Evidemment je n’ai pas résisté… Après avoir lu et relu Orgueil et préjugés un nombre déraisonnable de fois, je me suis laissé séduire par ce journal intime de Fitzwilliam D. Et ce fut ma foi fort agréable. Certes il n’y eu ni surprise ni suspens, mais à la trentième lecture le suspens est, de toute façon, un tantinet émoussé et puis cela n’a jamais été ma tasse de thé.J’aime beaucoup l’idée d’un changement de point de vue sur les évenements d’un roman et le fait que le récit de Darcy se présente sous forme de journal ajoute un certain piment. Nous retrouvons donc certains dialogues originaux mêlés à ses commentaires, sa vision des évenements et des personnages (ah la famille Bennet !!!), ainsi que des relations un peu développées de la mesaventure de Georgiana ou du séjour londonien de Bingley. Mais ce qui fait tout l’intérêt du livre c’est bien sûr l’évolution personnelle de Darcy. D’abord dérangé par la conduite des nouveaux voisins de son meilleur ami, il est très vite perturbé par la liberté de ton et de manière de Lizzie et se trouve partagé entre réprobation et disons émulation car, pour une fois, les conversations sont imprévisibles et stimulantes… Lorsque le refus de Lizzie le pousse réellement à la reflexion, cela devient d’autant plus passionant. J’ai déjà dit quelque part que je ne voyais pas Darcy comme un homme véritablement orgueilleux – un tel homme n’aurait jamais justifié sa conduite auprès d’une femme qui venait de si mal le juger. L’auteure le décrit ici comme je l’imagine, profondément persuadé de la supériorité de sa position et de son lignage mais sans prétention pour lui-même. Très loin d’un orgueil intransigeant tel que celui épinglé par Stevenson par exemple dans Le maitre de Ballantrae. Mais je m’emballe, comme c’est étrange… Toujours est-il que j’ai trouvé assez convaincant ce cheminement personnel d’un homme plus habitué à être encensé que contredit.
La satire sociale est moins présente bien sûr que dans l’irremplaçable original et le style quoique agréable et assez respectueux de celui de l’époque n’a ni le mordant, ni la drôlerie de celui d’Austen. Mais tel quel il représente un très bon moment de lecture pour les passionnés d’Orgueil et préjugés en général et de Fitzwilliam Darcy en particuliers (Nous sommes, dit-on, plusieurs dans ce cas).

Mr Darcy’s diary – Amanda Grange – 2007 – Sourcesbooks
L’avis de Karine et je n’en ai pas trouvé d’autres pour le moment.


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