Twilight

Twilight est un phénomène de plusieurs façons, les quatre livres sont  un grand succès  éditorial jeunesse mais ce  qui me fascine ce sont les débats passionnés sur fond d’identification gravissime que cette série suscite. Des fans ont quand même reproché  de façon sanglante à Stephenie Meyer d’avoir inséré des épisodes invraisemblables dans son quatrième opus. Invraisemblables, un mot suprèmement intéressant quand on parle de romans ou vampires et loup-garous vont au lycée comme vous et moi. Bon tout ça pour dire que c’était un film que je ne pouvais pas manquer. D’autant que je partais avec plusiseurs avantages.

1. je suis positivement fan des livres de la série avec leurs imperfections. D’ailleurs après avoir vu le film, j’ai relu la saga au complet et je me suis rendu compte non seulement que cela faisait déjà 5 ou 6 fois mais qu’en plus je n’avais jamais écrit mon billet. Shame on me, Mea maxima culpa et toute cette sorte de chose ! Je vais y remedier un de ces jours…

2. Je n’avais pas d’idées préconcues sur l’allure d’Edward et je savais que de toutes façons il était impossible de faire l’unanimité sur un choix si délicat.

3. Je ne m’attendais à rien, les premières critiques étant plutôt décourageante.

4. de toute façon je suis plutôt bon public

5. J’ai deux ados filles qui sont complètement fans des bouquins et les ont elles aussi lus, relus et rerelus et je ne vous parle pas des posters, magazines et tout le toutim, or elles étaient déjà fan du film avant de l’avoir vu (à mon avis vu le temps passé à traquer les extraits sur internet, elles  devaient en avoir déjà vu plus de la moitié mais passons)

Et finalement, et bien ce fut un très bon moment. Nous faisions masse si j’ose dire, deux adultes, 5 ados et un garçon, mon loup, qui représentait bravement la gent masculine qui s’était lachement défilée pour aller voir Largo. Côté enfant et ados, les critiques furent positivement dithyrambiques  – L’Edward du film plaît beaucoup j’aime autant vous le dire – et côté adulte ?

D’accord il manque quand même des épisodes (dont celui de la clairière et celui des groupes sanguins – snif) et certaines choses passent un peu vite à mon goût  (la progression dans l’intimité physique des deux héros) voire sont carrément omises (l’histoire d’Alice) mais était-ce évitable ? D’accord aussi, Jacob est très bien pour ce film mais aura du mal à prendre la carrure nécessaire pour les suivants, quant à Jasper il est très loin de l’image que je m’en faisait.

Cela étant dit et bien les autres personnages passent très bien, notamment ceux d’Edward et Bella, ce qui est quand même essentiel. L’univers visuel est bien là avec ses verts et ses gris, tout comme la magie distillée par cette nouvelle variation des amants maudits.  La musique est belle et colle bien aux images. Je ne demandais rien de plus, ce fut fonc très agréable.

Mon seule vrai bémol viendrait plutôt de la qualité des effets spéciaux et de la post prod, les maquillages se voient parfois un peu beaucoup et certaines scènes de déplacement “simples” ont visiblement été sacrifiées aux scènes plus importantes. Il parait que le film a été budgété avant que le phénomène éditorial prenne l’ampleur que l’on sait, c’est une explication plausible, Fascination n’est sorti qu’en 2005. Tel quel le film m’a apporté deux heures de plaisir, pas à l’aune du livre certes, mais tout de même… renouvelable !

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Et bonne année

Avec comme il se doit un peu de retard, je vous souhaite à tous une superbe année 2009, pleines de lectures, de rencontres, de belles histoires, de voyages, d’amitié, de santé, de plaisir, de bonheur bref un peu de tout ce que vous souhaitez voire beaucoup…


Et en attendant que j’ai le temps et l’énergie d’écrire quelquechose qui tienne la route, je vous livre un avant goût d’un de mes cadeaux de noël (âmes sensibles accrochez vous !) commandé  (le père noel n’amène pas que des livres, des coffrets série dvd aussi !!!) sous la recommandation de Carolyne que je remercie grandement pour cette abracadabrantesque découverte d’un expert médico légal de jour, serial killer “justicier” la nuit qui m’a prouvé que je pouvais trouver un serial killer à la fois drôle et sympathique (tss tss pas très moral tout cela !)

Voici donc Dexter….





et le sublime et cultissime générique (il faut entendre les exclamations devantl a télé de ceux qui ont déjà vu Dexter “oeuvrer” !!!)

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Joyeux noël

Ce matin les enfants (petits et grands) ont ouverts la toute dernière fenêtre du calendrier de l’avent (essentiellement pour en retirer l’ultime chocolat).
Les grands se sont lègèrement affolés à l’idée d’avoir oublié un truc ou un autre.
Les cuisines se sont préparées à chauffer dur.
Les salons ont reçu leurs dernières finitions, guirlandes scintillantes, nappes rouges, serviettes dorés, bougies multicolores…
Voici donc venu la nuit de tous les excès, chapons, oies ou magrets rôtis, chocolats, marrons glacés ou pâtes de fruit, cadeaux ronds, informes ou rectangulaires, Tariquet, Bourgogne ou Champagne, enfin toutes ces bonnes choses…

Alors je n’aurais qu’un mot (plus ou moins) :

Profitez-en bien !!!



Que la fête vous soit pétillante…

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Le boulevard périphérique

Ce roman est ma première rencontre avec Henri Bauchau, auteur à moi recommandé à la fois par Erzebeth, qui l’aime d’amour, et par l’auteur lui-même qui m’avait fort intéressé pendant une interview. Et je sais qu’il va m’être très difficile d’en parler. La trame est assez simple, le narrateur rend chaque jour visite à sa belle-fille qui se meurt d’un cancer dans un hôpital de banlieue. Son trajet quotidien, le plus souvent en transport sen commun, est l’occasion pour lui de longues méditations nourries de plongées dans des souvenirs qu’il tente à la lueur de son expérience présente de comprendre autrement. Certains de ses souvenirs sont récents, d’autres remontent à deux rencontres beaucoup plus anciennes faites pendant la guerre et qui l’ont très profondement marquées pour différentes raisons dont la moindre n’est pas que l’un de ses hommes a tué l’autre.
Les déambulations dans l’esprit d’un homme sont parfois bien déroutantes. Non que l’on se perde car l’écriture de Henri Bauchau est étonnament précise mais je ne suis pas sûre d’avoir toujours compris où l’auteur voulait en venir.  Certaines disgressions m’ont semblées bien longues sans que j’en vois réellement le lien avec la trame principale. A moins qu’il ne s’agisse d’une autre trame. D’un autre côté cette écriture recèle en elle-même sa récompense, très visuelle elle possède une force d’évocation impressionante qui est un véritable plaisir de lecture. Peut être est-ce une erreur d’y voir une histoire plutôt un réseau, au sens routier du terme,  de méditations sur le vieillissement, la vie et sa fin, la mort et son acceptation. Déroutant !

Le boulevard périphérique – Henri Bauchau – 2008 – Acte sud

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Elle

haggardShe.jpegVoilà un roman quasi mythique, un de ces romans d’aventures dont la fin du XXe siècle a eu le secret et qui ont fait rêver (et ont peut être influencé) plusieurs générations de lecteurs. Une de ces histoires où des gentlemen anglais aussi érudits que forts découvrent des mondes perdus desquels le temps et la civilisation (du moins la civilisation telle que comprise par des européens de l’époque) sont exclus…
Dans le cas de Elle, cette trame se complique de la présence d’une souveraine immortelle, Ayesha Elle-qui-doit-être-obéie, despote absolue de son peuple, toujours voilée car une simple vision de sa beauté enchaîne les hommes pour toujours, cultivée d’une façon qui peut parler à un héros victorien – elle parle grec, latin, arabe classique, capable de tuer d’un seul regard et pour autant admirablement chaste puisqu’elle attend le retour de son amour depuis plus de 2000 ans, amoureux qu’elle a tué de sa main en son temps.
Tous les fantasmes du colonialisme victorien s’épanouissent joyeusement dans cette folle histoire où se mèle nature sauvage, ruines imposantes, mystère de la vie, peuplade cannibale et tous les ingrédients qui seront un jour ceux du genre… car nous en sommes au début ! Henri Rider Haggard, lorsqu’il écrit She en 1886 a déjà les Mines du roi Salomon a son actif et est en train de donner véritablement ses lettres de noblesses à ce type de roman d’aventures qui connaitra une immense popularité à la fin du XIXe et au début du XXe. Il n’est  peut-être pas cité dans les auteurs victoriens classiques mais il fut l’un des auteurs les plus célèbres et les plus populaires de son temps et son influence n’a pas fini de se faire sentir – Ne dit-on pas que le très célèbre Indiana Jones (fort et érudit lui-même) est directement inspiré de son Allan Quatermain. Quand à Ayesha que Freud et Jung ont tous deux considérée comme un Archétype féminin, ma foi il serait intéressant de spéculer sur ses descendantes directes ou non !
Alors certes c’est un roman ancré dans son siècle et certains des préjugés de l’auteur sont inacceptables de nos jours mais pour son époque justement, je crois qu’il faisait preuve d’assez de largeur d’esprit. Il met en scène un peuple où les femmes sont totalement libres de leur choix – car ce sont elles qui donnent la vie – , un amour sincère entre un gentleman anglais et une africaine en peau de léopard,  une femme devenue toute puissante par la force de son esprit… Pour un homme de son éducation ce n’est pas si mal. Le style est certes assez emphatique pour un pur roman d’aventure mais agréable et même enlevé. Dans l’ensemble une belle découverte que je dois à mon excellente amie, Amelia Peabody Emerson qui ne cesse de recommander cet auteur malgré les moqueries de son séduisant époux. Exotique ! Elle – Henry Rider Haggard – 1886 – traduction (révisée) de Jacques Hillemacher

PS.  La traduction de She a fait beaucoup débat il fut un temps car le roman fut traduit  en français en plein procès de plagiat fait à Pierre Loti et son Atlantide… apparemment des versions plus ou moins abrégées ou mutilée ont fleuri et je ne sais pas trop ce que valait la mienne – bien qu’elle soit révisée “d’après l’original anglais” je cite. N’est-ce pas extraordinaire de préciser cela ?

PPS. She a fait l’objet d’innombrables adaptations cinématographiques dont la première date de 1899 (La danse du feu de Georges Meliès) et la dernière de 2001 (Timothy Bond). Une des plus célèbre est sans doute celle de 1965 – La déesse du feu de Robert Day – avec Ursula Andress dans le rôle titre.

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Beignets de tomates vertes

“Je suis peut-être assise ici, à la maison de retraite de Rose Terrace, mais dans ma tête, je suis là bas, au café de Whistle Stop, en train de déguster une assiette de beignets de tomates vertes”
Mrs Cleo Threadgoode, Juin 1986

Ninny, 86 ans, se prend d’amitié pour Evelyn qui l’écoute parler sans impatience. Evelyne s’ennuie d’abord mais elle a l’habitude, sa vie n’est qu’un vaste ennui. Et puis peu à peu, elle se prend au jeu. La voix de Ninny, devenue son amie, fait revivre pour elle un monde disparu, des femmes, des hommes morts pour la plupart depuis longtemps et qui lui semblent pourtant plus vivants que tous ceux qu’elle croise jour après jour.

Du début du XXe siècle jusqu’à la fin des années 80, ce roman se présente comme une bien jolie chronique du sud profond. Dans une petite ville d’Alabama, les gens ont appris à s’arranger de tout, de la gare de triage qui donne vie et travail à la communauté, de la ségrégation qui est la règle, de la pauvreté qui sévit pendant et après la grande crise mais aussi de la famille, de l’amitié, de l’amour fut-ce celui de deux femmes et de la chaleur de l’entraide dont le foyer se trouve dans ce fameux café sans nom où l’on peut déguster les plus délicieux beignets de tomates vertes pour accompagner le plus goûteux des barbecues – tout le secret est dans la sauce !!!

Ce roman est un pur moment de joie servi dans une langue pétillante et légère. L’histoire pourrait pourtant être douce-amère voire carrément triste mais elle distille en fait une vitalité pleine de gaité à peine teintée de nostalgie. La construction éclatée permet de partager les joies et les peines  des habitants de Whistle Stop sans tomber dans un pathos facile mais en mettant en valeur ce qui rend les principaux personnages si attachants : une joie de vivre inébranlable et contagieuse. Que du bonheur !

Un énorme merci à Anjelica qui nous a tellement fait l’article du film et du livre lors de la dernière rencontre Lire et délire que je n’ai pas pu résister, les avis-coups de coeur  de Fashion, de Karine,

Beignets de tomates vertes – Fannie Flagg- 1987 – Traduit de l’anglais (américain) par Philipe Rouard – J’ai lu 1992

et pour le plaisir, la bande annonce du superbe film de Jon Avent avec Katie Bates et Jessica Tandy (1991)

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Le grand pays

“A 11 heures,ils demandèrent à Malïn de se suicider. Ils l’amenèrent dans la suite princière, l’assirent sur le superbe lit de soie et de velours où il devrait s’allonger pour rendre son dernier soupir et lui laissèrent, selon la tradition, une dague, un bol de breuvage d’épices au miel et une fiole de poison. Puis ils s’inclinèrent et sortirent.
La grande porte de la chambre se referma derrière eux.
Malïn resta seul.
Il avait quatorze ans.”

Un sacré début si vous voulez mon avis ! Pour un roman qui apparait tout d’abord de facture assez classique… pour de la fantasy s’entend. Pris dans un cataclysme, Malïn va échapper d’abord au suicide, puis à la mort et porté par une croyance que personne ne partage, va entreprendre un très long voyage pour sauver les siens. Avec lui, il entraine une jeune princesse, Alia, qu’il a sauvée d’une mort certaine. Jusque là rien de vraiment original.

Les choses se corsent un peu lorsque les deux adolescents découvrent le grand pays. Un endroit étrange, inhospitalier, dangereux, chargé d’une histoire visiblement ancienne et complexe et qui est, à mon sens, un personnage à part entière. Et puis tout bascule dans le dernier tiers de l’histoire et tout à coup rien ne correspond plus aux attentes ni aux classiques du genre. Le bien et le mal semblent beaucoup moins tranchés (Tolkien soit loué), les personnages passablement ambivalents et là… cela devient vraiment passionant.

Je subis depuis longtemps déjà la malédiction de la Fantasy. Je suis tombée dedans quand j’étais petite, j’en ai dévoré des volumes et des volumes, j’ai découverts avec un bonheur rare les grands classiques du genre et puis vint un jour où plus rien ne m’a surpris, où les livres me sont tombés des mains et où découvrir un nouveau bonheur de fantasy est devenu une gageure. Certes il y a eu des cas, mais trop rares ! C’est donc avec un grand plaisir que je me suis laissé flouer par ce récit et que j’attends avec grande impatience sa suite. En espérant de tout coeur qu’elle soit à la hauteur des attentes suscitées par cet opus… Hautement intriguant !

PS. Bien sûr j’avais lu la fin par anticipation vers le milieu du roman ( j’ai horreur du suspens). Résultat : je n’ai pas pu le poser avant la fin tellement j’étais impatiente de comprendre COMMENT on en était arrivé là !!! Le suspens a plus d’un tour dans son sac, vous pouvez me croire…

L’avis de Stéphanie, d’Isil, de Chimère ….

Le grand pays – La légende des tueuses-démons 1 – Ange – 2008 – éditions Bragelonne

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Méditations sur la Terre du Milieu

Qu’est-ce que cela ? Encore la terre du milieu ! Mea culpa mais oui, encore, toujours et encore… Apparemment nous sommes un certain nombre à travers le monde à passer quelques temps en Terre du Milieu quand l’occasion ou l’envie nous en prend. Et il semble que je pourrais y rencontrer du beau monde…
Dans ce recueil, une quinzaine d’auteurs anglo-saxons ont accepté de parler de leur découverte de  l’univers de Tolkien et surtout bien sûr de son influence sur leur vie, leur oeuvre, leur métier, leurs histoires… En général cela commence par la Rencontre : Le jour où quelqu’un leur à mis dans les mains un volume qu’ils décrivent tous plutôt comme une porte ouverte que comme un simple moment de lecture : Le seigneur des anneaux  !
C’est assez amusant d’ailleurs qu’ils éprouvent quasiment tous le besoin de raconter précisément les circonstances de cette première lecture, le moment, l’endroit, le volume et son aspect, le temps qu’ils ont passé plongés dedans… Notez je veux bien le croire, je me souviens parfaitement de ma première lecture du Seigneur moi aussi !
Alors ces textes ne se ressemblent pas, cela va de l’anecdote, à l’extrait de biographie en passant par l’analyse littéraire, stylistique ou éditoriale. IIs sont de longueurs différentes, assez inégaux je dirais, mais l’ensemble est un vrai plaisir de lecture… en tout cas pour une admiratrice de Tolkien.
Robin Hobb, dont j’ai particulièrement aimé l’essai, Orson Scott Guard, Terry Pratchett, Ursula Le Guinn, Raymond E. Feist, Georges R. R. Martin, Poul Anderson, est-ce que cela ne ressemble pas à un who’s who de la fantasy ? Plus quelques autres que je ne connais pas comme Esther Friesner dont le texte m’a fait mourrir de rire (je la lirai bien maintenant d’ailleurs !)…
Aux célèbres anglo-saxons du recueil original, Bragelonne a ajouté les textes de cinq auteurs de fantasy français. Très honnêtement je les ai un peu moins aimé. A l’exception notable de Ange, les auteurs français, tout en reconnaissant l’importance de Tolkien dans leur vie de lecteur, se sentent apparemment obligés de s’en excuser et d’expliquer qu’ils étaient jeunes alors et que depuis ils ont été plus loin… Plus loin que la terre du milieu !?! L’essai de Ange par contre m’a semblé clore en beauté ce livre avec un regard drôle et allègrement écrit sur l’oeuvre de Tolkien, le changement et le mythe dans lequel je me retrouve
:
“Il y a ceux pour qui le héros du Seigneurs des anneaux est Aragorn : “C’est le personnage le plus intéressant, et puis d’abord le troisième tome s’appelle Le retour du roi ! Les intentions de Tolkien sont claires !”. Il y a ceux pour qui le héros du Seigneurs des anneaux est Frodon : “C’est le personnage principal, celui qui a le plus de pages ! Et puis c’est le porteur de l’anneau ! Les intentions de Tolkien sont claires !”. Il y a ceux pour qui le héros est Sauron : “Le livre décrit sa chute ! Et puis il y a le titre ! Le seigneurs des anneaux, c’est Sauron ! Les intentions de Tolkien sont claires !”. Il y a ceux pour qui le héros  est Sam : “C’est le personnage clé, le seul qui ne cède pas à la tentation ! Et puis c’est lui qui part et revient ! C’est lui qui a la dernière réplique du livre ! Les intentions de Tolkien sont claires !”
…Tant de vérités, d’histoires, tant de livres en un seul”

Le tout est magnifiquement accompagné par des illustrations originales de John Howe – Le John Howe – dont quelques unes dessinées spécialement pour l’édition française. Que dire de plus ? Un très beau moment de lecture pour les admirateurs du Professeur T. !

Méditations sur la Terre du Milieu – Recueil dirigé par Karen Haber, traduit par Mélanie Fazi – 2001 – Complété  par Stéphane Marsan pour l’édition Bragelonne 2003 –  Illustré par John Howe.

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Par ici la bonne swap…

Et oui, c’est noël avant l’heure, décembre est un mois faste… En plus du sexy men swap qui a tant fait cliqueter les claviers, Armande ma swapeuse londonienne de novembre a en effet lancé il y a quelques temps un swap chaleureux et gourmand pour mettre un peu de douceur dans ce rude décembre…
Et voici ce qu’Emmyne a concocté pour moi…

Mystère violet,


qui révèle toute sorte de jolis paquets bien emballés…
et enfin, enfin…
les révélations à base de papier sauvagement déchiré (je suis zen mais avec modération !)

soit :
une écharpe violette tissée de fils roses scintillants trèèèès jolie (j’ai dû laisser échapper que le violet était ma couleur préférée – mes filles la regardent avec convoitise mais pour l’instant je ne la prête pas, plus tard peut être si elles sont très très gentilles…)
Un livre plein de délicieux gratins salés et sucrés (enfin plein de recettes de gratins d’accord…)
La danse des illusions de Brigitte Aubert (celui que je n’avais pas, emmyne à un oeil de lynx !)
Une bouteille de Gingembre moulu (voui j’adore le gingembre, c’est une de mes épices favorites – j’aime aussi la cannelle, la coriandre, le cumin et des tas d’autres mais le gingembre c’est miam !)
Un gâteau tout enneigé de sucre
et un petit sachet “bonhomme de neige” tout mignon

Décidément j’adore les swaps

Un grand merci Emmyne pour m’avoir si bellement gâtée

et bien sûr merci Armande pour ce joli swap tout en douceur

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La passe dangereuse

Hong kong 1925, Kitty, jeune anglaise frivole, a épousé faute de mieux un chercheur en bactériologie. Quelques années de mariage n’ont fait que l’éloigner de ce mari trop sérieux, qu’elle méprise de surcroit  pour son manque d’entregent social. Elle se lance donc à corps perdu dans une idylle aussi romantique que sensuelle avec un notable du cru qui flatte à la fois son besoin d’attention et sa vanité. Surprise quasiment en flagrant délit d’adultère, elle se voit offrir par son mari un marché aussi tortueux qu’incompréhensible pour elle. Soit elle subit un divorce à ses torts, ce qui lui ferait tout perdre et surtout sa position sociale, soit elle le suit dans une ville de l’intérieur de la Chine où vient de se déclarer une épidémie de choléra. Faussement magnanime, il lui propose finalement de renoncer à ce choix si son amant promet de divorcer pour l’épouser. D’abord soulagée, Kitty se rend vite compte que l’amant en question n’a nulle intention de quitter une épouse à laquelle il doit sa propre situation et sa fortune. Prenant pour la première fois conscience de la profonde solitude à laquelle l’a cantonnée la superficialité de ses relations, kitty se résout la mort dans l’âme à accepter un voyage qui la térrifie. Cette expérience traumatisante changera profondément sa vision du monde, des hommes mais aussi des liens qu’ils peuvent ou non tisser entre eux…
Ce roman a été pour moi une très belle découverte. L’écriture limpide, précise esquisse avec peu de mots et une déconcertante aisance des décors étonnament vivants, des caractères complexes et une histoire extrèmement subtile dont la richesse se révèle dans les différents niveaux d’interprétation.
Certes les personnages ne sont guère attachants. Kitty est une péronnelle égocentrique, Walter le mari est une sorte de brute psychologique, l’amant un fat sans épaisseur, les autres à l’avenant…  Mais ce qui frappe dans ces personnages c’est avant tout, leur totale incapacité à communiquer. Au bout de deux ans de mariage, Kitty et Walter sont aussi étrangers, l’un à l’autre qu’au jour de leur rencontre : elle est totalement incapable de comprendre ses réactions et il semble tout aussi incapable de saisir sa pensée. Jamais ils ne se sont parlé, jamais ils n’ont fait l’effort de s’intéresser à l’autre, côte à côte ils ont vécu en totale incompréhension.
En ceci d’ailleurs ils ne font que reflèter le monde qui les entoure. Ce monde “colonial” où les anglais vivent à côté d’un peuple qu’ils méprisent la plupart du temps, pour qui ils éprouvent de la compassion parfois mais que jamais au grand jamais ils ne cherchent à comprendre.
Le personnage de Waddington, en ce sens est intéressant, car seul occidental de l’histoire à parler chinois et à tenter de comprendre ce pays et ses habitants, il est aussi le seul à comprendre ce qui se passe entre Kitty et Walter et à pouvoir dans une certaine mesure les aider. Il représente pour Kitty, une toute nouvelle expérience relationnelle, fondée non sur l’apparence et une satisfaction toute sociale mais sur la compréhension.
Enfin, il m’a semblé que derrière cette analyse très fine de la difficulté de nouer de vraies relations dans un cadre social trop rigide, derrière cette peinture peu flatteuse de l’attitude de ces expatriés anglais face aux tenants d’une autre culture, se dissimule une critique acide d’une société infiniment superficielle ou l’intelligence est moins prisée qu’un noeud de cravate bien noué et où la compassion tient lieu de vertu quand elle peut s’appliquer à distance. Profond et subtil !

Les avis de Choupynette, Lilly  ,

La passe dangereuse (the painted veil) – William Somerset Maugham – 1925

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