Prenez soin du chien

undefined Dans la rue de la Doulce-Belette deux immeubles se font face. Particularité commune : des stores défectueux qui empêchent tout un chacun de se calfeutrer tranquillement chez lui.
C’est bien ennuyeux pour l’auteur de roman feuilleton,
Max Corneloup, persuadé que son vis-à-vis Eugène Fluche l’espionne et le harcèle.
C’est bien ennuyeux pour ledit Eugène Fluche, peintre sur coquille d’oeuf, persuadé que son vis-à-vis Max Corneloup l’espionne et le harcèle…
Leurs journaux intimes relatent l’escalade de cette infernale intrusion dans leur vie privée et à travers ces récit les deux immeubles prennent vie avec entre autres points communs une surprenante collection de locataires bizaroïdes. Jusqu’à ce qu’un chien disparaisse et que le premier cadavre apparaisse…

Ce petit roman loufoque et acide nous entraine dans un tourbillon d’une étonnante drôlerie, d’un simple malaise de voisinage à un polar teinté d’absurde pour aboutir à un surprenant dénouement en forme d’apothéose. Le tout dans un langage réjouissant fait de morceaux de journaux intimes, de lettres des protagonistes, d’extrait de leurs oeuvres radiophoniques ou cinématographiques…  Un vrai mécanisme d’horlogerie aussi efficace qu’hilarant !
Lu dans le cadre du challenge defiRose2et merci ALaure pour ce prêt réjouissant

Prenez soin du chien –  J.M. Erre – Buchet Castel  – 2006
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Pour faire le portrait d’un oiseau

Les poésies de Tristan au CE2

Peindre d’abord une cage

avec une porte ouverte

peindre ensuite

quelque chose de joli

quelque chose de simple

quelque chose de beau

quelque chose d’utile

pour l’oiseau

placer ensuite la toile contre un arbre

dans un jardin

dans un bois

ou dans une forêt

se cacher derrière l’arbre

sans rien dire

sans bouger…

Parfois l’oiseau arrive vite

mais il peut aussi mettre de longues années

avant de se décider

Ne pas se décourager

attendre

attendre s’il le faut pendant des années

la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau

n’ayant aucun rapport

avec la réussite du tableau

Quand l’oiseau arrive

s’il arrive

observer le plus profond silence

attendre que l’oiseau entre dans la cage

et quand il est entré

fermer doucement la porte avec le pinceau

puis

effacer un à un tous les barreaux

en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau

Faire ensuite le portrait de l’arbre

en choisissant la plus belle de ses branches

pour l’oiseau

peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

la poussière du soleil

et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été

et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter

Si l’oiseau ne chante pas

C’est mauvais signe

signe que le tableau est mauvais

mais s’il chante c’est bon signe

signe que vous pouvez signer

Alors vous arrachez tout doucement

une des plumes de l’oiseau

et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jasques Prévert – Paroles

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Le dernier homme

undefined Depuis l’odyssée de Pénélope, j’avais très envie de tenter autre chose de Margareth Atwood. Par la grâce de la bibliothèque mon choix, si l’on peut dire, s’est porté sur Le dernier homme et je dois dire… merci la bibliothèque ! Quel roman !
“Sur la plage blanche tout en coraux pulvérisés et ossements brisés, certains des enfants se promènent. Ils ont dû se baigner, ils sont encore mouillés, la peau luisante. Ils devraient se montrer plus prudents : allez savoir ce qui peut infester le lagon ! Mais ils n’ont pas une once de méfiance ; contrairement à Snowman qui n’y tremperait pas un orteil, même de nuit quand le soleil ne risque pas de l’agresser. Rectification : surtout la nuit

Snowman est le dernier homme, depuis longtemps maintenant. Du moins il le pense mais il n’a pas vraiment de certitude, l’idée de mesurer le temps s’est évanouie avec beaucoup d’autres. Les crackers ne mesurent pas, ils vivent. Les Crackers ! Crack ne les appelait pas comme ça mais quel autre nom leur donner, pas humains tout de même ?

Né dans un monde déjà largement contaminé écologiquement et politiquement, Snowman a tout vu, tout vécu en temps réel et il se souvient, tout en survivant au jour le jour confronté aux abbérations survivantes d’un univers disparu, le sien… Oui il a tout vu, en fait on pourrait même dire qu’il était aux premières loges si une telle expression avait encore un sens.

Quand j’étais ado, j’étais une inconditionnelle des romans postapocalyptiques. Mes préférés étaient Fausse aurore de Chelsa Quinn Yarbro (traduit par Elizabeth Vonarburg excusez du peu !) et Les prédateurs enjolivés de Pierre Christin. La fin du monde version atroce. Catastrophe écologique, retombées nocives, contaminations chimiques, mutations anarchiques… Je devais aimer me faire peur et puis c’était dans l’air du temps. Je pensais que le goût m’en était définitivement passé pourtant dans ce dernier homme j’ai retrouvé la même fascination qu’autrefois et je vais vous dire ce qui fait le plus frémir, au delà du style lumineux, de l’humour corrosif et de la maîtrise narrative de Margareth Atwood (j’ai déjà acheté le prochain, quel écrivain !) c’est que c’est tellement vraisemblable que ça a déjà commencé. No futur !

Le dernier homme – Margaret Atwood – 2003 – Traduit de l’anglais (Canada) par Michèle Albaret-Maatsch – Robert Laffont 2005

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Thé-o-thèque

Puisque c’est de saison, inspirée par flo et encouragée par l’exemple d’autres amateurs de thé (Soïwatter, Loutarwen, Katell, Claire-jeanne, Anjelica, Vanessa, Loula 1 et 2) j’ai compilé (non sans mal) ma collection de thés du moment… Beaucoup ? oui un peu mais en fait pas encore assez, ainsi je me rends compte que je n’ai pratiquement pas de thé nature, honte à moi ! Enfin, pour ceux qui n’aiment pas le thé, je peux aussi proposer du café (caféthèque ?) ou même du Whisky (whiskythèque ?), en toute chose l’important c’est d’avoir le choix…

Thé noir :

Thé de noël n°15 (Compagnie coloniale) : Ceylan, cerise, amande, gingembre, fleurs

Thé de noël mystère (reçu de Delphine) : vanillé, épicé ?

Thé de pâques : chocolat, mimosa, orange, coque de lait (rupture de stock)

Thé caramel fleuri : caramel et pétales de fleurs jaunes

Thé des amants (Palais des thés) : pomme, amande, cannelle, vanille, gingembre (rupture de stock)

Pleine lune (Mariage frères) : miel, amande, épices rares, fruits

2007 (Fauchon) : mélange chine ceylan, chocolat, amande, fraise des bois, citron vert, jasmin, bleuet rose

Thé des créations (Fauchon) : mélange chine ceylan, agrumes, vanille, lavande, pointes blanches

Réglisse (reçu de Flo)

Montagne bleue (Palais des thés/reçu de Noisette) : miel, lavande, fraise, bleuet, rhubarbe.

Lotus bleu (Cha yuan) : miel, lavande, bleuet, fraise

Ecrivains anglais (échantillon de Flo) : caramel, crème, vanille.

Thé des moines (Palais des thés/échantillon de Flo) : dominante florale

Inédit (reçu de Tina) : épicé, odeur de girofle

Thés des magiciens (Lotus): vanille, fruits tropicaux (très fruité)

Darjeeling 7 agrumes (Palais des thés) : citron, citron vert, orange douce, orange amère, pamplemousse, bergamotte, mandarine

Earl blue diamand (Gaia/offert par Choupy) bergamote jasmin bleuet

Keemun Congou (Compagnie coloniale?/offert par Anjelica) thé légèrement fumé

Pina colada (compagnie coloniale?/offert par anjelica) arôme très fruité, ananas et autre chose

Magie irlandaise (comptoir irlandais/échantillon offert par anjelica) : fruits rouges

Lotus blanc (échantillon offert par anjelica) : fleuri

Cigale : (échantillon offert par Katell) (rupture de stock)

Thé vert :

Montagne de Jade (Mariages frères/reçu de Flo) : fruits du triangle d’or ?

Hamman (Palais des thés) : thé vert de chine, pulpe de datte verte, fleur d’oranger, pétales de rose, fruits rouges

Thé vert de noël (lotus): orange, amande, cannelle, cardamone, (autres épices ?), mini meringues.

Fleur de Geisha (Palais des thés) : thé vert du japon, fleurs de cerisier

Gin fizz  : Sencha, gingembre, citron

Thé des sables (Palais des thés): thé vert de chine, pétales de rose, mangue, pêches jaunes, agrume

Marco polo (Mariages/offert par Flo) :

Thé blanc

Paradesia (bonthés/reçu de Delphine) : pétales de roses, litchee, mangue

Pai mu dan (échantillon de Flo) : bourgeons argentés, Souchong, premières et deuxièmes feuilles, tiges.

Thé Oolong (bleu-vert semi fermenté, se transcrit également wu long) :

Orchidées (Cha yuan)

Châtaignes

Figues (Compagnie coloniale/offert par Anjelica)

Thé rouge (rooibos) :

Sur le Nil (bonsthés/reçu de Delphine) : grenade, figue, datte verte, fleurs

Mélange du cap (Palais des thés) : éclats de cacao, vanille

 

 

Publié dans théothèque | 55 commentaires

Ballade des proverbes

La lecture commune du club des blogueuses pour le 1er mars était Je, François Villon de Jean Teulé (tous les liens sont chez Sylire) mais je l’avais déjà lu, aimé et commenté ici, d’un autre côté c’est le printemps des poètes, alors hommage à François…

Tant gratte chèvre que mal gît,
Tant va le pot à l’eau qu’il brise,
Tant chauffe-on le fer qu’il rougit,
Tant le maille-on qu’il se débrise,
Tant vaut l’homme comme on le prise,
Tant s’élogne-il qu’il n’en souvient,
Tant mauvais est qu’on le déprise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Tant parle-on qu’on se contredit,
Tant vaut bon bruit que grâce acquise,
Tant promet-on qu’on s’en dédit,
Tant prie-on que chose est acquise,
Tant plus est chère et plus est quise,
Tant la quiert-on qu’on y parvient,
Tant plus commune et moins requise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Tant aime-on chien qu’on le nourrit,
Tant court chanson qu’elle est apprise,
Tant garde-on fruit qu’il se pourrit,
Tant bat-on place qu’elle est prise,
Tant tarde-on que faut l’entreprise,
Tant se hâte-on que mal advient,
Tant embrasse-on que chet la prise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Tant raille-on que plus on n’en rit,
Tant dépent-on qu’on n’a chemise,
Tant est-on franc que tout y frit,
Tant vaut “Tiens !” que chose promise,
Tant aime-on Dieu qu’on fuit l’Eglise,
Tant donne-on qu’emprunter convient,
Tant tourne vent qu’il chet en bise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Prince, tant vit fol qu’il s’avise,
Tant va-il qu’après il revient,
Tant le mate-on qu’il se ravise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

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Les beaux dimanches

duru.jpg Habituellement je n’aime pas beaucoup les nouvelles. C’est ridicule j’en conviens mais leur lecture me frustre. Elles me laissent toujours un goût d’inachevé ! D’un autre côté, j’ai adoré certains opuscules minuscules qui n’étaient au fond rien d’autres que des nouvelles mais un recueil non vraiment ! Enfin tout ça pour dire que, ayant conscience de l’illogisme de mon ressenti (et ayant plusieurs recueils de nouvelles en attente dans ma PAL), je me suis laissé séduire par la critique enthousiaste que Fashion a fait des beaux Dimanches de Magali Duru. Et tadam… j’ai eu raison

Rien d’inachevé dans ces onze nouvelles si courtes soient-elles ! Parfaitement maitrisées, elles vous conduisent en douceur, parfois en horreur, tout droit là où l’auteur veut vous emmener. Pas un mot de trop, pas un mot ne manque ! Net et sans bavure… Epoustouflée, on en commence vite une autre pour voir : rien à voir avec la précédente, autre continent, autre époque, aucun rapport et toujours le même enchantement…. Ce n’est peut être pas un miracle mais certainement une révélation. Je me déclare officiellment réconciliée avec les nouvelles (J’ai un nouveau recueil en route d’ailleurs, de Emmauelle Urien cette fois).

La première nouvelle le maitre du Kanji est d’une limpidité qui relève de l’épure, la suivante les sables bleus me ramène dans un Toulouse que je reconnais à chaque page… ou presque. Et ainsi de suite… je ne saurais dire laquelle est ma préférée, cela a changé plusieurs fois en cours de lecture. De toute façon le style ciselé, tranquille, lumineux de l’auteur m’a accroché à chaque fois. Et je ne regarderai plus jamais un bouquet de muguet de la même façon, pourtant c’est une de mes fleurs préférées, j’en frissonne. Superbe !

Les avis (enchantés) de Flo, Cuné, Fashion , George Fli’po

Les beaux dimanches est un , il vogue pour l’instant vers Florinette.

Les beaux Dimanche – Magali Duru – Quatratures – 2007

Publié dans nouvelles | 28 commentaires

thés et délices : le swap

Lundi matin,  coup de sonnette, c’était Monsieur postman avec plein de paquets, deux commandes perso (des séries ben oui !) et un énorme paquet en provenance de Delphine qui me sembla dès le premier coup d’oeil beau, superbe, énorme, bref plein de promesses…

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Et j’avais entièrement raison, il était plein et archiplein,

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Vous aimeriez bien savoir ce qui se cachait là-dessous, j’imagine. Moi en tout cas je suis curieuse… alors je me suis précipitée…

pensez-donc… pas moins de trois thés différents :

Paradesia : un thé blanc parsemé de pétales de rose (absolument divin je vous le recommande)
Sur le nil : un thé rouge vanillé qui sent vraiment bon
Thé de noël : (un nouveau) thé noir épicé différent de ceux que j’avais déjà goûtés (il m’a semblé sentir de la vanille, un soupçon de girofle et peut être de l’amande mais je ne suis pas sûre)  et fort bon (j’en ai partagé une théière avec ma puce cet après midi, beau succès !) Le thé de noël est dans la très belle boîte ronde et noire que vous voyez sur la photo, mais si au milieu ! La photo ne lui rend pas justice : elle est magnifique.

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Avec ça, deux tablettes de chocolat au lait équitable (dont une n’est déjà plus qu’un onctueux souvenir)
Un sachet d’amandes enrobées de chocolat au thé blanc et au thé vert qui commencent à se raréfier sérieusement (rationnement donc !)
Un paquet de nonnettes au miel fourrées de confiture de cassis que j’ai partagé en famille ce soir mais c’est bien parce que Delphine a précisé que les douceurs étaient pour tout le monde…

Enfin une superbe tasse sans anse vert céladon comme j’aime qui est devenue ma tasse perso rien qu’à moi ! Un vrai plaisir de boire son thé en sa compagnie, je vous le dis !

Plus deux cartes Tea time adorables et un marque-page chat…

Et il me reste à dire un énorme Merci à Delphine pour ce délicieux colis… Et merci à Flo mille fois d’avoir organisé ce chouette mini swap thé…

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Publié dans Swaps | 28 commentaires

In corpore sano

incorporesano.jpg Voici de retour l’éminent sénateur Publius Aurélius Statius, sa curiosité insatiable, son épicurisme bien agréable et son érudition rafraichissante. Cette fois l’amitié et la curiosité l’entrainent à la fois au coeur du quartier juif de Rome et dans le monde complexe des médecins, grecs pour la plupart, qui sévissent dans la ville éternelle.
Le meurtre d’une jeune juive, mais était-ce bien un meurtre, plonge son père, un ami d’Aurelius, dans un désespoir et une honte surtout que le noble romain a bien du mal à concevoir. Il accepte cependant de mener une petite enquête sur les circonstances de cette mort étrange. Sous des apparences banales, il va découvrir des ramifications aussi embrouillées que dangereuses.

Comme pour les autres épisodes, j’ai été conquise par l’écriture fluide, l’érudition tout en naturel et le sens de l’intrique de Danila Comastri Montanari. Les personnages sont intéressants, les histoires toujours complexes sans se répéter et de nouvelles couches sociales et culturelles sont mises en scène pour notre plus grand plaisir. L’auteure réussit de plus en filigrane une peinture subtile d’une époque pleine de certitudes mais qui abrite déjà les prémisses de son déclin et de l’anéantissement de ses valeurs. Une très belle réussite, instructive et agréable !

Les autres enquête du sénateur Statius commentées dans ce blog :
Cave canem
Spes ultima dea

In corpore sano – Danila Comastri Montanari – 2000 – 10/18

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Fantômes et Cie

undefined Les romans de Robertson Davies réservent toujours des surprises. Dans Fantômes et Cie la surprise est que le narrateur meurt à la première page, assassiné par l’amant de sa femme. Devenu Fantôme, Connor Gilmartin se sent un peu perdu pour ne pas dire desoeuvré. Après avoir assisté à l’enquête puis à ses funérailles en spectateur critique, après avoir essayé de hanter sa femme et son meurtrier sans succès, il décide finalement de suivre ce dernier qui doit couvrir un festival présentant les chefs d’oeuvres du cinéma muet. Le nouveau fantôme se promet quelques bons moments cinématographiques, mais les projections auxquelles il assiste sont bien différentes de ce qu’il attendait. Assis près de son assassin, il se retrouve confronté à l’histoire de sa famille, chaque film s’attachant aux pas d’un personnage. Voici donc notre fantôme projeté en Ecosse et au pays de Galle au XVIIIe siècle, à New York pendant la guerre d’indépendance, à Toronto enfin, sa ville natale, sans trop savoir où tout cela le mène.
L’écriture de Robertson Davies est toujours un plaisir, érudite, spirituelle,
parfois sarcastique et toujours évocatrice, elle nous transporte avec aisance dans l’époque de son choix, voire dans l’esprit du personnage de son choix…  Sans complaisance aucune, il parvient à juxtaposer les mentalités et les destins sans les juger, à nous rendre presque sympathiques des personnages qui le sont guère en fait, pétris qu’ils sont de croyances et de valeurs qui nous sont beaucoup plus étrangères aujourd’hui que nous ne voulons bien le croire. Commencé comme un vaudeville acide teinté de polar, la narration nous entraine en fait dans un questionnement et une introspection à rebours toujours plus profonde car à mesure que les films succèdent aux films, Connor se retrouve face aux personnes qui lui sont le plus proches, ses parents et… lui-même. Un très beau roman dense et foisonnant porté par une écriture remarquable.

Fantômes et Cie – Robertson Davies – 1991 – traduit par de l’anglais (Canada) par Hélène Misserly et Lisa Rosenbaum

Publié dans roman canadien | 36 commentaires

Eté meurtrier à Pont Aven

pontaven.jpg Eté 1886, Clémence de Rosmadec, jeune peintre issus d’une famille d’artistes, passe l’été dans le manoir familial près de Pont-Aven. Elle se fait une joie de rencontrer les nombreux peintres qui fréquentent l’endroit et en particulier Gauguin qu’elle admire. Le meurte d’une jeune modèle et l’arrestation d’un de ses amis d’enfance vont bousculer ses projets.
Un joli petit roman dont l’intérêt se trouve principalement dans l’atmosphère d’époque, les descriptions hautes en couleurs et la manière dont l’auteur met en scène l’histoire de la peinture à la fin du XIXe. L’intrigue est habilement menée, les personnages attachants, la Bretagne superbe comme il se doit… Je mettrais un bemol pour les scènes d’amour, heureusement très peu nombreuses, que j’ai trouvées assez consternantes. Dans l’ensemble un bon moment de lecture, qui présage une série sans doute bien agréable à suivre. Distrayant !

L’avis de Chimère

Eté meurtrier à Pont-Aven – Yves Josso – 2007 – 10/18

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