Whisky et paraboles

paraboleElie, la trentaine, a décidé de tout recommencer. Elle a tout vendu, tout liquidé, a acheté une maison au fond des bois… toute meublée pour éviter les souvenirs. Mais la distance ne fait rien à l’affaire quand on se fuit soi-même. Reste le whisky et les voisins, car même dans les villages reculés il y a des voisins, et l’humanité ne se laisse pas facilement écarter surtout quand elle est représentée par un gros gras grand musicien au talent immense, un amérindien poète ou une petite fille perdue… surtout une petite fille perdue.
Whisky et paraboles explore avec talent l’esprit d’une femme en quête de sens. Décidée à faire table rase du passé, elle brode en fantaisie, à la place de ses souvenirs bannis, des histoires et méditations de son cru tant pour elle que pour la petite Agnès qui devient vite la nouvelle ancre de son existence. J’ai eu plaisir à retrouver la poésie toute imprégnée de nature et d’eau de Roxanne Bouchard et son talent pour créer des personnages attachants. Ce roman est sans doute moins abouti que Nous étions le sel de la mer écrit plusieurs années plus tard et qui m’a tant enchanté. L’histoire manque un peu de tenue, comme si l’auteure avait voulu brasser trop de choses sans réussir à tout maitriser et l’écriture, quoique déjà puissante, est un peu trop chaotique encore, abusant de tournures qui après m’avoir séduite son devenues un peu trop systématiques à mon goût. Tel quel c’est un beau roman tout imprégné de littérature et de musique québécoises et qui annonce une superbe auteure à suivre absolument. Sylvestre !

Whisky et paraboles – Roxanne Bouchard – 2005 – VLB – 2008 – Typo

L’avis de Karine

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18 réponses à Whisky et paraboles

  1. Marguerite dit :

    Je suis d’accord avec toi de A à Z ! J’ai préféré aussi « Nous étions le sel de la mer » mais j’avais bien aimé « Whisky et paraboles » que j’avais lu en premier. Par contre, je me souviens m’être beaucoup questionné à propos du conteur…

    • yueyin dit :

      oui il a des qualités certaines et certains pans interrogent vraiment – le conteur par exemple, plus que « manu l’amérindien » , un peu caricatural à mon gout – mais pas tout à fait la maitrise du suivant, publié neuf ans plus tard cela dit 🙂

  2. Aifelle dit :

    Je note plutôt « nous étions le sel de la mer », déjà noté à sa parution. Les auteurs québécois qui enchantent, je suis preneuse.

  3. « une femme en quête de sens »
    Mission impossible : – )))

    « imprégné de musique québécoise »
    Tu ne nous fais jamais écouter de musique. Devrai-je chroniquer ce roman pour donner à (en) entendre ?

    • yueyin dit :

      C’est que je ne suis pas très qualifiée pour parler de musique québécoise, que je connais bien mal 🙂 à part Beau dommage, je suis plutôt poche comme on dit là-bas 🙂

  4. Nadège dit :

    Le titre m’a attirée quand j’ai vu ton billet pcq j’ai lu la semaine dernière « L’eau de vie (Uisge beatha) », de Daniel Marchilon (une saga familial ayant pour fil rouge l’histoire du whisky. Je ne suis pas une amatrice, mais ça a réussi à titiller ma curiosité et je me surprends à réagir instantanément au terme whisky depuis quelques jours :p Cela dit, je doute que « Whisky et paraboles » me plaise. Je verrai s’il me tombe sous la main 🙂

    • yueyin dit :

      Oh elle me tente ta saga familiale… je suis amatrice (si ça se dit) et l’histoire de l’uisghe beatha alors là je dis oui… mais ici il n’y a pas vraiment rapport 🙂

  5. gambadou dit :

    Il faut vraiment que je lise « nous étions le sel de la mer », il est sur ma LAL depuis une éternité

  6. eimelle dit :

    je ne connais pas cette auteure, je note son nom!

  7. Jerome dit :

    Je me rappelle de ton enthousiasme pour « Le sel de la mer ». Je me pencherai forcément plus vers ce titre-là pour découvrir l’auteure.

  8. Un gros, gros coup de coeur de la littérature québécoise pour moi!

  9. Karine:) dit :

    Lu avant Nous étions le sel de la mer (que j’ai préféré), j’avais tout de même beaucoup aimé. On sent un réel potentiel et ce roman avait éveillé bien des choses en moi.

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