Oyana

3 mai 2018, l’ETA (Euskadi ta Askatasuna – Pays Basque et liberté) annonce sa dissolution définitive après un bon demi-siècle de lutte pour l’indépendance basque. À 6000 kilomètres de là, dans un restaurant de Montréal, Nahua Sanchez, québécoise mariée depuis vingt-trois ans, voit soudain les portes du passé s’entrouvrir sur Oyana Etchebaster, la jeune fille qu’elle a été et qui a tout laissé derrière elle. Mais peut-on vraiment remonter le temps et les mensonges ? et à quel prix ?

Après vérification de la rubrique « du même auteur » de mon exemplaire d’Oyana, je peux ici confirmer que j’ai lu tous les livres d’Eric Plamondon, que je les ai tous (parfois dédicacés farpaitement) et que je les aime tous. En partie à cause de la trame narrative que l’auteur prend toujours plaisir (enfin je l’espère pour lui) à éclater, ce qui – je ne sais pourquoi – me ravit. J’aime errer dans les labyrinthes textuels qui correspondent sans doute – du moins je le suppose – au désordre erratique de ma pensée. Dans ce roman-ci les portes de la grande histoire – celle du mouvement indépendantiste basque – s’ouvrent en grand sur une toute petite fissure – celle d’un destin frôlé par l’abime. Et ce n’est pas rien, à mon sens, de redonner de l’humanité et de la complexité à des luttes qui semblent parfois n’être que chiffres, idéologie et conviction primaires. J’ai aimé les liens que l’auteur tisse entre hasard et destin, baleine et liberté, Québec et Pays Basque. Moins OTNI* que Hongrie Hollywood Express, sans doute moins classique que Taqawan, Oyana est un drôle de roman épistolaire et pourtant mosaïque, intimiste et pourtant politique et rien que dans parler, il me prend l’envie de le relire. À découvrir

Sans l’ETA, que restera-t-il ? Xavier, lui, parlait du FLQ. Il parlait des nègres blancs d’Amérique, d’un pays meurtri. Ce n’était pas son pays à elle. Mais le Pays basque sans l’ETA … L’indépendance impossible adviendra-t-elle un jour ? Au Québec, il y avait eu 1980.. Après 1995, le mouvement s’était essoufflé. Trop de générations brisées auxquelles on voulait imposer une autre histoire, une autre langue.
La langue. Toujours la langue.

Oyana – Eric Plamondon – Quidam éditeur – 2019

*Objet textuel non-identifié

Lu dans le cadre du scintillant Québec en novembre organisé par la non moins sublimissime Karinette et en théorie par moi-même (mais cette année, j’ai du mal)

Du même auteur

 

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3 réponses à Oyana

  1. Enna dit :

    Je commencerai sans doute par Taqwsn mais si j’aime, celui-ci est aussi à la médiathèque !

  2. luocine dit :

    J’ai beaucoup aimé Taqawan je publie un billet aujourd’hui : coïncidence!

  3. Tu les as tous lu ? Merci pour ce comparatif.

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