La ballade de l’impossible

balladeimpossible.jpg A 17 ans le narrateur, Watanabe, a perdu son meilleur ami, Kizuki. Ce dernier s’est suicidé  une nuit  sans mot d’adieu. ils avaient passés la soirée ensemble. Un an plus tard, Watanabe, étudiant à Tokyo, retrouve Naoko, la petite amie de Kizuki. Après la mort de leur ami, tous deux se sont coupés du monde. En faisant tout pour conquérir et peut être sauver Naoko, Watanabe va peu à peu reprendre pied dans la réalité.

Les romans de Murakami, du moins ceux que j’ai lus, sont étrangement construits et celui-ci ne fait pas exception. Tout d’abord je m’y suis un peu ennuyée, le récit s’attarde sur toutes sortes de détails, les vêtements des personnages décrits avec minutie, leur routine quotidienne, les longueurs s’entortillent et puis soudain sans que je sache comment, j’étais accrochée… Prisonnière de l’histoire, de la poésie du texte et de l’étrange esprit du narrateur luttant pour démonter les carapaces superposées qui l’isolent des autres.

Sans ressentir le même coup de coeur que pour Kafka sur le rivage, je me suis laissée séduire par ce roman à mi-chemin entre une éducation sentimentale et un parcours initiatique : une oeuvre atypique et attachante.

La ballade de l’impossible – Murakami Haruki – 1987 – Belfond 2007 traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle

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Vous devez avoir une table réservée pour sept… le retour

On s’était bien promis de se revoir…  Le marathon des mots était une occasion (un prétexte ?) rêvée pour cela. En plus nous avions la possibilité d’augmenter le nombres de  bavardes blogueuses … alors pourquoi hésiter ?

C’est ainsi que par un magnifique samedi après midi de printemps, nous nous sommes toutes retrouvées… dans le fond enténébré d’une créperie toulousaine. Cette fois anjelica, choupy, flo et moi avons échappé à la minute de flottement “vous avez une table réservée mais je ne sais pas à quel nom, ni à quoi ressemblent les autres...”, mais Blue grey, elle, a dû en passer par là… Musky, arrivée la dernière, n’a pas hésité un instant, elle est venue tout droit vers nous, c’est à dire vers la seule table ou était réunie six filles en plein bavardage aigu… Sokera, la belle soeur de Blue grey s’était jointe à nous… Parfois, elle a dû se demander où elle était tombé et dans quel langage étrange communiquaient les indigènes : “ah oui et alors t’a vu mon com, oui j’ai lu ton post et alors machine elle a répondu finalement…”, sans parler de la mise à jour des potins bloguesques (Ahhh bonnn ?! noooon ??? je suis totalement larguée sur le sujet je dois dire). enfin comme d’habitude une fois bien lancée, c’est à dire environ 10 secondes après nous être retrouvées, nous avons abordé tous les sujets qui nous passaient par la tête et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on a bien rigolé, toute les personnes présentes dans le restau peuvent le confirmer…

Après le dessert, qui fut marqué par un incident dramatique (que je laisse à choupy le soin de relater car elle en fut l’infortunée victime), nous nous retrouvâmes sur le pavé et tout naturellement nos pas nous portèrent vers l’ombre blanche… Une librairie ? Qui aurait pu prévoir une chose pareille ?

Bon je l’avoue, si nous avons presque toutes cédé à la tentation, je me suis peut-être laissé tenté un (tout petit) peu plus que les autres et sans Choupy qui a fait preuve d’un sang-froid remarquable, Tolkien sait ce qui me serait arrivé ! Non seulement elle n’a acheté aucun livre mais en plus elle m’a tenu à l’oeil, ce qui m’a permis de ressortir avec seulement neuf livres… qui ont faillit se transformer en onze parce que Flo m’a tenté avec monsieur Raminet et qu’au dernier moment j’ai vu du coin de l’oeil le bizarre incident du chien pendant la nuit mais Choupy s’est montrée très ferme et je me suis arretée à neuf !

Et pour ces neuf titres je peux tout expliquer !

D’abord j’ai acheté les tome 2 et 3 du monde d’Ewilan qui venait de sortir en poche pour compléter la trilogie de mes puces (un tome1 tout seul c’est nul !)
Ensuite j’ai rafflé le tome 1 de Artemis Fowl toujours pour mes filles parce qu’on m’en dit le plus grand bien et qu’il faut entretenir le goût de lire chez les enfants
Comme mon p’tit loup est trop jeune pour lire les trois précédents, je lui ai pris Jason et la toison d’or joliment illustré pour l’histoire du soir.
Enfin j’ai dû prendre N’allez pas voir plus loin si l’herbe est plus verte, elle est plus loin et c’est tout de Murielle Levraud pour mon Amour. Il a envie de le lire depuis qu’une déesse lui a dit qu’il apprécierai l’humour de l’auteure (et mon amour ne peut décemment pas résister à un conseil d’Aphrodite soi-même !)

Restent donc pour moi seulement quatre petits livres de rien du tout :
Le chagrin entre les fils, un grand format d’accord mais c’est le dernier HILLERMAN !!!!
L’ange des ténèbre de Caleb Carr parce que c’est la suite de l’aliéniste quand même !
L’homme chauve souris  de Jo Nesbo parce que j’ai déjà lu sa suite, les cafards, alors…
Le très corruptible mandarin, de Qiu Xialong, parce qu’il est enfin sorti en poche
Et puis des polars comme ça, je ne les trouverai jamais à la bibliothèque ! et toc !

Après cette orgie, nous avons dû nous dire au revoir et c’est bien dommage. J’aurais volontiers pris un dernier thé avec mes camarades de jeu mais il était trop tard. Je suis donc  repartie vers le métro avec dans une main le sac (pardon la poche) des neuf livres, dans l’autre celui (pardon celle) des bd de la fête des pères qui pesaient un âne mort  et dans mon sac en bandoulière outre mon Teulé en cours, les livres que Flo et Anjelica m’avait gentiment amenés pour me les prêter… soit Trois rêves au mont mérou de François Devenne qui est d’une taille raisonnable et les deux premier tomes du goût du bonheur de Marie Laberge qui sont énormes… Ce matin je me suis levée avec les épaules dans un triste état mais j’ai encore une fois passé un superbe après midi… Merci les filles et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Les points de vue de Anjelica, Choupy, Flo,  Bluegrey et Musky sur cette journée…

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kali yuga (Les futurs mystères de Paris)

kali-yuga.jpg Nestor Burma aurait-il eu une descendance ? Peu probable quand on connait l’oiseau. Peut-être une descendance spirituelle alors, en la personne du dénommé Tem, diminutif pratique de Temple Sacré de l’Aube Radieuse ! Un sacré nom si vous voulez mon avis, mais après tout Malet avait baptisé son héro Nestor parce que cela lui donnait un petit côté clinquant de fête foraine…   Alors va pour Tem, détective privé de la tribu millénariste, végétarien, non violent, grand buveur de tisane et doté du talent de transparence qui fait que la plupart des gens l’oublie avant même de lui avoir adressé la parole.

Entre deux tours des législatives, les électeurs d’une circonscription des hauts-de-seine se désinscrivent par milliers des listes électorales menaçant de modifier le résultat de l’élection (que cela ne vous donne pas d’idée en cette période troublée…). Une peu sympathique cliente, à sa décharge la pauvre se prénomme Gorgone, charge Tem de découvrir ce que cache cet étrange phénomène. Même en 2060 et quelques, on ne badine pas avec le résultat des législatives. Notre transparent privé se lance donc sur la trace de ces électeurs versatiles…

Je me suis bien amusée avec ce petit roman bourré d’inventions et de clins d’oeil. L’histoire est assez classique mais le décor et le style lui donnent un exotisme particulier… Un seul bémol, comme d’habitude j’ai attaqué au milieu d’une série, le tome 8 en l’occurence. Commencer par le premier m’aurait certainement permis de mieux comprendre les complexités de ce Paris du futur et de sa faune. Affaire à suivre donc… Une sympathique lecture détente pour amateur du genre (gabardine et feutre mou).

Merci à Chimère pour cette chouette découverte dont elle parle ici

Kali Yuga – Les nouveaux Mystères de Paris – Tome 8 – Roland C. Wagner – L’Atalante – 2003

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Je suis

Je suis le seul homme sur la Terre et peut-être n’y a t’il ni Terre ni homme.
Peut-être qu’un dieu me trompe.
Peut-être qu’un dieu m’a condamné au temps, cette longue illusion.
Je rêve la lune et je rêve mes yeux qui la perçoivent.
J’ai rêvé le soir et le matin du premier jour.
J’ai rêvé Carthage et les légions qui dévastèrent Carthage.
J’ai rêvé Lucain.
J’ai rêvé la colline du Golgotha et les croix de Rome.
J’ai rêvé la géometrie.
J’ai rêvé le point, la ligne, le plan et le volume.
J’ai rêvé le jaune, le rouge et le bleu.
J’ai rêvé les mappemondes et les royaumes et le deuil à l’aube.
J’ai rêvé la douleur inconcevable.
J’ai rêvé le doute et la certitude.
J’ai rêvé la journée d’hier.
Mais peut-être n’ai-je pas eû d’hier, peut-être ne suis-je pas né.
Je rêve, qui sait, d’avoir rêvé.

Jorge Luis Borgès

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Maurice

maurice.gif J’avais vu le film d’Ivory il y a longtemps et j’en gardais un excellent souvenir. Un billet d’incolblog me l’a remis en mémoire et m’a donné envie de lire enfin Forster, le swap a fait le reste…
Cela a été une expérience étonnante, je me souvenais parfaitement de l’histoire mais j’ai eu l’impression de n’avoir strictement rien compris la première fois. J’y avais vu une histoire d’amour tragique dans un contexte hostile, mais Maurice est bien autre chose que cela. A travers l’histoire d’un amour contrarié, Forster analyse tout en finesse la contrainte que peut exercer la société sur l’esprit. Et cela alors même que ces esprits sont parfois parfaitement conscients de leur sujétion.
Maurice après une enfance complètement réglée par les conventions de son milieu connait la chance incroyable de rencontrer et de reconnaitre à l’université un esprit libre. Les sentiments qui se développent entre eux sont tellement fort qu’ils lui permettent de secouer la chape contraignante qui pèse depuis toujours sur ses pensées. Petit à petit, il apprend à penser par lui-même, à percevoir et à remettre en cause le carcan des conventions, à se connaitre enfin et à s’accepter.
Mais même les esprits libres peuvent trouver insupportable à la longue l’obligation de vivre masqué, au point peut être de renoncer à une partie d’eux-même pour trouver une place dans le seul milieu qu’ils aient jamais connu. Les renoncements de son amour de toujours vont pousser Maurice à des choix déchirants mais peut être libérateurs. Les deux amis seront amené à suivre des voies très différentes mais quel en sera le prix à payer ? Quels sont les renoncements les plus douloureux, et jusqu’où peuvent-ils aller ? Une magnifique analyse en profondeur des carcans de l’esprit.
Maurice. E.M. Forster – 1971 (1914) – 10/18 Traduit de l’anglais par Nelly Shklar
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des cadeaux, encore des cadeaux…

Après le swap, la fête des mères… C’est, je pense, ce qui s’appelle être gâtée ! J’ai eu de nombreux dessins, un poème, un superbe tas de coeurs, des bisous, un petit déjeuner au lit, des câlins et même des fleurs, sans parler de la BD et des DVD. Evidemment recevoir le coffret d’une série télévisée en cadeau (la saison 1 de Stargate Atlantis : 15 épisodes sans compter les bonus) a tendance à me scotcher au petit écran alors que j’ai de nombreuses critiques à écrire… enfin j’ai déjà presque tout vu alors… à demain !
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L’aliéniste

alieniste.jpg New York 1896, des meurtres d’enfants sont mis en scène de façon aussi spectaculaire qu’horrible. Personne cependant n’envisage de mener une quelquonque enquête. Les victimes étaient des prostitués et la bonne société américaine préfère ignorer leur existence. Révolté par cette hypocrisie, le préfet de police, Théodore Roosevelt, fait plus ou moins secrètement appel à un enquêteur d’un nouveau genre, médecin aliéniste féru de méthodes scientifiques et professant des théories très impopulaires sur le crime et les criminels.

Ce qui frappe tout d’abord dans ce roman, c’est le cadre… Ce New York de la fin du XIXe siècle qui explose sous la pression constante de l’afflux d’immigrants en provenance de toute l’Europe. La futur grosse pomme est grouillante, chaotique, corrompue, encore plus difficile à maîtriser que le Londre tentaculaire de la période victorienne. La pègre et l’industrie s’y disputent en marge des autorités officielles un pouvoir occulte mais de plus en plus puissant. L’ambiance rappelle assez le film de Scorcese “Gang of New York” qui m’avait déjà fait prendre conscience de mon abyssale ignorance de l’histoire américaine.

Ensuite ce sont les personnages qui séduisent et bien sûr l’enquêteur principal Lazlo Kreizler. Sous une apparence assez austère de scientifique rigoureux, se dissimule un homme d’une grande humanité, motivé par la compréhension de ses semblables et l’aide qu’il peut leur apporter. Son équipe est constituées de personnages bien typés, attachants, souvent drôles, et les relations foncièrement égalitaire que l’aliéniste instaure entre lui et ses associés est pour beaucoup dans l’affection et le respect qu’il suscite autour de lui… et chez le lecteur.

L’enquête enfin est fascinante. Kreizler croit au contexte, à l’influence du milieu et de l’histoire personnelle sur le développement de l’individu. En accumulant les informations sur le tueur, il dessine peu à peu son portrait psychologique pour comprendre son histoire, percer ses motivations et anticiper ses actions. De telles idées sont à la fois très novatrices et extrèment dérangeantes à une époque où l’existence de problèmes sociaux est souvent niée. La “bonne” société, celle des puissants, préfère se raccrocher à un déterminisme rassurant plutôt que d’accepter une once de responsabilité dans la genèse des monstres qui hantent ses rues. La municipalités, la police mais aussi les autorités religieuses et d’autres encore vont tout mettre en oeuvre pour saboter l’enquête, préférant des meurtres impunis à une solution qui mette en danger l’idée qu’ils se font d’eux-même et de la société en général.

Plus qu’un polar un bijou effrayant d’actualité serti dans un écrin XIXe, superbe !

Un grand merci à Gaelle pour m’avoir donné envie de découvrir ce roman et cet auteur
L’aliéniste – Caleb Carr – 1994 – Presse de la cité (traduit de l’anglais par rené baldy et jacques martinache 1995)

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C’est parti… bye bye swap paquet

Ce matin, après moult reflexions, paniques, recherches, angoisses et autonégociations diverses, j’ai envoyé mon paquet dans les limbes postales…  d’où il devrait atterir dans les jours qui viennent ! Combien de jours ? Madame la poste n’a pu me le dire… surprise ! 

paquet.JPG

Une seule pensée comme tout le monde… pourvu qu’elle aime, pourvu que j’ai bien choisi, pourvu que… Finalement ça soulage quand le paquet est hors d’atteinte !

Il fait mystérieux comme ça non ?

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le pélerinage de soeur Fidelma

p--lerinage2.jpg Après presque un an d’enquêtes complexes voire dangereuses liées à ses fonctions d’avocat, soeur Fidelma éprouve le besoin de réfléchir à la fois à sa vocation et à sa relation avec frère Eodulf, son inséparable alter ego saxon. Un pélerinage lui semble idéal pour mener à bien cette réflexion. Elle embarque donc à destination de St Jacques du Champs des étoiles, autrement appelé Compostelle.
A bord du navire, elle rencontre un groupe de pélerins peu engageants. L’ambiance n’est guère agréable et ses retrouvailles forcées avec une figure plutôt dérangeante de son passé n’arrangent rien. Mais cela se corse vraiment lorsque l’un des pélerin disparait en mer dans des circonstances douteuses. D’autres incidents suivent… Coincée sur un navire en pleine mer, la jeune Dalaigh devra faire appel à toutes ses ressources pour comprendre le fin mot de l’histoire. Du moins si elle veut qu’il reste des survivants à l’arrivée.
Encore une fois, Fidelma fait revivre pour nous l’âge d’or de l’Irlande du VIIe siècle – cette fois au travers d’un voyage en mer ! Un bon opus qui s’inscrit bien dans la série et nous permet de découvrir quelques épisodes de la jeunesse et des études de Fidelma. Un seul regret, étant donné la fin du roman, j’ai bien l’impression qu’elle n’est pas près de visiter Compostelle, dommage cela m’aurait bien plû !
J’ai déjà abondament parlé des enquêtes de soeur Fidelma ici et

Le pélerinage de soeur Fidelma – Peter Tremayne – 10/18 – 2007

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Le cercle des poètes…

A l’initiative de Jos, bon nombre de blogueurs méditent sur le poème qui les a le plus marqué… D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été sensible aux mots, aux formules et tout naturellement aux poèmes ! Difficile pour moi d’en choisir un seul.


Bizarrement malgré ce goût pour la poésie, j’ai oublié tous ceux que j’ai dû apprendre à l’école. tous ? non ! Il y en a un qui est gravé dans ma mémoire depuis la sixième, je devais donc avoir dans les 11 ans. Parfois sans raison, je me mets à le réciter, voire à le déclamer, in extenso. Pourquoi celui-là ? Mystère et piraterie !


Les conquérants

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;

Ou penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.

José-Maria de Hérédia – Les trophées

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