Questionnaire ou portrait chinois

Lamousmée nous en avait déjà donné un exemple il y a peu, mais je ne m’étais pas risquée à l’exercice, trop paresseuse. Seulement voilà, pour le Swap Scandinavie organisé par Kalistina et Flo, j’ai dû m’y coller, obligée ! Alors tant qu’à faire, je vous en fait profiter. Honnêtement, je ne pense pas que le fait de m’être attelée à la tâche à trois heures du matin ai notablement influencé mes réponses, mais les associations d’idées m’ont bien amusées quand même…


Si j’étais :

Un pays : la Chine
Un type de lieu : un jardin japonais ou un désert
Un plat : Sashimi
Une couleur : violet
Une collection : petites boîtes ou dragons
Une ville : Bruges
Un livre : Le seigneur des anneaux
Un film : Orgueil et préjugés ou Star wars
Une musique / chanson : Still loving you – Scorpion
Un animal : Dragon ou chat
Une boisson : Vin blanc pas trop sec (j’aime le thé aussi !)
Un héros / Une héroïne : Jean Grey (le phénix !!!)
Un sport : un art martial
Un loisir (autre que la lecture) : la peinture (la broderie aussi parfois)
Un vêtement : un jean bleu délavée ou une cape
Un paysage : Très champêtre vert et boisé ou aride désertique
Un bijou : une bague
Une fleur : une pivoine
Un des 4 éléments : le feu
Une odeur : Shalimar
Une maxime : « Ne soit pas un autre, si tu peux être toi même »
Un tableau : une aquarelle de Hugo Pratt, sinon école Hollandaise XVIIe sans doute
Un aliment : framboises ou cerises
Un tissu : soie
Un oiseau : une grue cendrée
Un dieu / Une déesse : Epona
Un son : le vent dans les bambou ou l’eau vive
Un poème : un haiku
Un siècle : le XIIIe pour l’intérêt, le XIXe pour la littérature, le XXe parce que j’en suis, le XXIe parce que c’est maintenant
Une voiture : Jaguar sans hésitation et sans alternative
Un accessoire vestimentaire : des Bottes
Une manie : me coucher tard
Un des 5 sens : le toucher
Une cause à défendre : toutes

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Soie

soie.jpg Ce minuscule opuscule (pour reprendre la terminologie de  Bmr&Mam) suscite un bel enthousiasme dans la blogosphère. Si peu de pages dont on dit tant de bien,  ce serait dommage de s’en priver me soufflait une petite voix, probable porte-parole d’une partie de mon cerveau avide d’une trève sur le front des lectures marathons.
– Soit, pensais-je au cours d’une visite bibliothesque, il est là. Je tente !

Merci petite voix et merci à tous ceux qui ont semé des coeurs rouges et battants sur leurs critiques car ce fut un délice.
Est-ce un roman, un poème ou même une chanson avec son refrain lancinant et attendu ? Difficile et peut être inutile de trancher.
De page en page, ce livre nous porte, nous entraine sur les traces d’un homme ordinaire, si représentatif de la bourgeoisie de la seconde moitié du XIXe. Pas d’imagination, peu de sensibilité, aucune aspiration. Doit-il partir au Japon pour sauver l’industrie de la soie dans son village ? Qu’à cela ne tienne, il y va, sans peur particulière ni frisson d’aucune sorte. Et même il le refait et le refait encore ce voyage interminable, par voie de terre jusqu’aux confins du monde. Toujours de retour un dimanche d’avril à temps pour la grand messe.
Chez lui, ce n’est pas le voyage qui importe c’est la destination. Et la destination n’est pas forcément un endroit, peut-être un rêve, un fantasme de son esprit trop rassi.

Une merveille vous dis-je, un style épuré, léger et évocateur comme une étole de soie naturelle. En quelques pages, quelques mots d’une poésie arachnéenne, Alessandro Baricco nous tisse une étoffe à sa façon, sensuelle, chatoyante, presque liquide dans sa douceur et sa force d’évocation. Que du Bonheur !

Bonus, ce roman contient une des plus belles lettres d’amour que j’ai  jamais lues !

Soie – Alessandro Baricco – Albin Michel – 2000 (120 pages) – Traduit de l’Italien par Françoise Brun (existe en Folio)

L’avis de bmr&mam, Allie, Papillon, Lilly, Céline, Au bonheur des livres, Essel, Bluegrey, si j’en oublie dites le moi…

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Neverwhere

neverwhere.jpg Londres est une ville monstre, une fusion désordonnée de villes plus petites, à laquelle l’élégant plan du métro confère une unité superficielle. Et si tous les noms bizarres des quartiers de Londres recouvraient une autre réalité ? “Recouvraient” au sens propre, puisqu’il existe une Londres en-dessous de Londres, une ville parallèle, habitée par les laissés pour compte, les marginaux, les magiciens, qui nous sont devenus invisibles ? Pour avoir écouté son instinct et avoir sauvé Porte, une étrange jeune fille couchée en sang sur le trottoir, Richard Mayhew va voir son existence basculer dans un univers dont il ne soupçonnait pas l’existence, découvrir la magie secrète de la Londres d’En-bas et rencontrer ses habitants, fabuleux ou terrifiants : le marquis de Carabas, l’ange Islington, Mr Croup et Mr Vandemar, assassins à gages, et la Grande Bête de Londres qui, depuis des siècles, patiente au fond de son labyrinthe oublié.”

11-10-98 la dedicace du traducteur

Avez-vous déjà eu l’impression qu’un instant fugace vu du coin de l’oeil venait de vous échapper, aussitôt vu aussitôt oublié ? Si oui, peut-être avez-vous croisé un de ceux d’en bas…
Une fois n’est pas coutume, je prends la liberté de recopier cette dédicace qui me semble un excellent aperçu de Neverwhere. Fable, conte fantastique ou fantasy urbaine, peu importe l’étiquette, le livre est là, inclassable, savoureux, irratontable : du Gailman quoi !

Il s’empare ici du Londres underground, celui du plan de métro mais aussi des vestiges urbains, impasses qui ne mènent nulle part, canalisations oubliées, batiments abandonnés depuis qui sait quand, et en fait son terrain de jeu. Il cré ainsi un univers à la fois étrange et familier avec son histoire, son mode de vie figé quelquepart au XVIIIe siècle, sa magie, ses dangers, son aristocratie, sa crasse, ses intrigues, sa géographie enfin, connue mais toujours surprenante.
Le nouveau venu doit apprendre à se méfier des noms de lieu et peut être même des noms de personne, earl’s court abrite bien un comte, un ange se dissimule au coeur de la ville, une jeune fille ouvre des portes là où il n’en existe pas et tous les mythes ont rendez-vous dans ces pages pour y faire la fête. Sans parler du marché qui apparait chaque fois à un nouvel endroit, des rats qui communiquent avec, et peut-être dirigent, les humains, des égorgeurs toujours avides de contrats saignants, de ressuscités et autres vampires au détour des chemins.
Des personnages forts, un monde foisonnant, de l’inventivité à revendre, un humour aussi omniprésent que cruel : une petite merveille à déguster toute affaire cessante ! Vous jetterez un autre regard à l’avenir sur les coins sombres et les ruines urbaines…


Neverwhere – Neil Gailman – 1998 – J’ai lu 2001 traduit de l’anglais par Patrick Marcel

Les avis enthousiastes de Passion des livres et de Gachucha,
Ceux moins convaincus de Hydromielle et Sandra

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Swap thé, prêt à déguster…

Comme beaucoup de blogueurs-swapeurs, ces temps-ci je garde un oeil sur ma boîte aux lettres. Chaque soir, je me précipite, à peine sortie de la voiture, pour vérifier si, par hasard, un paquet, un avis, enfin quelquechose m’attendrait dans cette fameuse boîte.
Seulement aujourd’hui, la journée fut pénible, fatigante, ralante… Au bord de l’extinction de voix, j’arrivai donc ce soir d’une humeur disons médiocre et peu disposée à croire que quoique ce soit de bon pouvait encore sauver la journée. Grossière erreur, car qu’ai-je découvert plaisamment déposée au beau milieu des factures ? Un mystérieux paquet carré en provenance directe d’Alsace… je ne connais personne en Alsace donc… donc c’est mon swap… Sourire jusqu’aux oreilles, découpage sauvage de la pauvre boîte et… tadam…
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De quoi passer un très bon après-midi me dit Noisette. Ô combien ! Du thé Montagne bleue que je rêve de goûter depuis un bon moment déjà, “Le bizarre incident du chien…” de Mark Haddon qui est dans ma lal depuis des mois et un paquet de coeurs de pain d’épices alsaciens…. plus une très gentille lettre… Autant dire que je suis ravie ! Merci Noisette et bien sûr merci Loutarwen d’avoir organisé ce super swapthé.
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Le temple

Au pied du temple les eaux immobiles sourient.

Au flanc de la montagne le pavillon lointain s’afflige.

Au dessus du mur bleu un nuage au gré du vent s’effile.

A l’abri du soleil les érables touffus se pressent.

La veranda entoure une douce solitude.

Canards et hérons s’envolent dans le soir attristé.


Autour de ce gazon les dieux assemblés

Attendent que la nuit jusqu’à leurs fronts s’élève.

 
Thou Fou (Du Fu – 715-774)

Découvert chez Pascal le bibliomane…

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Northanger Abbey

Northanger Abbey est un des trois romans que Jane Austen a rédigés entre 20 et 25 ans. C’est donc la fin du XVIIIe siècle qui s’anime sous nos yeux.
Le personnage principal est encore une fois une jeune fille mais son extrème jeunesse et sa candeur sont bien plus au coeur de l’intrigue que sa personnalité encore mal définie.
Catherine Morland, deuxième fille d’une nombreuse fratrie, se voit offrir la perspective d’un séjour à Bath, ville très à la mode, en compagnie de riches amis. Pour une jeune personne de 17 ans issue d’une famille aux moyens relativement réduits, c’est une occasion inespérée de voyager et de se faire des relations. Très vite cependant de multiples pièges vont s’ouvrir sous ses pas, son extrème naiveté en faisant une proie facile qui inspire au demeurant plus le rire que la compassion… car réellement, de faux amis en soupirant aussi  insupportable que malavisé, de relations intéressées en mauvais conseils, elle ne voit rien, n’entend rien et ne comprend pas grand chose… Heureusement son honnêteté foncière et sa franchise rachètent un peu le tout et lui permettent de se sortir finalement plutôt bien de cette expérience hasardeuse.
Jane Austen aimait bien les fins heureuses c’est un fait mais cette charmante satire lui permet d’effleurer en passant quelqu’unes de contraintes voire des dangers qui guettaient les femmes de l’époque.
Cette adolescente sans la moindre expérience se retrouve en quelques sorte jetée en pâture aux lions. Certes ce sont des lions policés bien vêtus et parlant un anglais chatié mais ce n’en sont pas moins des prédateurs à l’affût, chassant pour leur propre compte et attentifs à leurs seuls intérêts. Et certaines décisions, certaines erreurs peuvent engager une vie tout entière.
L’autre aspect réjouissant de ce roman est la façon dont Jane Austen traite du romantisme gothique. L’imagination de Catherine, enfiévrée par ses lectures, s’emballe dès qu’il est question de vieilles pierres, châteaux évidemment hantés ou abbayes forcément mystérieuses. Elle en arrive à se forger les idées les plus saugrenues, les plus prévisibles, mais si sauvagement romantiques…
Après avoir vertueusement rappelé qu’un auteur comme elle ne saurait se moquer des lecteurs de romans, miss Austen épingle avec jubilation les clichés chers aux amateurs de gothique… et comme elle devait les connaitre à fond, ces romans, pour si bien viser.
Encore une fois un livre délicieux, apparemment léger et vraiment drôle mais à l’ironie mordante sous la dentelle. J’adore !

L’avis de Lilly

Pour mémoire, les critiques des autres oeuvres de Jane Austen dont j’ai déjà parlé ici :
Orgueil et préjugés
Raison et sentiments
Persuasion

Northangey abbey – Jane Austen – 1818 – 10/18

Publié dans roman britanique | 32 commentaires

Mer d’encre

merd-encre.jpg Dans ce tout petit livre au style limpide, Richard Weihe brosse un portrait tout en finesse du peintre Bada Shanren, prince Ming devenu maître du “grand noir” sous la jeune dynastie Mandchoue.
Comme
une série d’épures à l’encre de chine, de brefs chapitre dessinent les étapes de la vie de cet homme en marge. Prince érudit promis à un avenir brillant, fugitif, moine bouddhiste, fondateur du monastère du Nuage vert, vagabond, considéré comme fou, adepte du non agir de l’école chan (zen en japonais), le jeune Chu Ta prendra bien des noms au cours de sa longue quête spirituelle matérialisée par ses dessins à l’encre.
Il nous reste de lui quelques 179 peintures auxquels l’auteur a décidé de donner ici la parole, redonnant vie, pour un bref instant, à L’homme sur la montagne des huit directions du ciel.
L’esprit du chan en quelques mots d’une  poétique simplicité. Apaisant !

Mer d’encre – Richard Weihe – 2003 – Picquier poche 2006 – Traduit de l’allemand par Johannes Honigmann

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L’avis (enthousiaste) de Bmr.

Publié dans roman suisse | 24 commentaires

Et un colis, un…

Le swap thé et littérature de Loutarwen est maintenant bien en route. Il était donc temps d’envoyer le colis ! Ce fameux paquet qui concentre toutes les questions tordues du genre : Est-ce que j’ai bien choisi ? Est-ce que j’ai oublié quelquechose d’essentiel ? Et si il ou elle n’aimait pas ? Enfin ce genre de questions… Trop tard maintenant, le reste appartient à la poste. Bonne route !

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Et pour savoir quoi et à qui ? il faudra patienter quelques jours de plus…

Publié dans Swaps | 28 commentaires

Exil sur planète fantôme

En ce temps-là nos fleurs
Vendaient leur viande aux chiens
Et nous habitions tous de sordides tripots
Avec des aiguillages pour nos petits matins
Quand le beau macadam nous traitait de salauds
Nous traitait de salauds
Nous vivions nos vertiges dans des vibrations folles
Et gerbions nos enzymes en nous gueulant moteur
Mais entre deux voyages, entre deux verres d’alcool
Nous n’avions pas le temps de décompter nos heures
De décompter nos heures
Nous étions les danseurs d’un monde à l’agonie
En même temps que fantômes
Conscients d’être mort-nés
Nous étions fossoyeurs d’un monde à l’agonie

En ce temps-là le rien s’appelait quotidien
Et nous allions pointer dans les jobs interdits
Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums
Dans les dédales obscurs où plane la folie
Où plane la folie
Et nous avions des gueules à briser les miroirs
A ne montrer nos yeux que dans le contre-jour
Mais entre deux délires, entre deux idées noires
Nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours
Nous vivions à rebours
Nous étions les danseurs d’un monde à l’agonie
En même temps que fantômes
Conscients d’être mort-nés
Nous étions fossoyeurs d’un monde à l’agonie

En ce temps-là les gens s’appelaient citoyens
Nous, nous étions mutants, nous étions androgynes
Aujourd’hui la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide
A rater mon suicide
Mais je veux vivre encore plus ivre de cramé
Je veux ronger le mal jusque dans ses recoins
J’ai traîné mes vingt siècles d’inutilité
Je n’ai plus rien à perdre, mais j’en veux pour ma fin
J’en veux pour ma faim

Hubert-Félix Thiéfaine

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HFT (Hubert-Félix Thiéfaine)

C’est malin cette histoire de Crossover, pour un peu cela m’empècherait de dormir… Mais qu’est-ce que le Crossover… un challenge lancé par Thom proposant que les blogueurs littéraires écrivent un article à thème musical et les blogueurs musicaux un article sur un livre de leur choix. On se croise en somme !!! Une idée superbe mais aussi une torture en ce qui me concerne. Pourtant je participe quand même, allez comprendre !

hft2.jpeg Je n’ai pas cherché l’inspiration, c’était évident. J’ai choisi mon préféré entre tous depuis toujours : Hubert-Félix Thiéfaine. C’était un coup de foudre à l’origine et les coups de foudre à l’adolescence c’est ravageur. Je l’ai connu au lycée, HFT, à un moment ou ce n’était pas si facile de trouver des musiques rock sur des textes à rêver. Du moins en français et j’ai un mal fou à comprendre les textes anglais chantés.

Bien cela étant dit qu’est ce que je vais bien pouvoir vous raconter à son sujet. C’est un auteur compositeur interprète bien qu’il ait pas mal travaillé avec d’autres compositeurs. Il doit frôler la soixantaine, chante depuis la fin des sixties, a publié 14 albums en studio (on dit publier ?), on l’entend peu sur les médias mais ses concerts sont archipleins ! Voilà pour les généralités.

La première chose qui m’a frappé en l’écoutant, c’est sa voix je pense… Une voix grave et trainante à la diction précise et sonore qui fait claquer les mots les plus étranges, les plus inattendus.

Ses textes, ensuite. C’est un auteur sombre, son univers est torturé, pessimiste, partant des obsessions de sa génération au début de sa carrière pour s’enfoncer dans un no futur limite punk, avec des accès d’humour plutôt grinçant. Le tout dans une langue étonnament riche, mariant les mots les plus incongrus, truffée de références cinématographiques, littéraires ou musicale. ( L’affaire Rimbaud ) J’ai d’ailleurs essayé d’imposer un de ses textes sur ma liste de français au Bac mais j’ai essuyé un refus sans appel ! pfff ! C’était exil sur planète fantôme, c’est vous dire s’ils ont eu tort.

soleil.jpg La musique enfin, et ce sera le plus difficile pour moi, Je suis d’abord tombé sur Soleil cherche futur, des textes bien déjantés sur une musique carrément rock. Une révélation ! Ses mélodies obsédantes m’obligeait à écouter des textes plus noirs tu meurs, les dinques et les paumés c’était (c’est toujours) limite hypnotique.
Je l’ai vu en concert et là j’ai définitivement craqué. Je ne connaissais pas le quart de la moitié des chansons mais j’avais l’impression de recevoir sa voix et sa musique en perfusion.
C’est un concert où je n’ai pratiquement pas bougé, complètement à l’ouest. J’ai vu pas mal de concerts de lui depuis et c’est récurrent. A part les moments mystico-nostalgique où tout le monde chante, je ne bouge pas, je suis quelquepart dans l’astral 
tout-corps.jpg j’ai donc commencé à collectionner ses disques,  les trois premiers plus folk voire carrément folkloriques (sa variation sur les filles de la Rochelles c’est quand même spécial ) qui se teinte de blues dans l’album Autorisation de délirer pour carrément virer rock limite psychédelic dans sa période faste Soleil cherche futur, Dernières balises avant mutation  , Alambic sortie sud et Meteo für nada, ceux que j’ai le plus écoutés.
Je ne vais pas vous citer les 14 albums, de toute façon, je ne saurais pas qualifier les changements perceptibles dans le son de ses albums, mais l’inspiration reste noire, décalée, dérangeante, parfois drôle, quasi cyberpunk et la musique suit, noire elle aussi, toujours à base rock, sa voix aussi obsédante. derni--res-balises.jpg
Une obsession qui se passe de bouche de maniaque à oreille de disciple. A Montréal une année, il y avait un concert gratuit dans une école excentrée (un truc incroyable). Cela faisait déjà un bout de temps que je bassinais tout le monde avec mon éternel HFT que personne ne connaissait. Alors certes l’assistance était réduite, 200 personnes peut être, mais j’ai pu vérifier que j’avais fait du bon boulot question relation publique… je connaissais les trois-quart de la salle.
Plus tard, en emménageant avec mon Amour, j’ai découvert que nous aurions désormais tous les vinyles du trublion en double (et même triple suite à des récupérations sauvages), depuis on s’est racheté presque tous les CD, parce qu’en vinyle quand même ! Mais cela nous est arrivé de les ressortir pour faire écouter des chansons particulièrement schpricht aux enfant (la cancoillote !).
scandale.jpeg Bon j’en termine avec les albums que j’écoute le plus ces derniers temps (ça change régulièrement), Scandale mélancolique le dernier, Chroniques bluesymentales, certainement pas le meilleur album mais je l’aime bien, et l’album live de Bercy, concert donné en 1998 pour ses 30 ans de carrière. Même qu’on m’entend sur ce dernier. D’accord je n’étais pas toute seule à chanter, d’ailleurs je n’étais doublement pas seule car mon Titou encore incorporé y était avec moi, Thiefaine d
ès le stade foetale, ça c’est de l’éducation !

Et pour clore ce désastre, je crois que c’est Ferré qui parle le mieux de HFT alors cédons la place :

Il vint alors, Hubert-Félix, débordant de tendresse, parlant, chantant et donnant au verbe une pathétique présence : c’était un oiseau vainqueur, les cigales sous les ailes, la musique se révélant soudain comme l’inédit de la folie, quand la folie devient maîtresse et que plus rien ne l’arrête.

Le voilà, Hubert-Félix, le silence en bandoulière et Leonardo dans les mirettes. Dans la salle pleuraient les loups déchaînés. Les louves tendaient les bras vers ce lac de lumière où la musique se teint en rouge avant de disparaître. Les mots d’Hubert-Félix emportent tout vers l’inconnu, vers la tendresse aussi, quand la tendresse lui prend la main.

A tout de suite, Hubert !

Léo Ferré

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