Le braconnier du lac perdu

De retour sur son île natale après avoir dit adieu à la police, Finn Mcleod accepte un poste de garde pêche en chef sur le domaine, vaste exploitation qui possède la plus grande partie des terres de Lewis. Si son objectif principal est la chasse aux braconniers « industriels » qui dévastent les réserves de l’île, son propriétaire aimerait bien qu’il mette aussi au pas les « préleveurs » locaux et notamment Whistler – le pire de tous – qui se trouve être un ami d’enfance de Finn. Au cours d’une rencontre nocturne, tempétueuse et dévastatrice comme seule l’Ecosse sait les ménager, tous deux tombent sur l’épave d’un petit avion abritant le corps d’une star du rock celtique disparu vingt ans plus tôt. Seulement l’avion est intact et le corps montre des signes de meurtre, et cela change tout…

Ce troisième roman de la trilogie écossaise de Peter May est l’occasion d’une nouvelle plongée dans le passé de Finn, celui de son adolescence précisément, lorsqu’il était roadie pour un petit groupe de rock de Lewis qui allait conquérir le monde. Et là je suis assez d’accord avec Cryssilda, la façon dont l’auteur raccorde ses romans entre eux est un tantinet tiré par les cheveux et l’articulation entre l’enfance de Finn dans l’île des chasseurs d’oiseaux et son adolescence dans celui-ci n’est pas des plus transparentes.

Mais passé ce bémol, je me suis comme d’habitude régalée avec ce polar écossais qui est avant tout une déclaration d’amour à l’île de Lewis et l’occasion d’explorer ses paysages torturés et venteux. Mais il y a plus car les personnages de May sont plus attachants et profonds qu’il n’y parait et leur relation avec leur île, tiraillée entre amour et haine, est fascinante à observer. Peut-être Peter May – lui-même installé dans le sud de la France – a-t-il mis pas mal de lui-même dans ces aspirations contradictoires et contrariées, quoiqu’il en soit elles sonnent juste et donnent un relief particulier à ce qui pourrait être une histoire policière assez classique. Cette atmosphère et ces personnages associés à l’écriture fluide de l’auteur font de ce roman un excellent moment de lecture, fort bien construit dans ces alternances entre passé et présent, avec à la clé quelques plaisants questionnements sur le groupe de rock qui a bien pu lui inspirer cette histoire. Ecossais !

Le braconnier du lac perdu – Peter May – Le Rouergue – 2012 – traduit de l’anglais (mais non publié encore dans cette langue) par Jean-René Dastugue

L’avis de Cryssilda que je remercie quarante douze mille fois pour m’avoir fait connaitre cette trilogie et m’avoir prêté ce livre ci que j’attendais en trépignant littéralement

PS : Mention spéciale au final qui m’a personnellement beaucoup touché et qui d’une certaine façon donne au moins une des clés expliquant les relations entre les habitants et leur île natale.

PPS : je vous ai dit que j’étais allé spécialement contempler les figurines de Lewis au British Museum ? 

Dans les épisodes précédents:

L’ile des chasseurs d’oiseaux

L’homme de Lewis

 

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14 réponses à Le braconnier du lac perdu

  1. Ton commentaire m’a donné envie de lire ce roman, j’avais lu par hasard L’Homme de Lewis et je ne savais même pas qu’il s’agissait d’une trilogie. Merci pour l’info.

  2. TLe Papou dit :

    Il y en a une qui présente une courte liste de Noël, ce livre là est dans la mienne mais ma liste est beaucoup plus longue. En veux-tu une copie ?

     

    Le Papou

  3. Lou dit :

     

    D’accord pour les pêcheurs écossais, je me réservé les chasseurs lapons, ça va saigner sur Lib avant la Noël.

    Je retiens le titre, j’aime beaucoup ces polars venus d’ailleurs. Chez nous, il y a l’éditeur BFMtv qui publie chaque jour des morts à Marseille, à Paris, et même à Brie-Comte-Robert. Toujours le même scénario !

     

  4. Tu me tentes, même si je n’ai pas lu les premiers.

  5. Au fait, tu as une réponse pour le grouppe de rock ? C’est quand même pas « wet wet wet » ?!

  6. Titine dit :

    Je l’ai bien entendu acheté puisque j’ai adoré les deux premiers mais je ne l’ai pas encore ouvert…pourtant je trépignais comme toi ! Et j’adore l’échiquier de l’île de Lewis au British, j’ai pris 50 000 photos !!

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