L’histoire de l’amour

Qu’est-ce qui lie Alma, une adolescente new yorkaise, Léopold, un très vieil immigré polonais et Zvi qui signa un livre en espagnol trente ans plus tôt…  La solitude, les origines et surtout, surtout un livre… L’histoire de l’amour. Alma y cherche sa vérité, elle qui fut prénommé d’après le personnage principal, Léopold le pense perdu depuis longtemps comme tout le reste, Zvi l’a publié. Tous sont juifs, tous sont seuls, tous ont trop perdu…  L’un son fils après avoir perdu sa famille et son amour, l’autre son père et perd peut être sa mère au quotidien, le dernier a tout laissé jusqu’à son intégrité et sa langue. L’un d’eux est mort il y a longtemps, les deux autres cherchent… une réponse, une présence, une certitude peut être…
Ce roman dense et complexe est un hymne à la littérature seul repère solide dans ce monde ou l’espoir n’est qu’illusion. Les personnages sont immensément attachants, écorchés vifs, abominablement tristes, étonnamment humains dans leur solitude. Alma collectionne les techniques de survie pour se rapprocher de son père mort, pendant que sa mère se noie dans le deuil et son frère dans une version très littérale de la judaïté. Léopold met tout en oeuvre pour être vu, exorcisant sa grande peur de mourir sans que personne ne s’en aperçoive. Il y a bien un point de convergence à leurs quêtes solitaires mais peuvent-ils réellement le découvrir ?
Un très beau roman foisonnant et bousculant qui nous laisse fugacement espérer que tout n’est  pas fait en vain !

L’avis de Chiffonette qui me l’a si gentiment prêté, ceux de Fashion, Emeraude, Papillon et Clarabel.

L’histoire de l’amour – Nicole Krauss – 2005 – traduit de l’américain par Bernard Hoepffner – Gallimard

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Rendez-vous le 15 dans la ville rose…

Les rencontres interblogs fleurissent dans la blogoboule. On se retrouve, on se croise, on papote à la faveur d’un pique-nique, d’un salon ou d’un thé. De nombreux blogueurs ont ainsi pu vérifier que le net était aussi une bien agréable manière de rencontrer des gens “pour de vrai” !
Il y a un an et demi, quelques LCA  toulousaines dont je suis ont décidé de traverser l’écran de de se rencontrer. Essai transformé puisque depuis nous nous voyons régulièrement pour papoter, aller au cinéma, échanger des livres…  D’autres blogueuses sont venus à leur tour et ensemble nous avons fondé le club lire et délires qui se réunis régulièrement pour parler de livres autour d’un thème. Et bien pour fêter les un an (passé) de notre club, nous avons pensé cette fois, faire une annonce quasi officielle:

Oyez oyez
gentes blogueuses et preux blogueurs,

notre prochain rendez vous aura lieu le
15 novembre à Toulouse

et nous serions ravies de voir quelques uns d’entre vous se joindre à nous.

Où précisément  ? mystère ! La recherche est lancée, il nous faut  simplement un endroit sympathique, pas trop cher, où on mange de bonnes choses, qui prend les réservations et où le personnel ne s’offusque pas de voir un groupe d’êtres humains bizarres squatter une table, la couvrir de bouquins (après le repas quand même, un peu de savoir vivre !) et discuter haut et fort des mérites comparés desdits bouquins (Ceux-ci changent parfois mystérieusement de mains ensuite, il y aurait du traffic là-dessous que ça ne nous étonnerait qu’à moitié). – Au fait si vous connaissez  un endroit idoine, faites le nous savoir, nous sommes toujours en chasse pour de nouvelles adresses.

Pour y faire quoi ? Mais pour parler bien sûr, parler, papoter, jaser, discuter… Au départ on cause blogs, ensuite on creuse la question nourriture (crumble au fruits rouges contre fondant au chocolat),  puis on enchaîne sur un peu de tout et on finit toujours par parler livres (forcément pour des LCA !). Histoire de donner un peu de sens à tout ça, nous fixons un thème à chaque rencontre et pour le 15 ce sera :


Retour aux sources du mythe


Au départ l’idée est de lire LE LIVRE aux origines d’un mythe moderne, par exemple le Dracula de Bram Stocker qui a donné sa forme au mythe des vampires. Mais pour rendre les choses plus adapatables à chacun, nous avons pensé prendre “retour aux sources” dans une acception beaucoup plus large. Donc ce peut être le livre à l’origine d’un film que vous appréciez particulièrement (ou détestez particulièrement why not ?), ou tout autre variation sur le thème. Bluegrey a donné de nombreuses idées ici… J’ajoute que dans notre grande mansuétude nous acceptons toujours ceux et celles qui n’ont pas eu le temps de faire leurs devoirs (à leurs risques et périls cela va de soit).

Cette Xe session (j’ai perdu le compte avec tout ça) verra se réunir (par ordre alphabétique) ALaure, Anjelica, Bluegrey, Choupynette, Etoile des neiges, Erzebeth (dont c’est le baptème du feu si j’ose dire), Flo  et euh moi. Si vous voulez vous joindre à nous, un petit mail et c’est parti. Pour ce faire cliquez sur ce bouton , ici ou dans la colonne de gauche du blog.

Si vous être trop trop loin de nous pour pouvoir venir, vous pouvez bien sûr participer virtuellement à notre thème de rencontre en publiant au jour dit (le 15 novembre donc) un billet en rapport (même lointain) avec le thème.

C’est parti pour de nouvelles aventures bloguiennes, j’attends vos mails…

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des tags et du kikimundo…

Ceux qui fréquentent les terres du kikimundo savent que le maître des lieux cultive une vision toute personnelle d’à peu près tout… Toute personnelle et le plus souvent à pleurer de rire, ce qui fait que je l’ai récemment tagué, le citant dans mes blogs préférés (il y était en bonne compagnie comme il se doit !) bref j’aurais dû le savoir, la vision de mon tag par Mr Kiki ne pouvait qu’être surprenante : elle le fut et je ne résiste pas au plaisir de la partager, que dis-je, de l’exiber car c’est un vrai cadeau.

Vous avez reconnu le support du tag ? Ouiiii ! (sur son blog, il y en a une version avec un startrooper devant comme je vous le dit)  Et vous avez vu comme j’ai de belles oreilles ?  J’adore !
Mr Kiki a également donné sa version des tags que dames Turquoise, ALaure et Mo lui ont dédié… superbes !
Publié dans riens | 30 commentaires

Le cimetière de ciment

Depuis un moment déjà je voulais découvrir Ian McEwan, un de ces “grands auteurs vivants” que je n’ai encore jamais lu… Je pensais vaguement  commencer par  Expiation, quand je suis tombée sur la critique du jardin de ciment chez Thom.
Il n’en fallu pas plus…
Le jardin de ciment est, semble-t-il, le premier roman de Ian McEwan, un premier roman ET un monument : à peine 138 pages lues d’une traite quasiment sans respirer.
Dans un famille repliée sur elle-même au fin fond d’une banlieue désertée et quasiment détruite par l’abandon d’un projet autoroutier, quatre enfants perdent successivement leurs parents et restent seuls. Devant l’anxiété et la perte, un seul refuge : serrer les rangs et faire comme si… Ils dissimulent le corps de leur mère dans la cave et reprennent leur vie… mais pas tout à fait comme avant. Dans cette famille si isolée, si vulnérable d’où les derniers repères ont disparu, toutes les envies, tous les fantasmes peuvent prendre corps. Aucun frein d’aucune sorte, après tout pourquoi pas…
Etrangement malgré son atmosphère étouffante voire carrément glauque, cette histoire ne m’a jamais semblée malsaine ni perverse comme j’ai pu le lire. Ces enfants perdus reconstruisent à leur manière une famille qui a commencé à se dissoudre et qu’ils craignent de voir disparaitre. Nul regard extérieur sur eux, personne pour seulement discuter du bien fondé, de la responsabilité ou du danger. Le plus jeune à 6 ans, la plus agée 17, comment ne créeraient-ils pas leur propre modèle loin du regard des “autres” ?
En quelques pages McEwan nous arrime aux sorts de ses personnages. Dans un style
d’une puissance et d’une aisance confondante sans jamais jouer sur la pitié, finalement peu sur la sympathie mais presque entièrement sur l’intérêt, car quoique que nous pensions d’eux, il nous faut savoir : ces gamins hors normes, que va-t-il leur arriver, vont-ils se trouver ou se faire laminer par l’extérieur?   C’est froidement poétique, franchement urbain et complètement distancié, un roman hors du temps que j’ai trouvé paradoxalement emblématique à la fois des années soixante-dix et de l’adolescence.  Renversant !

l’avis de Thom à qui je dois cette lecture

Le cimetière de ciment – Ian McEwan – 1978

Publié dans roman britanique | 36 commentaires

London swap

Il est arrivé !!!!

Depuis quelques jours déjà.. et je fus encore une fois gâtée,  Armande ayant autant soigné le contenu que la décoration. Mais voyez plutôt :

L’ouverture…

l’étalage…

et enfin le déballage, qui m’a permis de découvrir :
* Le miroir des ombres de Brigitte Aubert
* Les secrets de londres de Lee Jackson
* Une très jolie boîte de métal rose remplie de délicieux caramels (pardon Toffee)
* Une tablette de chocolat au lait géante (elle est un peu diminuée ces derniers temps et jj’ai bien peur qu’elle ne passe pas la semaine, si c’est pas malheureux quand même)
* Une très belle tasse coquelicots (estampillée Northamptonshire, England. la classe !)
* et un set de table fait main brodé de roses forcément anglaises


En résumé, un magnifique paquet superbement dans le thème.

1000 fois Merci Armande
pour toutes ces belles et bonnes choses
et bien sûr Merci à Ys
très gentille organisatrice  de se so british swap

Publié dans Swaps | 40 commentaires

Meurtre sur un bateau de fleur

En poste depuis peu à Han-yuan, petite ville de montagne proche de la Capitale, le juge Ti se sent légèrement oppressé. Han-yuan a beau avoir l’air d’une ville bien tranquille et ses habitants de citoyens respecteux des lois, notre juge a surtout l’impression qu’on le tient à l’écart et qu’il se trame dans l’ombre de dangereuses affaires. Lors d’une soirée donnée par les notables du lieu sur un luxueux bateau-de-fleurs, le meurtre brutal d’une courtisane va précipiter les choses.
Ce roman est un des premiers que Van Gilik ait écrit. Comme tous ceux de la première série, il débute par une introduction à la  limite de l’onirisme où Van Gulik rend en quelque sorte hommage au fantastique toujours présent dans les romans chinois classiques. Ces introductions se situent toujours à l’époque Ming, soit près de 700 ans après l’époque du juge Ti et annoncent en termes voilés les événements qui vont être relatés. J’ai un faible pour ces premiers chapitres “inventés, selon l’auteur, pour la délectation de lecteurs d’une époque révolue qui considéraient toute hâte comme une erreur fondamentale et ne craignaient pas de lire et de relire un roman depuis le début jusqu’à la fin.” Une époque faite pour moi sans aucun doute.
C’est également au cours de cette enquête que le juge fait la connaissance de son quatrième et dernier lieutenant, l’astucieux Tao Gan. Cet hôte des rivières et les lacs, en d’autres termes un escroc et joueur professionnel,  vient compléter de ses grandes connaissances en filouterie en tous genres la force de frappe de Tsiao Tai et Ma Jong et le dévouement du Sergent Hong.
Un excellent opus où Van Gulik se fait un plaisir de mettre, entre autre, en scène  une société secrète qui quelques siècles plus tard ébranlera bien réellement le pouvoir en place.
Voyons un peu ce que Thom va en dire…

Meurtre sur un bateau de fleur – Robert Van Gulik – 1952 – 10/18

Dans les épisodes précédents…
Les enquêtes du juge Ti
Trafic d’or sous les Tangs
Le paravent de laque

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La chambre des curiosités

Dans Manhattan, un chantier de construction met à jour 36 cadavres apparemment assassinés par une même personne à la fin du XIXe sièble. Ce pourrait être la trace du tout premier tueur en série new yorkais et de toutes façons cela devrait faire l’objet d’une enquête. C’est du moins l’avis de l’agent Pendergast du FBI qui s’adjoint les services d’une archéologue pour examiner le site. Cela ne semble pas être celui du promoteur immobilier propriétaire du chantier, ni celui de la police de New  York, pas plus que celui de la direction du Museum d’histoire naturelle employeur de la-dite archéologue. Malgré ces obstacles, l’enquête permet d’identifier le coupable, un scientifique employé dans un des cabinets de curiosités qui fleurissaient dans le New York des années 1880. Avant l’ouverture du Museum, ces officines exposaient pour des sommes modiques, toutes sortes de merveilles plus ou moins naturelles, plus ou moins authentiques. Les choses se corsent quand de nouveaux meurtres sont commis, absolument semblables à ceux du siècle précédent…
Sur ce roman j’ai un avis partagé, toute la partie “enquête” à proprement parlé m’a beaucoup plu. L’athmosphère poussiéreuse des archives du Museum, les fouilles effectuées parmi les “restes” des cabinets de curiosités, le personnage ambigu de Pendergast, tout cela m’a bien accroché. L’intrigue est complexe, inquiétante avec ce zeste d’inexplicable qui me ravit. A l’enquête historique contrariée par des maneuvres politiques, succède une intrigue plus moderne épicée de quelques scènes d’action. Le tout agréablement mené.
Mon bémol concerne la fin ! Non qu’elle soit mauvaise en soi, elle clôt bien l’enquête. Mais à trop vouloir en faire, les auteurs ont un peu perdu le cap. Après 400 pages d’enquête, la “scène finale” – précisément entre le moment où l’on pénètre dans l’antre du tueur jusqu’au dénouement hors épilogue –  dure 243 pages ! Pour corser les choses, les chapitres sont entrecoupés de scènes extérieures qui n’apportent strictement rien à l’histoire mais sont probablement censés justifier l’adjectif haletant clamé par la bande rouge de couverture – procédé qui m’a passablement agacé.  Disons que le côté thriller interminable de ce dernier tiers du livre ne m’a pas convaincu. En même temps, je ne suis pas amateur du genre.
Tel quel c’est un bon polar,  bien ficelé dans un cadre fascinant, mais que j’aurais volontiers amputé de 200 pages au bas mot.


La chambre des curiosités – Douglas Preston et Lincoln Child – 2002 – traduit de l’anglais par Sebastian Danchin – L’archipel/J’ai lu

Publié dans Polar | 20 commentaires

J’aime les blogs, surtout les votres

Voilà déjàplusieurs jours que je me demande comment sélectionner sept blogs sur la centaine où je me promène régulièrement. Du moins autant que je le peux…

Parfois quand je pense trop longtemps à un billet, je finis par oublier de l’écrire (oui j’avoue) mais là pas moyen car pendant que je me posais des questions aussi existentielles que mathématiques, les tags eux se multipliaient. Voilà pourquoi grâce àKarine, Kalistina, Isil, Stéphanie, Alaure, Gaël, Choupy, CœurdeChêne et Turquoise, qui m’ont complètement chamboulée en comptant mon blog parmi leurs préférés, me voici au pied du mur… En avant donc avec :

  • de Mr Kiki parce qu’il arrive à me faire rire et plus, à me surprendre à tous les coups, ce qui n’est pas si simple.
  • parce que c’est Thom et que ses billets littéraires sont des musts incontournables (même quand je ne suis pas d’accord !!!!)
  • de Fashion parce que ses billets sont si alléchants que je les lis même je dois arriver en retard au boulot (je sais c’est mal) et pour tous ces goûts hautement kulturels que nous partageons (des super héros aux séries télévisées en passant par euh… des films, des livres, des auteurs, des héros…).
  • badges_80x15_chimere qui a ce chic bien à elle pour découvrir des livres étranges, bizarres, séduisants et drôles auxquels je ne peux résister (ma Pal notamment SF a connu grâce à elle une croissance spectaculaire).
  • cune de Cuné pour son éclectisme souverain qui m’ouvre toutes sortes de perspectives
  • parce que chacun de ses billets est un pur plaisir à lire qu’il s’agisse d’un livre ou de ses dernières et rocambolesques aventures.
  • Et last but not least, le club dont je ne saurais évidemment manquer un seul article, certes cela fait Alaure, Choupy, Anjelica, Bluegrey et Etoile des neiges, Flo ayant malheureusement fermé son blog, mais je le compte pour un.

Après tout pourquoi chipoter, d’autant que j’aurais pu citer Florinette dont le blog est un des premiers auquel je me suis attaché,  Zag qui a toujours le dessin pour rire, Stéphanie qui organise des lotos  incroyables, Caroline qui j’espère est en train d’écrire la suite des aventures de Cassandra, Gaël qui a craqué pour P&P signe qui ne trompe pas, Moustafette dont les choix et les humeurs me ravissent, Chiffonette, Caro(line), Lilly, et tellement d’autres que là on aurait pu dire que j’avais triché ! Alors que ce n’est vraiment pas, mais vraiment pas mon genre…

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Pif 1er – the cadeau

C’était en janvier dernier, janvier… autant dire une vie ! J’avais imprudemment décidé de me lancer dans l’aventure PIF, trois cadeaux maison à fabriquer et autant à recevoir…
Et devinez quoi, aujourd’hui mon premier PIF est arrivé : une très magnifique écharpe rose toute douce sur laquelle mamzelle milou, ma puce number two, a déjà jeté un regard calculateur (mais que nenni elle est à moi cette écharpe, je ne la donne pas, un prêt à la limite si vraiment il y a du mérite, des notes mirobolantes ou ce genre de chose).
C’est Mirontaine qui a eu la gentillesse et la patience de me confectionner ce si joli PIF et je l’en remercie 1000 fois.

Ce qui me rappelle que je dois mes Pif à Stéphanie, Chiffonnette et Rennette et qu’il serait plus que temps que je m’y mette. (Plus que 3 mois, grand Tolkien aidez-moi !)
Publié dans riens | 20 commentaires

Un lieu incertain

Quand on traverse une panne de lecture de dimension abyssale (abyssale pour moi s’entend) mieux vaut se replier en des terres connues, or justement j’avais le dernier Vargas qui me faisait de l’oeil. Certes j’ai promis de ne plus m’acheter de livre tant que ma pal comptera plus d’une vingtaine de livres mais il se trouve qu’on me l’a offert (merci maman) alors plus d’hésitation si quelqu’un peut me guérir ce doit être dame Fred…
Mission accomplie bien sûr ! Je l’ai ouvert et refermé le même jour après plusieurs heures d’apnée revivifiante. Inutile de vous raconter l’intrigue, elle est beaucoup trop tordue et puis certains aiment les surprises. Disons seulement que, comme à son habitude, Fred Vargas s’inspire, s’enroule, s’épanouit dans ces peurs oubliées dont nous nous moquons allègrement à la claire lumière de la raison mais qui continuent de nous fasciner dès que le jour baisse un tantinet. Bien sûr il est plus question ici des ravages que peuvent creuser ces vieilles croyances dans les esprits vulnérables que de leur accorder une réalité tangible, quoique…
Du cimetière londonien de Highgate où l’on croise les ombres de Dante (Gabriel Rossetti) et Elizabeth, aux sombres forêts de Serbie ou rôde dit-on un démon, en passant par un pavillon de banlieue parisienne où s’est déroulé le plus sanglant et le plus déroutant des massacres, Adamsberg (fidèle à lui-même) flanqué de ses inamovibles adjoints explore un de ces noirs souterrains qui relie les histoires d’antan aux folies d’aujourd’hui.

Certes j’aime les romans à énigme et de plus je suis une admiratrice de l’auteure, cela dit Un lieu incertain est un très bon cru qui en plus d’une intrigue bien retorse admirablement épicée d’un grain de folie historique creuse encore et toujours des personnages mouvants et complexes toujours étonnants et étrangement attachants dans leur fantaisie ordinaire. Chez Vargas, même les figurants sont intéressants, rencontre de bar, vieux voisin manchot, préhistorien liseur de terre ou même bastonneur peu repenti, tous recèlent une authentique part d’humanité qui avec le style enjoué et spirituel de l’auteure fait tout le charme de ses romans. Passionnant !

Un lieu incertain – Fred Vargas – 2008 – Vivianne Hamy
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