Les Hauts de Hurle-vent

Tout a commencé par mon colis swap, Karine y avait glissé une adaptation (superbe) des Hauts de Hurle-vents avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche. A peine le film terminé, je me suis précipitée sur le livre que j’avais lu quand j’était adolescente mais jamais depuis. Forcément je voulais savoir, comparer, faire durer la magie aussi sans doute, car c’est une histoire magique, tragique, noire et magique !
Devrais-je rappeler la trame ? Dans un coin perdu du Yorkshire, un jeune garçon, tour à tour gâté, rabaissé jusqu’à la déchéance puis trahit dans un amour passionel et exclusif exerce une vengeance implacable qui viendra à bout de deux familles et s’exercera jusque sur les descendants de ceux qui l’ont offensé.
Tout le monde connait ce huis clos démoniaque, violent, cruel niché dans l’écrin d’une lande désolée, battue par les vents où se dressent deux vieilles demeures aussi sombres que les sentiments de leurs habitants.
Ce qui m’a surpris à la lecture c’est à quel point mon ressenti avait évolués par rapport à ma lecture d’adolescente. Je me souvenais parfaitement de l’ambiance gothique et du personnages d’Heathcliff  mais j’avais à peu près tout oublié de celui de Catherine, son égoïsme absolu, sa violence particulière dirigée bien plus contre elle-même que contre tout autre. Et je n’arrétais pas de penser à l’auteure. Où donc a-t-elle été chercher cette démence obsessionelle, cette tension incroyable qui habite les pages de son unique roman. Je n’en ai aucune idée. Aucun de ses personnages n’est seulement sympathiques, trop tourmentés, trop cruels même quand ils semblent représenter le côté lumineux de l’intrigue, si tant est qu’il y en ai un. Et pourtant il est impossible de les laisser, impossible de ne pas les suivre jusqu’au bout dans cette course infernale et morbide, jusqu’au soulagement ténu de la toute fin.
Je me suis aussi demandé pourquoi Heathcliff, homme brutal si totalement implacable, si absolument cruel, exerçait une si grande fascination depuis un siècle et demi. Je suppose que l’amour absolu qui l’habite lui vaut rédemption dans l’esprit du lecteur, comme le personnage d’Hareton semble une rédemption symbolique dans l’histoire elle-même. L’écriture d’une puissance exceptionnelle avec des moments de magie absolue y est pour beaucoup – La prière démoniaque d’Heathcliff après la mort de Catherine, j’en frissone encore – mais il y a plus, le huis-clos irrespirable est le fruit d’une construction extrèmement rigoureuse qui contraste avec ces transports physiques et mentals qui mènent volontairement à la mort. Pour Emily on pouvait  mourir d’amour, de fureur, de vengeance… Grandiose !

Les Hauts-de-Hurlevents – Emily Brontë – 1847

Pour le plaisir, la première scène du film de Peter Kosminsky (1992)… (vous ne l’entendrez pas beaucoup mais la musique est de Ruichi sakamoto)

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Le temps des contes

Les poésies de Tristan au CM1

S’il était encore une fois

Nous partirions à l’aventure,

Moi, je serais Robin des Bois,

Et toi tu mettrais ton armure.

Nous irions sur nos alezans

Animaux de belle prestance,

Nous serions armés jusqu’aux dents

Parcourant les forêts immenses.

S’il était encore une fois

Vers le château des contes bleus

Je serais le beau-fils du roi,

Et toi tu cracherais le feu.

Nous irions trouver Blanche-Neige

Dormant dans son cercueil de verre,

Nous pourrions croiser le cortège

De Malbrough revenant de guerre.

S’il était encore une fois

Au balcon de Monsieur Perrault,

Nous irions voir Ma Mère l’Oye

Qui me prendrait pour un héros.

Et je dirais à ces gens-là :

Moi qui suis allé dans la lune,

Moi qui vois ce qu’on ne voit pas

Quand la télé le soir s’allume;

Je vous le dis, vos fées, vos bêtes,

Font encore rêver mes copains

Et mon grand-père le poète

Quand nous marchons main dans la main.

Georges Jean

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Sexy men swap, c’est mon tour…

Vous le dirai-je ? Cette semaine ce fut noël à la maison mais non sans problème croyez moi. Le sort s’est acharné mettant ma patience à rude épreuve, TRES rude ! Après avoir récupéré mon paquet mercredi matin quasiment à la première heure, j’ai dû patienter jusqu’au milieu de l’après midi pour résoudre mon problème de photos et déballer, enfin, mes paquets. Oui vous avez bien lu, j’ai  contemplé mon paquet pendant des heures, je l’ai même ouvert à un moment,  j’ai sorti tous les paquets et… les ai remis en place intacts, INTACTS ! Vous y croyez , vous ? Tout ça pour pouvoir vous montrer en détails le fabuleux colis que m’a concocté la plus gentille, la plus folle, la plus intuitive, la plus géniale, la plus mauvaise matheuse des swapeuses de la blogosphère : Karine ! encore que la concurrence soit extrèmement rude en la matière, je le reconnais volontiers…

 

Enfin après des heures d’angoisse, je me suis tout à coup rappelé que mon palm prenait des photos… bon la qualité sera au bas mot extra médiocre mais enfin vous aurez un aperçu.


Pour commencer, si j’ai du aller chercher mon paquet à la poste c’est bien évidemment parce qu’il était trop énorme pour entrer dans ma BAL… déjà c’était un indice des folies que j’allais découvrir. La multitudes de paquets roses constellée de petits mots sur des coeurs tout aussi roses en fut un autre… Comment ai-je pu résister autant avant de tout déchirer? Je l’ignore mais le résultat valait l’attente, en vérité je vous le dis.



Au Chapitre Kulture tout d’abord, Karine a une façon de compter bien à elle, un paquet compte pour UN cadeau même quand il contient trois (3) films :

A history of violence (Viggo !!!!)

Someone like you (Hugh !!!!)

et Wuthering Heights (Ralph !!!! Heathcliff !!!!) Celui-là je l’ai déjà regardé (le soir même) c’est une merveille et Ralph Fiennes campe un Heathcliff à tomber aussi sublime qu’attirant, que repoussant (parfois dans une même scène).


Trois livres colorés dans un coffret : les chapitres 10, 11 et 12 des aventures de Stéphanie Plum  en anglais que je me désespérais de lire un jour (Morelli, Ranger !!!!) j’ai commencé le premier des trois, je crois que la langue ne me posera pas trop de problème, j’ai déjà piqué un fou rire!


et encore Soutien-gorge rose et veston noir de Raphaële Germain devant lequel j’avais longuement rêvé cet été à Montréal mais auquel j’avais victorieusement résisté pour cause d’excédent de bagage.


Au chapitre gourmandises,  j’ai eu droit à trois tablettes de chocolat Laura Secord (enfin il en reste deux, la première était délicieuse) et deux chocogrenouilles désencorcelées par les soins de ma très prévenante swapeuse (j’ai dû sacrifier l’une d’elle à la sauvagerie de ma progéniture sans quoi Tolkien sait ce qui se serait passé !)

Je compte aussi au même chapitre (gourmandises) le flacon de peinture corporelle chocolatée fourni avec le pinceau idoine en forme de petite flêche (si c’est vrai !!!) j’ai goûté, c’est bon en chocolat  (j’en ai mis sur mes lèvres qu’est-ce que vous croyez !!!) – Et dire qu’avant ce swap, je ne savais Même PAS que ça existait, tss tss…

Il parait que les huile de massages chauffantes que j’ai déballées ensuite sont également comestibles mais là j’avoue je n’ai pas encore goûté… (et plus ça me parait louche, si c’est chauffant hein !!)


Enfin au chapitre “à côtés trop sexy men” j’ai trouvé :

Un calendrier TRES artistique avec des pompiers dessus (Caro(line) tu peux hurler de jalousie !), il devait faire (très) chaud le jour où les photos ont été prises mais c’est une oeuvre destinée à soutenir une bonne cause c’est marqué dessus…

Une paire de menotte (en plastique d’accord, il parait que Fashion à les mêmes)…

Une charmante petite culotte noire avec Rangeman incrit en strass sur le postérieur (Absolument, vous avez bien lu, je vais me balader avec rangeman gravé en scintillant dans mon jean !)

Et last but very not least un tee shirt accompagné de ce petit mot-coeur dont je compte désormais faire ma devise “pourquoi choisir quand on peut les avoir tous !” :  Morelly by day, Ranger by night sur le coeur et dans le dos… “Darcy Forever sous la photo de Matthew (MATTHEW !!!!). Oui je sais les filles pour la plupart d’entre vous Darcy ressemble à Colin et vous avez raison il est parfait et charmant dans ce rôle mais Matthew est mon Darcy idéal à moi personnellement je, bref he’s mine ! (et l’adjectif charmant n’est vraiment pas le premier qui me vient à l’esprit quand je pense à lui, (pardon maman c’est la faute à Fashion)). (soupir !!!)



Je crois que je n’ai rien oublié (c’est qu’il était copieux ce colis…) mis à part tous les délicieux petits mots coeurs (je les ai tous gardés) et une très jolie carte.



aaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh !!!


Voilà ce que j’ai à dire !


Et aussi Merci Karine pour ce so miraculeux hot colis plein de surprises !


et aussi Merci Fashion pour cette idée délirante de sexy swap !


et aussi Merci tous les sexy men d’embellir notre quotidien !


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The spooks mistake (The wardstone chronicle 5)

Et voici le le cinquième opus des aventures de mon apprenti-épouvanteur préféré,  le célèbre Tom Ward, septième fils d’un septième fils. A vrai dire les choses ne s’arrangent pas au mieux pour Tom qui doit suivre pendant quelques mois les enseignements d’un nouvel épouvanteur, ancien apprenti du vieux Gregory mais autrement plus brutal, bien moins scrupuleux et dans l’ensemble passablement tourmenté. La séparation d’avec sa complice aux souliers pointus, Alice, n’arrange en rien son humeur, pas plus que de faire connaissance avec un nouveau type de sorcières aquatiques, encore moins ragoûtantes que leurs pendants terrestres. Les temps sont boueux pour le jeune Ward et les lendemains s’annoncent plutôt sombres…

Jusqu’ici j’avais toujours lu les aventures de l’épouvanteur et de son apprenti en français. J’ai voulu tenter la version originale et ce fut une très agréable expérience. Le style m’a paru extrèmement évocateur et d’une belle fluidité. Commencerais-je enfin à être en mesure d’apprécier l’écriture en anglais ? Espérons.

Les relations des personnages s’approfondissent, d’étranges perspectives se dessinent pour leur avenir, ils se heurtent encore une fois à de rudes adversaires dont ce fameux Fiend (Source du mal – Satan) libéré par les sorcières dans le tome précédent et de surprenantes alliances voient le jour ! En somme, que du plaisir !

Je me suis beaucoup interrogée sur cette grande erreur de l’épouvanteur mentionnée dans le titre, j’ai plusieurs propositions en tête ! Je prévois de passionantes controverses… dès que le livre paraitra en français. Excellent !

La version française “L’erreur de l’épouvanteur” (?) devrait paraitre bientôt chez Bayard jeunesse mais je n’ai pas pu trouver de confirmation, ni de date précise…

The Spook’s mistake – Joseph Delaney – 2008 – Vintage

Dans les épisodes précédents :

L’apprenti épouvanteur tome 1 et 2  

Le secret de l’épouvanteur   
Le combat de l’épouvanteur

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In my father’s den/Le temps de l’innocence

Le thème du club était le 15 novembre dernier, “Le retour aux sources.” Au départ l’idée était de retourner aux sources des mythes anciens ou modernes mais cela pouvait s’entendre autrement. J’ai donc plutôt choisit de retourner aux sources de films que j’ai beaucoup aimé et dont j’ai déjà parlé dans ce blog (chose assez rare en soi !) –  Pourquoi deux Films  ? Sans raison sinon que j’ai toujours du mal à me limiter. (Par contre je vous présente d’avance mes excuses pour la longueur de ce billet.)
In my father’s den, film neo-zelandais de Brad MacGann réalisé en 2004 d’après un roman également néo-zelandais de Maurice Gee paru en 1972
Le temps de l’innocence,  Scorsese sublime et atypique de 1993 adapté de roman éponyme d’Edith Wharton, prix pulitzer 1920

On pourrait croire au premier abord qu’il n’y a guère de rapport entre les deux mais en fait si. Au-delà du fait que ce sont deux excellents films tirés de deux excellents romans, ce sont aussi des histoires de personnages broyés par un carcan social dont ils sont parfaitement conscients mais sans trouver le moyen de s’en libérer. Même si la forme et le contexte pourraient difficilement être plus différents, il y a, à mon sens, un net rapport sur le fond.

Le premier correspondait tout à fait au thème… d’un certain point de vue. Après avoir acheté le dvd à l’aveuglette, j’ai eu la bonne surprise de découvrir un film magnifique, d’ailleurs plusieurs fois récompensé notamment par le grand prix du festival du film britanique de Dinard mais jamais distribué en france (pourquoi ? mystère !). En bonne LCA, je n’ai eu de cesse de lire le roman d’origine seulement Maurice Gee est un auteur prolifique, très célèbre en Nouvelle Zelande mais totalement inconnu chez nous et de surcroit jamais traduit, du moins à ma connaissance. De plus le roman date de 1972, autant vous dire que le trouver n’a pas été chose facile. Heureusement Choupynette, elle aussi accro au film, était de la partie et c’est grâce à elle que nous avons pu nous faire ramener le roman de Nouvelle Zélande. Rien que ça ! (J’aurais volontiers fait le voyage moi-même notez-bien, malheureusement cela n’a pas pu se faire, la vie est mal faite…) Bref après toutes ces aventures, le roman en question a encore une fois été une bonne surprise.

Dans une de ces petites villes où il ne se passe jamais rien (chères à certains auteurs et à Thom),  deux frères sont élevés dans une sorte d’intégrisme religieux par une mère plus que rigide. En grandissant, il réagissent de façon opposée, l’un s’ancrant dans les croyances maternelles, l’autre fuyant à l’autre bout du monde. A son retour de nombreuse années plus tard, le voyageur pense pouvoir vivre tranquille mais sa longue absence a brouillé son image et modifié sa perception des autres. Par sa conduite ouvertement peu soucieuse des conventions, il choque et se rend suspect lorsqu’un drame survient, d’autant que les fantômes de son enfance rôdent toujours…
A la fois polar, étude de moeurs et dénonciation de l’hypocrisie meutrière des “gens comme il faut”, ce roman par ses thèmes s’inscrit bien dans son époque, les année soixante-dix, mais l’intrigue elle-même ne dépend d’aucun repère temporel, ce qui la rend d’autant plus facile d’accès pour ceux qui ne connaissent pas grand chose de la Nouvelle-Zélande. Les personnages sont complexes, l’intrigue retorse et bien menée, le cadre fascinant. Je l’ai lu en anglais (forcément) mais je l’ai trouvé très agréable à lire avec une belle force d’évocation.

Pour le temps de l’innocence, ce fut beaucoup moins difficile. Fascinée par le superbe film de Scorsese, je n’ai eu qu’à l’emprunter à la bibliothèque. C’était mon premier Wharton et ce ne sera pas le dernier. J’ai beaucoup aimé le style incisif et l’ironie noire de l’auteur même si la tristesse infinie de l’histoire a un peu gommé l’humour de la plume dans mon esprit.
Dans les année 1870, un New-Yorkais de la bonne société sur le point de se marier avec une pure jeune fille, s’éprend à l’encontre de toute convenance d’une jeune veuve plutôt libre de manières. Tout en analysant avec justesse l’étroitesse d’esprit et le ridicule du ” bon ton” de rigueur dans son milieu, Newland Archer éprouve de grandes difficultés à s’en libérer… D’une finesse et d’une délicatesse de style impressionantes, ce roman est une pure merveille et ses personnages continuent de vous hanter longtemps après que les pages se soient refermées.

Choses intéressantes, les deux adaptations cinématographiques sont diamétralement opposées dans leur principe même. Martin Scorsese a respecté le livre je pourrais presque dire à la virgule prêt. En lisant le roman, je voyais le film se dérouler sous mes yeux, rien de plus, rien de moins. La plus grande liberté qu’à pris le réalisateur est dans le casting, faisant de la fiancée blonde, une brune et de l’amoureuse brune, une blonde (suis-je claire).  A la limite s’en est presque frustrant, habituée que je suis à attendre plus d’un livre que du film qui en a été tiré.
Brad McGan
n au contraire a quasiment tout changé de l’histoire, la situant de nos jours, modifiant les mobiles, les liens personnels et même le meurtrier, ce qui n’est pas rien dans un polar. Et pourtant son film est extrèmement fidèle à l’esprit du livre, à son sens profond et à ses personnages. Un tour de force assez impressionant dont je ne suis pas tout à fait remise je dois bien le dire.

Ces différences ont d’ailleurs entrainé au sein du club un vaste et chaud débat sur les adaptations cinématographiques et leurs aléas où ont été cités pèle-mêle, Beignets de tomates vertes, Out of Africa, Brokeback moutain, La route de Madison, Le seigneur des anneaux (je me demande qui a bien pu mettre celui-là sur le tapis),  Les liaisons dangereuses, Valmont, Le voile des illusions et plein d’autres qui ne me reviennent pas là tout de suite. Par contre je sais que nous avons fini par tomber d’accord sur la nécessité d’une nouvelle adaptation d’Autant en emporte le vent et que nous avons commencé à discuter du casting. Rhett va être difficile à trouver je vous le dit, georges fut jugé trop vieux, johnny trop petit, daniel trop animal (et oui il a été proposé), je ne vous dirai pas qui j’ai proposé (de peur de passer pour monomaniaque) mais j’aimerai bien savoir qu’elles sont vos propositions pour Rhett et Scarlett ?

In my father’s den
– Maurice Gee – Faber 1972
In my father’s den – 2004 – Brad McGann (nouvelle-zélande) avec Matthew McFadyen, Miranda Otto, Emily Barclay… (vous trouverez des images
sur mon précédent billet)
Le site officiel du film

Le temps de l’innocence
– Edith Wharton – 1920
Le temps de l’innocence – 1993 – Martin Scorcese (USA) avec Daniel Day-Lewis, Michele Pfeifer, Winona Reider… (idem une bande annonce sur mon billet)

 

Publié dans roman néo-zelandais | 44 commentaires

Tag musical… enfin !

Normalement aujourd’hui je devrais publier mon billet autour du thème “retour aux sources”, thème choisit pour notre rencontre Lire et délires ! Seulement voilà, je ne l’ai pas encore écrit. Oh j’ai fait mes devoirs, et même en double. J’ai choisi de lire In my father’s den de Maurice Gee, un roman néo zelandais des années soixante dont j’ai adoré l’adaptation et Le temps de l’innocence de Edith Warthon dont Scorsese a fait un superbe film. Donc en attendant ce billet qui ne saurait (trop) tarder, je me suis dit que je pourrrais répondre à ce Tag.

D’accord c’est vrai, Choupy et Anjelica m’ont tagué il y a 10000 ans mais c’est que le challenge était difficile : sélectionner cinq morceaux plus un que j’apprécie, que j’aime et plus si affinités…  Cela demandait réflexion. Après moult méditations et délibérations avec moi même, je vous ai concocté un petit mélange bizaroïde bien de chez moi, avec :

Quelquechose de hard pour commencer, parce que c’est un peu ma base et puis c’est extra pour les corvées (genre ménage, ça défoule, je vous le conseille !)


Quelquechose de léger
, parce que pour le coup, cette chanson c’est tout moi…


Quelque chose sans parole parce que cet air m’a habité pendant des jours et des semaines… (d’accord j’ai regardé le film en boucle pendant des jours et des semaines aussi !)




Quelquechose de magique
, je ne saurais pas le définir autrement… 


Quelquechose de grandiose… The riders of Rohan (forcément !)


avec un nuage d’épopée… (ça ne compte que pour un, c’est la même origine )… Savez-vous que les paroles sont vraiment en elfique, oui bon chacun ses obsessions (grand Tolkien, que j’adore cette musique, les trois albums au complet – d’accord les trois films en version longue aussi et les trois livres encore plus)…


et pour conclure, un zeste de ma drogue personnelle parce que sinon ce ne serait pas moi…


Je crois que ce tag (cette tag) a déjà fait le tour de la blogoboule (même si d’aucun a honteusement triché !) mais si d’autres veulent prendre le relais, je vous en prie… et j’espère de tout coeur que vous aurez autant de mal que moi !

Publié dans Je l'écoute | 30 commentaires

Squelette sous cloche

Premier “Juge Ti” écrit entièrement par Van Gulik qui avait auparavant traduit des nouvelles le mettant en vedette, Squelette sous cloche est un des romans les plus complets de la série et peut-être un des meilleurs. Encore que je les aime tous et que j’ai bien du mal à décider de mon préféré.
En quoi se distingue-t-il ? Et bien je dirai par sa construction dans laquelle Van Gulik s’est appliqué à respecter certaines traditions des romans chinois
anciens qu’il laissera peu à peu de côté ensuite. L’histoire est donc encadrée par une introduction un brin fantastique qui annonce l’action et par un chapitre d’analyse en fin de volume conduit par des personnages extérieurs, ici les membres de la cour métropolitaine de justice qui doivent ratifier les décision du juge Ti. Entre les deux, nous suivons trois enquêtes sans liens entre elles mais parfaitement imbriquées du point de vue temporel. S’il semble assez normal qu’un magistrat conduise plusieurs affaires de front, encore faut-il réussir à articuler harmonieusement le tout. Ce que l’auteur réussi excellemment, amenant son héros à résoudre simultanément  un meurtre crapuleux dans les bas quartiers, une très vieille et sanglante affaire de vendetta et une sombre histoire de viols en série et de corruption dans un monastère bouddhiste.
Cette variété permet de mettre en scène non seulement les qualités d’enquêteur du juge avec des passages Holmesien en diable mais aussi son goût de la machination, le montage qui lui permet de confondre les moines dépravés est des plus spectaculaires, et ses aptitudes de juriste retors, c’est une subtilité légale qui lui permet de faire condamner le responsable d’une série de meurtres particulièrement atroces.
J’ajoute que ce poste de Pou-Yang est le cadre de cinq romans (enfin plus ou moins car trois d’entre eux prennent place pendant un voyage !), le record de la série. Peut-être est-ce dû à un des personnages secondaires les plus réussis des aventures du Juge Ti, j’ai nommé le sémillant magistrat Lo qui fait son entrée ici et que nous auront plus largement l’occasion de rencontrer dans le Pavillon rouge et surtout Assassins et poètes. Sans doute Van Gulik n’a-t-il pas pu se résoudre à abandonner un personnages aussi riche de possibilités et comme il a eu raison.
Alors entraîné par des intrigue ficelées au millimètre, émoustillé (je dis ça pour Thom) par les ingrédients habituels de l’auteur, sang, sexe et mystère, ébloui par un cadre historique impeccable et séduit par des personnages curieux et attachants, le lecteur (ou a lectrice en l’occurrence) en redemande. Magistral !

PS – Comme son nom l’indique il y a bien une sombre histoire de Cloche dans ce roman ce qui donne lieu à une scène d’anthologie…
PPS – Thom, maintenant la preuve est faite, Ma Jong ne porte pas la barbe. P45 de mon édition ” Ma Jong avait plus de six pieds de haut et une carrure d’ours. Son visage aux fortes machoires était rasé, à l’exception d’une courte moustache. En dépit de sa masse imposante il se déplaçait avec la grâce rapide qui caractérise le boxeur expérimenté.”

Squelette sous cloche – Robert Van Gulik –  1950 – Traduit de l’anglais par Roger Guerbet 1962 – 10/18

Dans les épisodes précédents…
Les enquêtes du juge Ti
Trafic d’or sous les Tangs
Le paravent de laque
Meurtre sur un bateau de fleurs

Le monastère hanté

Publié dans Polar | 16 commentaires

Dans les coulisses du musée

dans-les-coulisses-du-musee-40034-250-400 Dès la seconde de sa conception, Ruby Lennox fait l’expérience du rejet. Au cœur des pensées de sa mère, elle ne sent que colère, dégoût et  frustration, car dans l’esprit de cette femme qui se rêve en Scarlett et ne décolère pas d’être l’épouse ordinaire d’un homme médiocre, Ruby n’a pas sa place… A vrai dire sa mère ne supporte guère ses sœurs mais à mesure qu’elle grandit, Ruby sent bien qu’elle est, plus que les autres, un objet de répulsion.
Ce qu’elle va mettre une vie à comprendre, c’est la malédiction du silence qui domine sa lignée maternelle. Mère, grand-mère, arrière-grand-mère, mais aussi tantes, oncles ou grands-oncles, tous ont reçu , enfants, des blessures profondes, aucun n’a pu les dire, tous en portent les stigmates et les reproduisent. Ruby va devoir se chercher dans le silence de toute une famille figée dans ses manques.
Ce roman ressemble à un tourbillon. Sa construction flamboyante pourrait nous perdre dans ces fragments de vies multiples répartis sur quatre générations, et pourtant non. Très vite tout se met en place, chaque pièce du puzzle éclaire un peu plus un tableau familiale à la fois ordinaire à pleurer et proprement tragique. On se prend à suivre, le coeur serré, les trajectoires de personnages parfois attachants, parfois déprimants ou drôles mais tous impuissants. Sous le style pétillant et l’humour sarcastique de l’auteur se dissimule une tristesse si profonde qu’elles en devient inaudible pour ceux-là même qui la souffrent. Superbe et poignant !Merci à Stéphanie pour son prêt.

Les avis (très divers c’est le moins qu’on puisse dire) de Jules , Praline, PascalPapillon  Virginie, et Heri

Dans les coulisses du musée – Kate Atkinson – 1996 – Traduit de l’anglais par Jean Bourdier – éditions de Fallois.

Publié dans roman britanique | 26 commentaires

Gossip girl

La littérature jeunesse réserve de biens bonnes surprises et en général je prends grand plaisir à partager les lectures de mes filles (voire des mes copines de blogs !). C’est donc pleine d’enthousiasme que j’ai ouvert Gossip girl – livre à l’origine de la série télévisée dont on parle partout !  Fort bien, cela va me permettre de me réconcilier d’un coup avec tous ceux qui trouvent que je ne fais pas assez de critiques négatives. Car même si je l’ai fini (avec peine !) le moins que je puisse dire c’est que j’ai détesté.
L’idée est la suivante, dans un quartier très huppé de New York, une petite bande d’ados aussi privilégiés que livrés à eux-mêmes voit revenir en ville une des leurs, partie quelques années plus tôt en pensionnat. L’une des leurs peut être, ce qui ne signifie pas pour autant que son retour fasse plaisir à tout le monde. Dans le même temps sur internet, une anomyme, Gossipgirl, fait la chronique des commérages du quartier sous le mode : on a vu S, ou O, ou D faire ceci ou cela… mais d’ailleurs comment peut-elle savoir tout cela ?
Bon jusque là rien de grave, ce pourrait être drôle, piquant, un rien médisant peut être mais dans une veine ironique ou même caustique. L’ennui c’est que ce n’est rien de tout cela, plutôt un Beverly Hills (la trop célèbre série des années 90) en beaucoup plus trash…
Car ici pas de personnage un tant soit peu fouillés ou même simplement sympathiques, l’auteur se donne beaucoup de mal pour faire passer tous ses personnages pour des crétins décérébrés (des ados surtout mais les adultes quoique peu présents ne leur cèdent en rien !) qui ne pensent qu’à s’éclater, c’est à dire boire et se droguer. Le jour ce sont des élèves parfaits dans leurs écoles privées extrèmement exigeantes mais quand vient le soir, c’est la fête. Qu’après leurs beuveries monumentales quotidiennes assaisonnées de quelques psychotropes supplémentaires, ils puissent se retrouver  frais et dispos en classe le lendemain matin, n’est jamais expliqué – sacrément costauds les gamins, à 17 ans tout est possible je présume. Encore plus fort, bien que que leur quotidien soit depuis plusieurs années ponctué de beuveries monumentales dans des suites d’hôtel 18 étoiles (ne lésinons pas), où tout le monde finit ensemble dans le jaccuzzi et vomit un peu partout avant de s’écrouler, ils sont (presque) tous vierges (les filles du moins) et fort occupés à rêver de la façon la plus romantique de perdre ce privilège (car ils boivent, ils fuments, ils se dopent mais le sexe c’est du sérieux…  il doit y avoir une morale derrière tout ça !)
Quand au site Gossipgirl.net qui est l’élément accrocheur de cette série de livres, il aurait pu être drôle s’il ne confondait pas pas régulièrement ragots, médisances et calomnie pure. Dommage, car ce sont les seuls passages un tant soit peu amusants.
Le style est laborieux voire carrément pauvre (disons que la traduction n’arrange peut être rien…) et ce n’est pas les quelques tentatives de recourir au lexique ordurier (jeune ?) qui relève le niveau. Rien de spécialement choquant remarquez, juste pénible à lire.

Finalement la seule bonne idée de ce douteux opus, c’est la phrase qui clôt chaque article du site et devient une sorte de fil rouge de l’intrigue (?) : “Vous m’adorez, ne dites pas le contraire !” , un peu léger pour en faire un livre. La série télévisée est peut être meilleure, je le lui souhaite. Lamentable!

Gossip girl T1- Cecily von Ziegezar – traduit de l’anglais par Marianne Thirioux – 2002 – Fleuve Noir

Publié dans livre jeunesse | 48 commentaires

Le monastère hanté

Chronologiquement situé quelques temps après les aventures relatées dans Meurtre sur un bateau de fleurs, le monastère hanté fait partie des derniers romans écrits par Van Gulik ainsi que de ce que j’ai déjà appelé les aventures du juge Ti en voyage.  Accessoirement c’est aussi un de mes préférés.
Après un séjour dans la capitale en compagnie de ses trois épouses et de Tao Gan, le juge doit demander asile pour la nuit à un monastère taoiste. Le monastère en question avait peu auparavant attiré son attention du fait de trois décès de jeunes postulantes insuffisament expliqués à son goût – une occasion comme une autre de fouiner un peu.
Toute l’intrigue se déroule donc en une nuit de tempête et cette unité de temps et de lieu donne un rythme étonnament allègre à ce court roman… En quelques heures, le magistrat aura l’occasion d’élucider, bien sûr, les trois disparitions, mais aussi de découvrir un meurtre déjà ancien, de déjouer des pratiques plus que douteuses, d’en punir les coupables, de jouer les marieurs et de s’initier au rudiments du taoisme… qui seront du reste  loin de convaincre notre confucianiste convaincu !
Ce très bon cru offre à notre héro un théatre à sa mesure pour y exercer ses talents. Ce monastère labyrinthique avec ses tours et ses détours, ses marches innombrables, sa crypte interdite, ses chambres dérobées, sa galerie des horreurs, dont l’arrangement horrifique m’a semblé quasi chrétien, forme une toile de fond limite gothique à une intrigue enlevée, animée par une série de personnages secondaires passionants. Bonus, nous avons pour une fois l’occasion d’assister à quelques scènes de l’intimité familiale du juge Ti. Que du bonheur !

Le monastère hanté – Robert Van Gulik – 1963

Dans les épisodes précédents…
Les enquêtes du juge Ti
Trafic d’or sous les Tangs
Le paravent de laque
Meurtre sur un bateau de fleurs

Publié dans Polar | 10 commentaires