Le murmure des hakapiks

Mais qu’est-ce qu’un hakapik me direz-vous ? Et bien c’est un engin de mort (au sens strict), une hampe dotée d’un percuteur et d’un crochet, l’un pour fracasser la boite crânienne du phoque et l’autre pour le saigner et le traîner sur la glace. Le titre parait tout de suite moins poétique, non ?

Ce troisième opus des enquêtes de l’inspecteur Moralès nous entraine dans deux croisières hivernales bien différentes quoique concomitantes. (Si vous avez un autre mot, je suis preneuse). D’une part l’agente Lord, croisée dans la mariée de corail, embarque sur le Jean-Mathieu avec une escouade peu reluisante de chasseurs de loups marins (de phoques donc) pour surveiller les conditions d’abattage. Autant vous dire qu’elle n’est pas la bienvenue, ni en tant qu’agente de Pêches et Océans Canada, ni en tant que femme. De son côté Moralès a accepté de participer à une croisière caritative sur le Saint-Laurent  avec étapes de ski de fond et fêtes tous les soirs, sans compter une psychologue judiciaire de ses amies qui aimerait fort l’impliquer dans sa dernière enquête. Un contraste absolu entre deux univers qui vont bien évidemment finir par se télescoper…

Suis-je la meilleure personne pour parler de ce roman ? je n’en suis pas sûre car voyez-vous, si j’adore les polars poétiques, je déteste avec constance les thrillers. Or avec ce troisième tome c’est bien la bascule que Roxanne Bouchard a accompli. Alors comme thriller, je dirai qu’il part vraiment lentement et peine a décoller mais que la seconde partie est haletante à souhait – du moins pour ceux qui aiment – avant de se conclure d’une façon qui a fini de me repousser. Dans l’intervalle s’est évanoui ce qui faisait, pour moi, la magie des deux premiers opus. Évanouie la poésie du sel et des embruns – que la fétide sanguinolence des scènes de chasse ne remplace pas vraiment, et foin de ces personnages, attachants ou non, mais aux motivations profondes et complexes. Ici seuls Moralès et Lord qui évoluent vers l’acceptation de leur sentiment, sont réellement vivants, tous les autres ne sont qu’esquissés, parfois limite caricaturaux et leur sort – au mieux – nous indiffère. Après, je l’ai dit, je ne suis pas le meilleur public pour un thriller, et si j’en juge par les critiques élogieuses que j’ai lues, certains lecteurs y ont trouvé leur compte et tant mieux. Pour moi, disons que si un quatrième opus sortait, il faudrait me convaincre pour que j’y retourne. Dommage !

Le murmure des hakapiks – Roxanne Bouchard – Libre expression – 2021

De la même autrice dans ces pages : Nous étions le sel de la mer (Joaquin Moralès 1) : La mariée de corail (Joaquin Moralès 2), Whisky et paraboles, L’orphéon : crématorium circus.

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8 réponses à Le murmure des hakapiks

  1. Anne dit :

    Je n’ai pas encore lu le premier qui traîne lamentablement dans ma PAL…

  2. luocine dit :

    Je lis très peu de polars et encore moins de thrillers donc je vais passer mon chemin

  3. Jerome dit :

    Je suis comme toi, les thrillers, très peu pour moi !

  4. Ah oui dommage car tu avais aimé les premiers tomes.

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