques sont diamétralement opposées dans leur principe même. Martin Scorsese a respecté le livre je pourrais presque dire à la virgule prêt. En lisant le roman, je voyais le film se dérouler sous mes yeux, rien de plus, rien de moins. La plus grande liberté qu’à pris le réalisateur est dans le casting, faisant de la fiancée blonde, une brune et de l’amoureuse brune, une blonde (suis-je claire).  A la limite s’en est presque frustrant, habituée que je suis à attendre plus d’un livre que du film qui en a été tiré.
Brad McGan
n au contraire a quasiment tout changé de l’histoire, la situant de nos jours, modifiant les mobiles, les liens personnels et même le meurtrier, ce qui n’est pas rien dans un polar. Et pourtant son film est extrèmement fidèle à l’esprit du livre, à son sens profond et à ses personnages. Un tour de force assez impressionant dont je ne suis pas tout à fait remise je dois bien le dire.

Ces différences ont d’ailleurs entrainé au sein du club un vaste et chaud débat sur les adaptations cinématographiques et leurs aléas où ont été cités pèle-mêle, Beignets de tomates vertes, Out of Africa, Brokeback moutain, La route de Madison, Le seigneur des anneaux (je me demande qui a bien pu mettre celui-là sur le tapis),  Les liaisons dangereuses, Valmont, Le voile des illusions et plein d’autres qui ne me reviennent pas là tout de suite. Par contre je sais que nous avons fini par tomber d’accord sur la nécessité d’une nouvelle adaptation d’Autant en emporte le vent et que nous avons commencé à discuter du casting. Rhett va être difficile à trouver je vous le dit, georges fut jugé trop vieux, johnny trop petit, daniel trop animal (et oui il a été proposé), je ne vous dirai pas qui j’ai proposé (de peur de passer pour monomaniaque) mais j’aimerai bien savoir qu’elles sont vos propositions pour Rhett et Scarlett ?

In my father’s den
– Maurice Gee – Faber 1972
In my father’s den – 2004 – Brad McGann (nouvelle-zélande) avec Matthew McFadyen, Miranda Otto, Emily Barclay… (vous trouverez des images
sur mon précédent billet)
Le site officiel du film

Le temps de l’innocence
– Edith Wharton – 1920
Le temps de l’innocence – 1993 – Martin Scorcese (USA) avec Daniel Day-Lewis, Michele Pfeifer, Winona Reider… (idem une bande annonce sur mon billet)

 

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44 réponses à In my father’s den/Le temps de l’innocence

  1. chiffonnette dit :

    Et ben, la discussion a du être haute en couleur! Daniel est trop blond pour faire Rhett, même si j’aime beaucoup Daniel que les choses soient claires! Viggo? Avec une moustache il est pas mal non?

    ps: le premier qui dit du mal de LOTR, je le tape!

  2. Mo dit :

    question bête: ça veut dire quoi, « den »?
    Et sinon, réadapter Autant en emporte le vent? Non mais ça va pas bien? C’est le soleil et le tariquet qui vous tourneboulent là-bas dans le Sud?????
    Je boycotte.

    Et Daniel en Rhett!!! pffff!!!!

  3. erzébeth dit :

    Dis donc, elles manquent sacrément d’humour, ces Parisiennes ! 😉
    On va faire le remake rien qu’entre nous, hein…
    Puis il faudra aussi trouver un traducteur au chômage, parce que j’aimerais vraiment lire « In my father’s den », mais j’aimerais y comprendre quelque chose, donc le français est légèrement indispensable… :-))

    • yueyin dit :

      Tu veux essayer le film, il est bien :-)))

      Oui tu as raison, je crois qu’on est bonne pour se faire notre casting toutes seules :-))) (j’y réfléchis très sérieusement je t’assure ;-))

  4. Gaël dit :

    Comme je le disais à BlueGrey, je voulais vraiment participer à ce thème de loin. J’ai presque fini mon livre, et j’écris le billet dès que je peux (au milieu de mon déménagement). Ca compte?

    Sinon, pour un nouveau Autant en emporte le vent, je propose… Clive Owen et Katy Perry!

    • yueyin dit :

      Ben oui ça compte, tu es pardonné en ce qui me concerne :-))

      Clive owen a été lui-aussi éliuminé pour cause de trop grande animalité pas assez de classe, moi je dis que ça se discute mais bon… KAty Perry, je ne sais pas il faiut que je regarde qui c’est… 😉

  5. Naïk dit :

    Je suis très attirée également par le retour au livre, depuis quelque temps, des retours ponctuels, au départ, mais que je vais maintenant faire plus régulièrement. Je me souviens du film de Scorsese, et je note ces deux titres dont les thèmes m’intéressent toujours !
    Quant à trouver de nouveaux interprètes pour Scarlett et Rhett… ça demande réflexion !

  6. Aifelle dit :

    Pour le premier livre aucune chance pour moi, ni le DVD, je n’ai pas appris l’anglais. Le temps de l’innocence, je l’ai lu d’abord (c’était ma période Edith Wharton), j’ai trouvé le film très réussi. Rhett et Scarlett à refaire ? Est-ce bien raisonnable ?

  7. Joelle dit :

    Et voilà, un passage sur ton blog et j’en ressors avec un titre de livre ET de film … pfff, ce n’est pas rentable ! mdr ! Par contre, j’ai vu Le temps de l’innocence il y a longtemps et je dois dire que je ne me rappelle pas du moindre détail (ni de l’histoire d’ailleurs ! mdr !) mais je sais que j’avais aimé (disons que quand j’y pense, je n’ai pas de pensées négatives qui me viennent à l’esprit … mdr !). Quant au remake de GWTW, aucune idée … je suis plutôt contente du premier 🙂

    • yueyin dit :

      Ce remake est décidément source de controverses :-))) note que nous n’avaons pas encore trouvé de réalisateur (peter jackson non ?) bref… le premier était très bien… pour l’époque !

  8. anjelica dit :

    Comme toi et CHoupynette j’ai adoré ‘le temps de l’innocence’, je pense donc que je lirais le livre un de ces jours ! 
    Bises
     

  9. Karine:) dit :

    Un remake de GWTW???  Sans Clark Gable???  Iiiimpossible pour moi!!!  Mais bon, si vraiment un jour je suis FORCÉE de voir ça, je me sacrifierai peut-être!  Mais c’est mon film classique des classiques à vie (je pense que je peux le réciter… sérieusement)!!! 

    • yueyin dit :

      Karine, pour une fois nous ne serons pas sur la même longueur d’onde, Clark Gable était le le genre de ma mère et de ma grand mère, personnellement je suis totalement et définitivement  insensible à son charme… il a été une de mes déceptions quand j’ai vu le film (sorry pas taper, on n’y peut rien à ces choses là :-)) A part ça c’est un grand film je le sais bien mais bon on pourrait faire un nouveau grand film, plus fort qu’avant, tout ça :-)))

  10. chiffonnette dit :

    Pas Viggo? Ah ben tant pis… Vincent Cassel??

    Ok, je sors… 😀

  11. chiffonnette dit :

    Ca c’est de ma faute. J’arrêtes les blagues quand je manque de caféine! 😀

  12. stephanie dit :

    j’aime beaucoup votre prochain thème 🙂

    je peux participer?

  13. chiffonnette dit :

    Nan, elle ne pourra pas ne plus te parler!!

  14. Choupynette dit :

    Ahhh Matthew!!!!

    Quel billet ma cocotte!!! on peut dire que tu t’es lachée!! Et tu as eu raison!!

    Quant au sujet adaptation, tu as oublié Ludlum/la mémoire dans le peau (quand je pense que je le remets chaque fois sur le tapis, comment as-tu pu oublier????? :D

    bisouuuuuus

  15. tina dit :

    Comment ça, Viggo aurait pas l’âge d’être Rhett Buttler ? Je ne suis pas d’accord. Quant au côté animal de Clive Owen, moi j’ai toujours truuvé que Rhett avait un côté animal caché, que Clark Gabble remplissait très bien d’ailleurs, que CO montrerait très  bien à l’écran … Bizarrement, j’ai beaucoup plus de mal pour Scarlett, qui m’a toujours tapé sur les nerfs. C’était qui déjà ? Maureen O’Hara, non ?

    • yueyin dit :

      Pour moi Rhett a dans les 35 ans, je me trompe ? Viggo en a 50 – certes il les porte magnifiquement, m’enfin….

      JE suis absolument d’accord pour Clive , ce n’est pas moi qui aie emis l’objection que veux-tu :-))) c’était Vivien Leigh qui faisait Scarlett… et pour l’instant il y a eu peu de proposition; Cate Blanchett en brune l’autre jour  mais là encore à mon avis elle n’a pas l’âge du rôle 😉

  16. tina dit :

    Bin Clark Gabble n’avait pas l’air d’avoir 35 ans non plus dans le film. Et Viggo fait toujours beauuuuuuuucoup plus jeune que son âge. de toute façon, on s’en fiche. Cate blanchett en brune ? La pôvre ! Et puis, elle n’est pas assez chipie. Scarlett Johannson en brune, peut être ? En plus, elle a un prénom prédestiné. De toute façon, je pleins le pauvre scénariste qui aurait un remake de GWTW à faire !

    • yueyin dit :

      Viggo est toujours beau c’est entendu 🙂 mais l’idée c’était plutôt de refaire une adaptation du livre pas un remake du film…

      Cate blanchett est très belle en brune dans indy 4 mais elle n’a pas l’âge du rôle si ? quand à scarlett Johansson je me demande ce qu’elle donnerai en brune….

  17. Gaël dit :

    Mission accomplie!

    Et moi je n’ai pas vu « New York 1997 », même si tout le monde s’en fiche!

  18. Isil dit :

    A cause de Choupynette et toi, j’ai acheté le dvd de « In my father’s den » lorsque je suis tombée dessus par hasard mais je ne l’ai pas encore lu. Donc si j’aime et que je suis frustrée de ne pouvoir lire le roman introuvable, ce sera votre faute!
    Quant au « Temps de l’innocence », je voudrais bien voir le film avant de lire le roman.

    • yueyin dit :

      aaahhh tu l’as acheté… j’ai hâte de savoir ce que tu en penseras 🙂 (j’adore ce film même s’il y a encore des nuances des dialogiues qui m’échappent – pas de sous titre c’est dur pour moi !)
      Pour le temps de l’innocence, c’est vraiment  tellement pareil que je ne crois pas que cela ait beaucoup d’importance l’ordre dans lequel on les voit 🙂 vraiment fidèle scorsese, vraiment !!!

  19. fashion dit :

    Crois-tu que le roman In my father’s den pourrait venir faire un tour dans mes grises contrées ? (pas le dvd par contre parce que pas de sous-titres, ouch) :)) (et merciii pour le blog-it!)
    Ah sinon, pour GWTW à mon avis, un remake est impensable. Point barre. :))

    • yueyin dit :

      MA foi il faudra demander à Choupy mais je pense qu’il n’y a pas de problème pour le livre et pour le film tu as tort , j’ai fort bien compris l’histoire et les images sont superbes 🙂

      indispensable tu veux dire 😉

  20. fashion dit :

    J’ai cru comprendre que tu avais médit de Clark.

    Je pleure, tu sais.

    Des larmes de sang.

  21. fashion dit :

    Tu renies Clark et tu trouves Cassel classe ?

    Je ne te parle plus.

     

    • yueyin dit :

      noooooon ne me renie pas Fashion… pleaaaase, soit magnanime ! Sérieux tu as vu le pacte des loups ? Bon j’ai pas dit que je voyais Cassel en Rhett non plus hein ? En fait pour l’instant je ne vois personne en rhett sérieusement… même pas matthew c’est dire !

      tiens au fait je me demandais, tu as vu escape from new york (new york 19997) de Carpenter ? ça n’a strictement  rien à voir mais je me posais la question 🙂

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