Journal d’un tueur sentimental

6 chapitres – 6 jours dans la vie d’un tueur. Mais pas n’importe quel tueur ! Un tueur au sommet de sa carrière, malencontreusement tombé amoureux fou. Son côté sentimental un peu neuf le pousse pour son dernier contrat à accumuler en quelques heures toutes les fautes d’un débutant : S’intéresser à sa cible, chercher à savoir pourquoi elle mérite la mort, lui parler, que sais-je encore ? On s’attache à cet homme plutôt sympathique malgré son peu aimable métier et sa tragédie intime plus minable que grandiose ! Chaque métier à ses contraintes…

Un très (trop) court roman à lire d’une traite dans un style sec et épuré d’une efficacité réjouissante ! Remarquable !

Journal d’un tueur sentimental – Luis Sepulveda -1997 – Metalié suites – (traduit de l’espagnol – Chili – par Jeanne Peyras)

Publié dans roman sud-américain | 14 commentaires

Mortelles décisions

Bon j’avoue j’aime les séries américaines… En plus l’héroïne de la série "Bones" est une anthropologue. Impossible de rater ça donc et de fait, j’ai accroché tout de suite ! Certes l’anthropologie qu’elle pratique et celle que j’ai étudiée sont assez différentes mais peu importe, j’aime bien. Sachant que les personnages sont inspirés d’une série de polars, j’ai décidé de me consoler de l’arrêt (temporaire j’espère) de la diffusion en m’achetant un de ces romans…
Bon ! Je le dis tout de suite pour moi la série est bien meilleure que le roman qui ne m’a pas convaincue… Le personnage du docteur Temperance Brennan est plus classique et nettement moins attachant que son avatar télévisuel. Le contexte anthropologique est beaucoup moins mis en valeur. L’histoire de motards tient la route mais l’ensemble ressemble à une variante de la Scarpetta de Cornwell, en moins bien écrit.
Enfin, et peut être surtout, la traduction est une véritable catastrophe. Le roman se passe à Montréal en contexte bilingue. Pour traduire le passage d’une langue à l’autre, la traductrice fait parler les flics et truands québécois en argot basique. Au secours ! J’ai détesté ça… Remarquez une note de bas de page explique en début de livre que "le joual est un parler populaire québécois à base de français fortement anglicisé". Grand Tolkien, voilà qui explique sans doute pourquoi la traduction est si mauvaise…
Dommage l’idée était bonne mais le résultat est franchement à éviter.

Mortelles décisions – Kathy Reichs – 2000 – Robert Laffont pocket
Publié dans Polar | 46 commentaires

Kafka sur le rivage

Disons que c’est un roman initiatique ! Le roman d’apprentissage d’un adolescent un peu solitaire, lecteur affamé qui s’est rebaptisé Kafka et devant qui s’ouvrent tous les champs d’expérience : amical, littéraire, sexuel, amoureux, poétique, métaphorique, philosophique voire ésotérique…

Son histoire se mêle subtilement au parcours d’un étrange vieillard à qui une expérience inexpliquée a vidé l’esprit longtemps auparavant. Leur deux cheminements vont converger jusqu’à l’épanouissement final, ouverture vers autre chose, une autre vie peut être pour eux et pour d’autres…

C’est un roman envoûtant, un voyage qui vous entraine au coeur d’une étrange bibliothèque dans les méandres d’esprits curieux et atypiques, qui joue avec la soif de connaissance, la conscience de soi, l’autoréalisation et le destin.

L’écriture de Murakami est à la fois précise et lente, évocatrice et élégante, elle sert admirablement une histoire et  des personnages étrangement attachants. Personnages que j’ai eu du mal à abandonner à la dernière page tant ils étaient vivants dans mon imagination… Une magnifique partition sur la recherche de soi… magique !

L’avis de Florinette par qui j’ai connu ce titre.

Kafka sur le rivage – Haruki Murakami – Belfond – 2003 – (traduit du japonais par Corinne Atlan – 2006)

Publié dans roman japonais | 44 commentaires

la pyramide oubliée

La pyramide oubliée est le dernier Elizabeth Peters paru en français mais évidemment il date déjà de quelques années et plusieurs épisodes postérieurs ont déjà été traduits… La traduction de cette série est vraiment anarchique ! Bref, the falcon at the portal, titre original, raconte la saison de fouille 1907-1908 de la famille Emerson, les très célèbres égyptologues. Cette année là, ils travaillent près de Gizeh, mais leur site est apparemment de peu d’intérêt… histoire d’avoir tout le temps de se heurter à divers ennemis anciens et nouveaux, régler leur compte à quelques trafiquants d’antiquités, aménager une nouvelle "maison de fouille" que j’avais déjà rencontré dans le frère des démons qui est en fait l’épisode postérieur, etc… Sans parler de l’évolution des rapports entre Ramsès et Nefret pour ceux qui connaissent… bref !
Comme je l’ai déjà raconté ici, je suis complètement sous le charme de cette série et aucun problème éditorial ne me fera bouder mon plaisir… J’ai retrouvé avec un enthousiasme intact la verve féministe d’Amélia Peabody Emerson, les rugissements de son époux, les dissimulations de son fils maintenant adulte et tutti quanti…
L’Egypte de l’époque où divers troubles annoncent à la fois la guerre et les premières aspirations indépendantistes comme le contexte archéologique sont toujours merveilleusement restitués par une auteure elle-même égyptologue… Les situations sont bondissantes, l’humour présent à chaque page, on ne s’ennuit pas une seconde… J’adore !
La saga complète dans l’ordre  (titres traduits et non traduits) est .
La pyramide oubliée – Elizabeth Peters – 1999 –  (The falcon at the portal)
Publié dans Polar | 23 commentaires

Volupté des parfums ! ? Oui, toute odeur est fée

Volupté des parfums ! ? Oui, toute odeur est fée.
Si j’épluche, le soir, une orange échauffée,
Je rêve de théâtre et de profonds décors ;
Si je brûle un fagot, je vois, sonnant leurs cors,
Dans la forêt d’hiver les chasseurs faire halte ;
Si je traverse enfin ce brouillard que l’asphalte
Répand, infect et noir, autour de son chaudron,
Je me crois sur un quai parfumé de goudron,
Regardant s’avancer, blanche, une goélette
Parmi les diamants de la mer violette.

François Coppée – Promenades et intérieurs

Publié dans poèmes | 14 commentaires

Métaphysique du chien

Un beau soir, dans une cour du vieux Toulouse, Paul croise Knult. Cette rencontre bouleverse sa vie, en un instant il décide de renoncer à tout pour suivre ce nouveau maître à penser et vivre le plus exactement possible selon son modèle… Paul l’humain va donc vivre la vie de Knult le chien. Qu’en pense ce dernier, c’est une autre affaire… Autour de se couple étrange, une petite foule hétéroclite d’éclopés divers s’agite et se croise dans les ruelles de la vieille ville. Humains et animaux se côtoient sans se voir, sans s’entendre, sans se comprendre. Le choix de Paul lui permettra-t-il de franchir cet abîme ?

Dans un style aussi efficace et tranchant qu’un scalpel, Philippe Segur nous conte ce curieux cheminement philosophique avec un humour aussi réjouissant que grinçant.

J’ai mis un peu de temps à rentrer dans cette histoire biscornue, en même temps je savais dès les premières pages que je ne pourrais pas l’abandonner en cours de route… L’écriture a une puissance particulière, claquante et incisive qui m’a accrochée instantanément… Un récit drôle et dérangeant qui trotte dans la tête un bon moment.

L’avis de Flo

Métaphysique du chien – Philippe Ségur – Buchet Chastel – 2002

Publié dans roman français | 15 commentaires

Salon des littératures francophones

Près de Toulouse ce week end avait lieu un petit salon moitié livre moitié vin, disons plutôt trois-quart livre, un quart vin, avec en plus le Québec à l’honneur.  Au départ je devais y retrouver Flo et Anjelica dimanche mais étant donné ma superbe organisation je n’ai pas pu me joindre à elles. Alors j’y ai fait un petit tour samedi avec ma grande puce…  Evidemment ce qui devait arriver arriva… Eblouies par tant de livre partout, nous avons eu du mal à résister ! Après avoir papoté avec quelques éditeurs du coin, nous avons craqué aux éditions du Laquet pour deux romans "jeunesse" (suivez mon regard) et un livre de cuisine japonnaise (celui-là est pour moi). Non seulement la représentante de ces éditions était charmante mais en plus elle nous a fait cadeau de deux livres supplémentaires (les vices sont parfois récompensés). Un petit arrêt ensuite aux éditions Loubatières pour un essai sérieux et tout sur les Wisigoths (des gens sur lesquels je ne connais pas grand chose mais cela ne va pas durer) et hop, on se sauve avant la banqueroute totale…

Ah non j’oubliais la folie du jour ! Un paquet de feuilles d’érable, ces délicieux biscuits fourrés qu’on ne trouve PAS en france normalement… hummm… 7 euros le paquet (soit près de 10 dollars canadiens pour les québécois qui viendraient à passer)… ça fait cher le biscuit mais quand on aime…

Publié dans riens | 16 commentaires

Le prix du secret

Le troisième épisode des aventures d’Ursula Blanchard, dame d’honneur très particulière de la reine Elizabeth Ière, la conduit cette fois en France ou s’annoncent les horreurs de la guerre civile entre catholiques et protestants. Investie à la fois d’un objectif familial et d’une mission plus officielle auprès de la régente Catherine de Medicis, Ursula rêve et redoute également de retrouver son second mari Matthew. Bien qu’elle ne puisse accepter son engagement fanatique pour la cause catholique et qu’elle ait même aidé à le faire condamner pour trahison, elle ne peut se résoudre à l’oublier complètement… Le voyage s’annonce semé d’embûches sur plusieurs plans…
Cette série s’améliore de volume en volume, les péripéties s’enchaînent sur un rythme enlevé, les personnages sont intéressants, le cadre historique soigné. La fin laisse présager un plus long délai avant une éventuelle suite, peut être une façon de ne pas épuiser le filon.

Une excellente série pour amateur de polars historiques…

Les précédentes enquêtes de dame Ursula sont présentées ici et , ainsi que chez chimère.

Le prix du secret – Fiona Buckley – 10/18 – 2007

Publié dans Polar | 11 commentaires

Le salon d’ambre

Ana est une voleuse d’oeuvres d’art de haut vol affilié à un cercle très secret. Au court d’une de ses "missions", elle trouve la piste d’un trésor sans prix : le salon d’ambre, trésor national russe disparu dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. la chasse s’organise !

Le début est un peu lent, l’histoire peine à se mettre en place mais dès que la chasse au trésor prend un tour actif, l’histoire devient plus accrochante et on se laisse volontiers entraîner dans l’exploration des sous-sol d’un ancien musée à moins que ce ne soit ceux d’un camp de concentration.

J’avais adoré Iacobus du même auteur, j’attendais donc avec impatience la publication en poche d’un autre roman de Matilde Asensi. Celui-ci m’a moins emballé. Je l’ai trouvé moins enlevé et beaucoup moins bien écrit… Est-ce la traduction ou le fait que je l’ai lu juste après l’ancre des rêves : mystère. Il n’en reste pas moins un agréable roman, peut-être à classer "aventure" plutôt que vraiment "policier".

Une lecture détente, sympathique et rapide !

Le salon d’ambre – Matilde Asensi – 1999 – Plon – (traduit de l’espagnol par Carole d’yvoire)

Publié dans roman espagnol | 14 commentaires

l’Ancre des rêves

C’est bien difficile d’écrire une critique quand on est totalement sous le charme d’un roman et que de nombreux blogueurs talentueux en ont fait l’éloge. Alors plutôt que de le résumer je pense que je vais juste parler de ce qui m’a le plus touché dans cette magnifique histoire.
J’ai aimé cette famille unie si pleine d’amour mais où chacun se replie sur ses angoisses profondes sans savoir comment les partager, se condamnant à une solitude invisible. J’ai aimé ces trois frères si différents, si attachants. J’ai aimé tous ces personnages qui tissent autour d’eux le lien entre présent et passé. J’ai aimé la diversité des thèmes qui s’entrelacent sans jamais lasser. J’ai aimé le contraste entre la réalité et le rêve, bien marqué au début et qui tout en douceur s’estompe jusqu’à fusionner dans l’esprit des personnage à moins que ce ne soit dans celui du lecteur. J’ai aimé la façon dont la quête menée par Lunaire éclaire peu à peu l’histoire si simple et si complexe d’une famille avec ses secrets et ses démons. J’ai aimé surtout l’écriture fluide, poétique et langoureuse, si évocatrice qu’elle nous fait humer les odeurs, goûter les embruns, nous perdre dans son monde de rêve.
Ma seule frustration : j’étais tellement dans l’histoire que je n’ai pas pris le temps d’en savourer pleinement la poésie… Autant pour moi, je vais devoir m’embarquer pour une relecture tranquille où je pourrais cette fois glisser sans hâte de mot en mot, de phrase en phrase et me perdre dans les rêves des Guerindel. et je ne demande que ça…
Magique !
L’avis de Thom, de flo, de choupy, de Loupiote, de livrovore, de Florinette, (j’en oublie certainement).
Les hommages graphiques (entre autres) de Doune et Mr kiki.
Le café de gaëlle pour la lire encore un peu…
L’ancre des rêves – Gaëlle Nohant – Robert Laffont – 2007
Publié dans roman français | 31 commentaires