Kaamelott – l’Armée du nécromant

Il y a ceux qui aiment et ceux qui détestent. Peut-être existe-t-il tout de même quelques indifférents mais dans l’ensemble, les gens que je rencontre ont une opinion tranchée sur Kaamelott : ils adorent ou ils abhorrent… J’appartiens à l’espèce inconditionnelle !

Je me suis donc tout naturellement lancée dans l’épisode BD de l’épopée arthurienne selon Alexandre Astier. Et cela fonctionne plutôt bien.

L’épisode se situe chronologiquement à l’époque ou Arthur vient de construire son château et d’instituer la table ronde (Livre I pour les afficionados). Des morts vivants errent autour de Kaamelott semant la terreur chez certains, l’agacement chez les autres. Finalement le roi décide d’y aller voir de plus près emmenant quelques-uns uns de ses pittoresques compagnons d’armes.

Le scénario est sympathique sinon vraiment surprenant. Malgré la contraintes liée à la ressemblance des personnages principaux avec les acteurs, j’ai trouvé le graphisme efficace – les nécromants sont croquignolets comme tout – et expressif. Les dialogues sont de la même plume que ceux de la série donc vigoureux et imagés – quoique peut-être moins drôles à lire qu’à entendre. Bref une bonne bd d’aventure, à réserver peut-être aux amateurs de l’humour Astier.

A partir de 10 ans – si les parents ne sont pas choqués par l’utilisation d’un langage… euh… coloré !

Kaamelott – L’armée du nécromant – scénario Alexandre Astier – dessin Steven Dupré – Casterman – 2006

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Le sang du moine

Le septième opus des enquêtes de soeur Fidelma nous entraîne encore une fois au coeur de l’Irlande du VIIe siècle de notre ère.

A la suite d’un attentat perpétré dans sa capitale sur la personne d’un chef de clan venu négocier, le roi Colgu de Muman est en passe de perdre son trône. De plus des reliques sacrées liées par la tradition à la famille régnante et à la paix ont mystérieusement disparues. Le royaume de Muman est au bord du chaos. Une seule solution pour préserver la paix, découvrir qui se cache derrière cette série de méfaits.

Sœur Fidelma de Kildare, sœur du roi et dalaigh (avocate) de renom est confrontée encore une fois à une enquête difficile et, selon la loi irlandaise, elle a neuf jours pour présenter ses preuves.

Les aventures de Fidelma et Eodulf sont un must pour les amateurs de polars historiques, et si en plus vous aimez, comme moi, le haut moyen-âge et les traditions celtiques, alors là… Ses enquêtes sont toujours vigoureusement charpentées et juridiquement subtiles. La toile de fond historique est admirablement exploitée et les personnages plutôt attachants. Cette nouvelle enquête approfondit l’exploration du sud-ouest de l’Irlande médiévale mais laisse présager de nouveaux voyages pour Fidelma vers les royaumes ibères et le pèlerinage de saint Jacques du champ des étoiles… autant dire que j’attends le prochain épisode avec impatience !

Le sang du moine – Peter Tremayne – 10/18 – 2006

 

 

 

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Crime au Kabuki

Tokyo, hiver 1878, en pleine réforme de ce qui s’appelera plus tard l’ère du Meiji, l’ex-samourai Tosode, en rupture de ban comme tous ses pareils, cherche à survivre dans un monde qu’il ne reconnait plus.

A la suite d’une altercation avec de jeunes journalistes qui le trouve un peu tiède dans son rôle de vendeur de journaux à la criée, Tosode fait la connaissance du jeune et ambitieux reporter Suzuki. Il se retrouve embarqué de plus ou moins bon gré dans l’enquête que ce dernier mène sur la disparition d’un célèbre acteur de Kabuki. Qu’est-il arrivé à Yoshido, vedette principale du théatre Nakashina ? quelle malédiction poursuit ceux qui l’ont approché. Les meurtres se multiplient, laissant deviner des enjeux beaucoup plus complexes que prévu.

Une intéressante excursion dans le Japon du XIXe siècle en pleine mutation assortie d’une intrigue policière assez prenante : que demander de plus ? Peut être un peu de plus de couleur dans la peinture du Tokyo de l’époque et un peu plus de profondeur dans les personnages. Il est vrai que comme le veut ma malédiction personnelle j’ai commencé par le second épisode des aventures de Tosode. Tel quel, ce roman reste un bon moment de polar.

Les aventures de Tosode sont pour le moment au nombre de trois, dans l’ordre  "L’oeil du daruma", "Crime au Kabuki" et "La geisha de Yokohama".

Crime au Kabuki – Charles Haquet – Le masque collection Labyrinthe – 2006

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Petite annonce II

Les dragons d’émilie

Les jeunes bloggeurs sont là… Une petite Emilie de pas-tout-à-fait 11 ans (j’ai mes sources), se lance dans l’aventure… Tout sur les dragons : des livres, des légendes et enfin ses propres histoires… Mignon comme tout ! (et puis je l’ai déjà dit –  j’aime les dragons !)

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Crépuscule pluvieux

L’ennui descend sur moi comme un brouillard d’automne
Que le soir épaissit de moment en moment,
Un ennui lourd, accru mystérieusement,
Qui m’opprime de nuit épaisse et monotone.

Pourtant nul glorieux amour ne m’a blessé,
Et c’est sans regretter les heures envolées
Que je revois au loin, vagues formes voilées,
Mes souvenirs errants au jardin du passé.

Et pourtant, maintenant, dans l’horreur languissante
D’un soir de pluie et dans la lente obscurité,
Je sens mon coeur que nul amour n’a déserté
Mélancolique ainsi qu’une chambre d’absente.

Ephraïm Mikhael – le 2e livre des masques – 1898

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Par Toutatis

Quelle est la différence entre gaulois et celtes. Euh… les gaulois sont des celtes ! Oui pas mal mais encore ?  …

Exprimons-le autrement, comment est-on passé de la vaste celtique dont parlent les auteurs antérieurs au 1er siècle avant JC et la Gaule telle que nous l’imaginons ?

Prenons un général romain obligé s’il veut acquérir du pouvoir de réussir une campagne et d’y assoir sa fortune. Son choix se porte sur le nord : mosaïque celtique, fondamentalement agricole,  bien connue des romains qui commercent avec elle depuis longtemps. En avant donc, imposons nous avec l’aide d’alliés sur place qui comptent bien tirer leur épingle du jeux. Au bout d’un certain temps, ce général se rend compte qu’il n’ira pas plus loin, ni au nord, ni à l’est ou du moins cela prendra du temps. C’est le moment le tracer des frontières : le Rhin c’est bien non ? Allez hop, tous les peuples au sud et à l’ouest du Rhin seront donc indifféremment des gaulois, à l’est des germains et pour que cela sonne bien transformons ces noms de peuples en noms de nations : ainsi nous parlerons désormais de la Gaule et de la Germanie. Notre général a un beau brin de plume, ses "commentaires" consacrent son partage du monde. Plus tard encore il est divinisé, qui donc osera désormais aller contre la parole du Dieu césar…

Voici donc la Gaule et ses toutes nouvelles frontières naturelles, un concept appelé à faire fortune.

Au fil des siècles, c’est Rome qui sera retenue comme la source de la culture française : intellectuelle, artistique, architecturale, légale, politique… Que reste-t-il de la Gaule ? pas grand chose jusqu’au XIXe siècle lorsque les français vont retourner chercher dans les fins fonds de leur histoire des héros, des symboles et pourquoi pas des justifications… Un peuple sauvage et proche de la nature, combatif et courageux, résistant et fier… Vaincus peut être mais avec panache tel Vercingétorix  à Alesia – Et nos ancêtres les gaulois de faire fortune jusque dans des coins improbables de la planètes.

En sept chapitres, un pour chaque jour de la semaine (du jour de la lune à celui du soleil), Christian Goudineau explore les représentations actuelles de la Gaule et leur rapport avec ce que nous savons aujourd’hui des celtes qui vivaient sur ces territoires. Jour de la lune, le côté nature ; jour de mars, le coté belliqueux ; jour de mercure, le côté commerçant et ainsi de suite…

J’ai trouvé ce petit essai intéressant, rapide à lire et plein d’enseignements, moins sur les gaulois eux-même sans doute que sur ce qu’on appelle en anthropologie "l’invention de la tradition". Je regrette juste l’insertion à la fin de chaque chapitre d’un dialogue avec une Elle (censée nous représenter peut être) dont je n’ai pas vu l’intérêt mais bien plutôt le côté cuistre… Ceci étant dit, Christian Goudineau éclaire encore une fois brillament et avec humour cette époque plutôt brumeuse de notre histoire.

Les romans de cet auteur, qui se déroulent à l’époque gallo-romaine, méritent eux-aussi le détour. Voir ici une présentation du voyage de Marcus .

Par Toutatis – Que reste-t-il de la Gaulle ? – Christian Goudineau – Le seuil – collection l’avenir du passé –  2002

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Le cauchemard

 

Une jeune hôtesse d’accueil est retrouvée assassinée dans un bois non loin de Moscou. Depuis quelques temps, elle affirmait à qui voulait l’entendre qu’on lui avait volé un cauchemar… La jeune femme avait la réputation d’être alcoolique et instable, ceci expliquant peut-être cela.

 

 

Mais quand l’inspectrice Anastasia Kamenskaia reprend le dossier, elle se rend vite compte que l’enquête a été étrangement menée. De plus elle apprend que la mafia a infiltré son service. De quoi  lui compliquer singulièrement l’existence, jusqu’à mettre en danger sa vie et celle ses proches peut être !

Je suis partagée au sujet de ce roman, d’un côté j’ai trouvé l’intrigue bien ficelée et le personnage de Kamenskaia sympathique et intéressant. Ses aptitudes froidement analytiques et manipulatrices, son fonctionnement baroudeuse café au litre-clopes à tout va, le tout tempéré par une constitution plutôt fragile en font un flic atypique auquel on s’attache volontiers. De plus la peinture des rouages de la justice dans le Moscou d’aujourd’hui est des plus pittoresque. Mais les autres personnages m’ont semblé un peu inconsistants, difficiles à distinguer les uns des autres. Le cadre est trop flou à mon goût. L’histoire se passe à Moscou mais la ville n’est guère présente, c’est dommage.

Une série qui mérite sans doute une seconde chance, je me laisserai à nouveau tenter par les enquêtes de l’astucieuse Nastia…

Le cauchemar – Alexandra Marinina – Points seuil – 1997 – traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Louvain

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Eragon

Bon une petite enigme. C’est l’histoire d’un jeune garçon de ferme qui tombe "par hasard" sur un truc pas clair. Pour en savoir plus, il s’adresse au vieux fou du coin, un type étrange, un ermite. Après l’incendie de la ferme et le meurtre de son oncle par des méchants très efficaces, Eragon part avec le vieux Brom qui devient son mentor – Ce dernier se révèle peu à peu être l’ancien chef d’une rebellion contre l’empire qui, une centaine d’année plus tôt, a mis fin à une ère de paix en détruisant l’ordre guerrier mystique qui en était le garant !

Ceux qui ont répondu la guerre des étoiles ont perdu ! Il s’agit d’Eragon. Bon on pourrait croire après cette intro que je n’ai pas aimé et bien si ! J’ai trouvé les deux tomes sympathiques et rafraichissants. Outre l’histoire très classique (et je ne vous ai pas tout dit), les elfes, les nains et la magie sont "Tolkienesques" et la relation entre le héros et son dragon sort tout droit de la ballade de Pern de McCAffrey… Voilà un auteur qui a eu de bonnes et saines lectures, et puis j’aime les dragons ! J’ai lu les 1500 pages en deux jours et je me précipiterai sans aucun doute sur le tome 3 dès sa sortie. (Si ma fille me laisse faire évidemment. C’est une grande fan !)

Le jeune Eragon tombe donc au détour d’un bois sur une pierre bleue qui se révèle être un oeuf de Dragon. Pourtant les dragons n’existent plus, leur espèce a disparu lorsque deux dragonniers  rénégats ont pris le pouvoir, détruit la confrérie des dragonniers et créé un empire brutal et sanguinaire. L’un d’eux est mort et l’empereur est resté le seul dragonnier vivant. Pour les derniers résistants, l’éclosion de l’oeuf d’Eragon représente l’ultime espoir de  restaurer la liberté en Alagaësia. S’en suivent rebondissements en tout genre… Eragon et Saphira la jeune dragonne vont se découvrir des pouvoirs, une histoire, un destin…

Un bon livre de fantasy à partir disons de 10 ans, peut-être pas vraiment original mais bien fait, épique, fantastique, héroïque…

La trilogie de l’héritage – Eragon (tome 1) – L’aîné (tome 2) – Christopher Paolini – Bayard 2004/2006

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L’élégance du hérisson

Poursuivre les étoiles

Dans le bocal à poissons

Rouges finir

 

Je me suis vraiment demandé comment parler de ce livre magique. Je pourrais dire qu’il est vraiment drôle, que l’écriture est savoureuse et contrastée, que les personnages sont plus attachants les uns que les autres, que le propos y est à la fois tendre et incisif et les digressions philosophiques réjouissantes. Mais le raconter ? Finalement je vais suivre le parti pris de la quatrième de couverture et le présenter en deux citations :

« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petit, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.»

« Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps je sais que la destination finale, c’est le bocal à poisson, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de l’année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

Soyeux et apaisant, un délice !

Les avis de florinette et cuné (merci à vous !)

L’élégance du hérisson – Muriel Barbery – Gallimard – 2006

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Roseanna

1965, dans une petite ville du sud de la suède, une femme est retrouvée morte assassinée au fond d’une écluse. Elle est là depuis peu mais la police se heurte à un problème : Impossible d’identifier la victime.

Martin Beck et son équipe sont appelés en renfort. Qui donc est cette femme que personne ne semble connaitre ? Et bien sûr comment retrouver, puis confondre son meurtrier ? L’affaire traine au point d’en devenir une obsession pour les enquêteurs jusqu’au jour où…

Un bon roman policier, un rien désuet peut être, qui m’a beaucoup rappelé Simenon, et notament Maigret tend un piège, un de mes préférés. L’intrigue est solide et bien construite, les personnage interessants : pour les amateurs de polars-détente !

Roseanna – Maj Sjöwall & Per Wahlöö – 10/18 – 1965 (traduit du suédois par Michel Deutsch)

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