Manazuru

manazuru,M70886Depuis que son mari a disparu sans laisser de trace douze ans plus tôt, Kei s’est reconstruit une vie entre son travail et la famille qu’elle forme désormais avec sa mère et sa fille, aujourd’hui adolescente. Pourtant, malgré les années passées, l’absent la hante toujours, les questions restées sans réponses minent sa vie et le temps qui passe et modifie sa relation avec sa fille ne fait que renforcer son trouble et ses incertitudes. Dans le journal de son mari, découvert après sa disparition, un nom apparait sans raison apparente, Manazuru, une petite station balnéaire de la mer intérieure. Sur un coup de tête, Kei monte dans un train pour la côte…
J’aime beaucoup Kawakami Hiromi pourtant je dois dire que ce roman est des plus singuliers et certainement difficile à aborder. L’errance de Kei – tant intérieure que physique, se fond en un camaïeu de quotidien, de détresse psychologique et de fantasmagorie dont on ne sait bien ce qui relève du fantastique voire de l’ésotérisme de ce qui pourrait bien être un pur délire hallucinatoire, symptôme d’une dépression sans cesse refoulée et toujours renaissante. L’écriture est délicate, pleinement évocatrice comme toujours avec cette auteure, les rapports mères filles et leurs effets sur la personnalité éparpillée de Kei sont fort bien rendus mais il faut accepter de se laisser porter par une écriture sans vrai fil conducteur, qui s’égare à loisir dans les méandres d’un esprit perturbé. Déroutant !
Manazuru – Kawakami Hiromi – traduit du japonais par Elizabeth Suetsugu – Picquier 2009
PS : Pour ceux qui ne connaissent pas encore l’auteure, je ne saurais trop vous conseiller de commencer par Les années douces, un de mes romans préférés de tous les temps…
De la même auteure et déjà chroniqués dans ses pages donc :
les années douces (vous ai-je dit que c’était un de mes romans préférés) (adapté depuis en BD par le grand Taniguchi, je recommande)
La Brocante Nakano

 

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8 réponses à Manazuru

  1. Je ne connais pas la littérature japonaise contemporaine. Ce que tu en dis est encourageant – je n’aurai pas de tes pudeurs « singulières » et « difficiles », c’est justement ce qui me plaît.
    Cette littérature, au moins ce livre, paraît bien européen. Qu’en dis-tu ?

    • yueyin dit :

      je ne suis pas sûre, ne serait-ce que parce que les frontières entre réalité et fantastique ne sont jamais fermement tracées 🙂 j’aime bien me perdre dans cette écriture mais les années douces est plus abouti il me semble 🙂 après… elle est charmante 🙂

  2. N’étant déjà pas très friande de littérature japonaise, ce n’est clairement pas pour moi !

  3. Je note plutôt les années douces, dans ce cas. Toujours pas lu La brocante Nakano.

  4. Je ne connais pas mais je dois dire que c’est plutôt tentant !!

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