Ce week end à Toulouse…


Tout un programme et des VIP (artistes de tous horizons mais aussi célébrissimes blogueuses en villégiature, comme je vous le dis !)
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L’égypte ancienne (au fil de la BD)

Ce joli livre est un résumé de l’histoire et de la culture de l’Egypte ancienne, illustré des plus belles vignettes “égyptiennes” de célèbres dessinateurs de bandes dessinées, de Edgar P. Jacob à Enki Bilal en passant Jacques Martin et son Alix ou Lucien de Gieter et son célèbre Papyrus.
La partie historique est sympathique quoique peut être moyennement originale (Il faut dire que J’ai une fille qui collectionne les documents sur l’Egypte depuis sa plus tendre enfantce, je suis donc extrèmement rôdée !), par contre les parties sur la religion et surtout sur l’art et son symbolisme m’ont semblé beaucoup plus passionantes du point de vue de la compréhension et du décodage des oeuvres somptueuses de cette ostentatoire civilisation.

Au chapitre des bémols, j’ai détesté la typographie – les caractères sans empattement gènent passablement la lecture suivie – et quelque peu tiqué sur les maladresses de style. Je trouve bien dommage que l’éditeur n’ait pas corrigé ces quelques phrases bancales qui caviardent le texte. Plus ennuyeux pour la collection “au fil de la bd” que je découvrais, le lien manque cruellement  entre le texte et les très belles vignettes qui l’illustrent. L’avis de l’auteur, historienne de l’art, aurait été du plus grand intérêt à mes yeux. Ne serait-ce que pour pointer les adaptations historiquement réussies, les idées reçues, les erreurs habituelles ou non, les lieux communs et tutti quanti.
Malgré ces quelques bémol, ce livre reste un bel ouvrage “jeunesse”, intéressant, bien relié et doté de superbes illustrations qui donnent envie de se procurer quasiment toutes les bandes dessinées citées. Artistique et éducatif !

L’égypte ancienne – Anne Lebrun-Nélis – 2009 – Edition Versant Sud – Collection “au fil de la bd
“.

Merci Babelio…

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Les lendemains de books…

Fourbue, épuisée, lessivée, courbaturée, déneuronée (comment ça n’existe pas ? vous devriez voir comment j’ai calculé mon horaire de retour) mais quand même heureuse d’avoir participé ! Voilà de quoi sont faits les lendemains de books and the city, le célebrissime rally littéraire et parisien animée par de so glamourous lca. Encore aujourd’hui, j’ai d’étranges bouts de phrases en tête qui parlent de peintures qui ont remplacé des lettres dans le marais, de “je t’aimes” (non ce n’est pas une erreur) à Montmartre, de grands hommes qui sont là sans y être et je ne vous dit que ça…
Comme je suis épuisée, je ferai court : ce fut une journée incroyable de belles rencontres (ah mettre enfin un visage sur un pseudo !), de courses poursuites et de réflexions en canon, le tout fort stimulant et drôle mais totalement crevant. Qu’importe, on en reprendrait volontiers mais pas tout de suite, une totale récupération s’impose d’abord !
A la clé nous fumes tous récompensés de nos si musclo-cerebraux efforts par un repas en commun tout ce qu’il y a de plus animé (avez vous déjà vu, que dis-je entendu, une quarantaine de LCA dans un même lieu même très fatigués ?) couronné par un palmarès de folie (d’où la Darcy’s team était irrémédiablement absente mais nous sommes quand même fières de nous, non mais !) et de sublimissimes slat (Sac à Livres A Trimbaler pour les néophytes) bien garnis pour tous, voyez plutôt le mien :


superbe non ? (et fait-main de surcroit, merci Fashion) et attendez de voir ce qu’il cache…

slat_apres

Bien sûr nous n’avons pas tous eu les mêmes livres, d’où tractations diverses et échanges en tous genres, de toutes façons nous avons tous été éhontément gâtés, qu’on se le dise (j’ai mal à l’épaule maintenant, c’est que c’est lourd les livres, à partir d’un certain nombre !)
Alors évidement j’en profite :
– Pour remercier Amanda, Chiffonette, Emeraude, Fashion, Stéphanie et Tamara (les donc so glamourous (et retorses) organisatrices de cette ébourrifante manifestation),
– Pour assurer la Darcy’s team de toute mon affection (quelle sacrée équipe nous avons formée les filles !),
– Pour dire, encore et toujours, toute notre gratitude aux membres honoris causa de notre équipe, j’ai nommé ALaure et Mr Kiki qui ont passé leur journée au téléphone à faire des recherches internet improbables voire farfelues)
– et bien sûr pour féliciter les grands vainqueurs, ainsi que tous les participants, d’en être sortis sans doute plus forts qu’avant (car aux dernières nouvelles, je crois que nous avons tous brillamment survécu !)
Et quelle est donc La question que tout le monde se pose aujourd’hui ?
Et bien, mais y aura-t-il une troisième édition l’année prochaine ?
Hein y aura-t-il ?

et avant de nous quitter, car un bienfait n’arrive jamais seul, que croyez-vous qui m’attendait à mon retour dans ma lointaine contrée ?

Un week end de folie, vous dis-je !

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Today

Indyueyin Jones
(de la Darcy’s team, what else)
à la recherche des livres perdus…
(Merci Mr Kiki !!!!)

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Lady Ludlow

Au tournant des XVIIIe et XIXe siècle, une jeune fille plutôt pauvre mais de bonne famille est accueillie par Lady Ludlow, riche veuve qui aime à faire le bien en s’entourant de demoiselles de compagnie dans le besoin. Au fil du temps, elle raconte le quotidien d’ une demeure seigneuriale restée dans le passé pour l’essentiel mais peu à peu cernée par des changements inéluctables.
Lady Ludlow n’est pas vraiment un roman, plutôt une chronique sociale s’attardant tantôt sur une période, tantôt sur un personnage ou un sujet de controverse. Certaines digressions ont une évidente portée morale, savoir si nous la comprenons aujourd’hui comme Elizabeth Gaskell la ressentait, c’est une autre histoire. L’utilisation de la longue anecdote qui prend place pendant la révolution française utilisée comme parabole des méfaits de l’instruction dispensée à des esprits trop frustres est particulièrement intéressante, en ce sens qu’elle donne une idée précise de la façon dont ces évenements ont pu être vécus et interprétés par la bonne société anglaise. Les affrontements entre lady ludlow et ses tenanciers sont également très savoureux, l’auteure ne juge pas ses personnages, qu’elle traite ma foi très honnêtement, et la digne dame, quoique parangon du respect des traditions dans ce qu’elles ont de plus figées, se sent parfois bien à l’étroit face à de criantes injustices que jusque là on avait eu l’élégance de ne pas lui mettre sous le nez.
Une très belle galerie de personnages dans un récit qui manque un peu de liant et de tenue mais qui est sauvé par l’exceptionnelle qualité de son écriture élégante et précise. Un bon moment de lecture, plein d’intérêt pour qui s’interesse à cette période précise dans ce pays précis et qui m’encourage à continuer avec Elizabeth Gaskell. Terriblement anglais !

Lady Ludlow – Elizabetth Gaskell – 1858 – Ombres 1999

L’avis d’Isil toujours à la pointe de la littérature anglaise du XIXe.

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La grande course de chars à voiles

Dans un futur si lointain que toute chronologie devient insignifiante, les descendants des hommes sous l’influence de la philosophie des Chihuahuas, ont abandonné le feu, le métal et par là même toute technologie un tant soit peu avancée. Ils voyagent et transportent leurs marchandises sur des Chars à voiles circulant sur d’immenses chemins de bois. Ces chars sont à la fois une source de fierté, de plaisirs et de profits, tant pour ceux qui les maneuvrent que pour ceux qui les aident dans les passes difficiles. Les felinas ont le monopole de cette activité, mais les spécialistes, ces descendants d’humains génétiquement modifiés dans un passé immémorial, s’entendent mal avec les vrais humains et cela quelquesoient les gènes dont ils ont hérité, jaguar, singe ou caïman. Leurs antagonismes pourraient bien à la longue faire réapparaitre des options et des drames qui semblaient oubliés pour toujours. Mais dans l’ombre veille la mystérieuse Didon, consciente des multiples avenirs possibles, elle entend bien s’assurer que l’un au moins de ces futurs se réalisera…
Ce roman se présente comme le prélude mythologique du chant de la terre. L’écriture génère un souffle et un rythme très poétique, les multiples passés et futurs s’entrecroisent, les personnages y acquièrent une belle  épaisseur et l’histoire un côté touffu, fragmentaire tout à fait dans le ton d’une légende en gestation. L’influence lointaine de Cordwainer Smith et des seigneurs de l’instrumentalité est présente mais de la façon la plus discrète, un très beau prélude pour un cycle dont j’aimerais bien faire le tour désormais. ambitieux, exotique, dépaysant !

La grande course de chars à voile (Cat Karina) – Michael Coney – 1982 – Ailleurs et demain, Robert Laffont 2009
L’avis de Katell, et merci à pour ce joli cadeau

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Sur le sable…

sous les pins
ça sent bon…
Sur le sable

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haiku (bientôt le 6 juin…)

fleurs d’hortensia…
étalé sur le tatami
un plan des rues de Paris

yoko sugawa

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Assassins et poètes

Convoqué par le préfet à Tchin houa, territoire de son collègue et ami le magistrat Lo, le juge Ti se voit invité par ce dernier à un séjour littéraire auquel doivent participer plusieurs célèbres poètes. Notre juge, bien que peu intéressé par la poésie moderne, est bien obligé de s’incliner. Heureusement pour lui, quelques meurtres vont venir épicer son séjour, voire le corser lorsqu’il soupçonne un lien avec les prestigieux invités du yamen.
Ce roman est le dernier écrit par Van Gulik avant sa mort. Comme le précédent il met en scène le juge en voyage, seul, et nous permet de retrouver son estimé frère-né-après-lui Lo, déjà rencontré à l’occasion de précédentes enquêtes relatées dans Squelette sous cloche et Le pavillon rouge.
Cet opus est sans conteste l’un de mes préférés et tout d’abord à cause de lasomptueuse galerie de portraits dont nous régale l’auteur: un académicien impérial imbu de son importance, un poète de cour un rien blasé, un moine ch’an (zen en japonais) dont les propos, comme les calligraphies, sont de petits bijoux et une ancienne et passionnante courtisane directement inspirée d’une fameuse poétesse dont Van Gulik a fait le portrait dans sa vie sexuelle dans la Chine ancienne (que je vous recommande au passage). A côté de ces invités de marque, s’agitent quelques personnages secondaires tout aussi savoureux, marchand de thé aisé, petit quincailler, flûtiste ou danseuse, tous sont admirablement campés et tiennent leur rôle de façon plus que crédible dans une société codifiée mais parfaitement intelligible.
L’intrigue ensuite, solidement construite et passablement retorse, ne forme qu’une seule affaire aux ramifications complexes s’étendant autant dans le passé que dans le présent. Enfin j’apprécie particulièrement le côté civilisé, très convivial de cette enquête que le juge Ti mène de repas modeste  en banquets d’intellectuels, de concertations autour d’un thé en interrogatoire alcoolisé. En mettant bout à bout ces bribes de conversation, notre juge ne trouvera d’ailleurs pas la solution qui sera, certes, révélée mais en le prenant, pour une fois, plutôt de court.  Une tragique histoire où les renards tiennent leur place à moins, comme le dit le frère Lou, que ce ne soit “un drame de renard où quelques malheureux humains jouèrent un tout petit rôle”.  Un bijou !

L’avis de mon propre et estimé frère-né-après-moi Thom.

Assassins et poètes – Robert Van Gulik – 1968traduit de l’anglais par Anne Krief – 10/18

Dans les épisodes précédents
Les enquêtes du juge Ti
Trafic d’or sous les Tangs
Le paravent de laque
Meurtre sur un bateau de fleurs
Le monastère hanté
Squelette sous cloche
Le pavillon rouge
La perle de l’empereur
Le collier de la princesse

 

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L’Amant de lady Chatterley

2009 sera l’année des classiques ou ne sera pas… certes ! C’est bellement dit, merci Caro(line), merci Fashion mais lire des « classiques » c’est une chose, écrire autour en est une autre et je me sens comme toujours très démunie au moment de rédiger un billet sur un tel roman.
L’avantage est que la trame est bien connue ; Constance, jeune femme éduquée de la bonne société, s’étiole auprès d’un mari impuissant et aigri. Elle retrouve peu à peu le goût de la vie dans les bras du garde-chasse de son époux. Horreur, malheur, quoi de plus choquant en 1928 que ces scènes de sexualité épanouissantes et, pour l’époque, explicites entre une femme de bonne famille et un homme socialement inférieur? Le roman, interdit pour obscénité pendant plus de trente ans, ne sera publié intégralement qu’en 1960 après un procès retentissant ou témoignera entre autre E. M. Forster.
Je serais bien en peine d’analyser un tel livre et du reste cela a déjà été fait souvent et fort bien mais je peux parler de ce qui m’a particulièrement frappée. Et tout d’abord du fait que j’ai enfin compris certaines allusions rencontrées au détour de livres ou de films et qui m’avaient échappé sur le moment. Voilà un des grands avantages de lire des classiques ; savoir que l’héroïne du film d’Adrian Lyne, Infidèle, se prénomme Constance avec raison n’est peut être pas essentiel mais ajoute au plaisir (récemment j’ai été soufflée en lisant que Stendhal disait destiner ses romans aux Happy fews qui pouvaient les apprécier, inculte que je suis ! mais je digresse).
Ensuite j’ai bizarrement beaucoup pensé à Tolkien au cours de cette lecture (inutile de ricaner, merci !), l’opposition systématique voire méthodique que Lawrence stigmatise entre la modernité vue comme industrielle, abêtissante, deshumanisante et un monde traditionnel organique et sensuel m’a continuellement ramenée à Tolkien et à l’affrontement nécessaire et désespéré qu’il met en épopée entre les flammes destructrices de l’industrie et une tradition de nature et de fécondité. Liée aux bouleversements sociaux de l’Angleterre de l’après grande guerre, cette opposition est au coeur du roman de Lawrence. Constance et Mellor, les amants revivent en acceptant leur nature sensuelle au milieu des bois – ce renouveau de la vie culminant avec la conception d’un enfant dont Connie refuse de faire endosser la paternité par son mari. En parallèle inversé, lord Chatterley, personnage tout aussi symbolique et assez terrifiant, se découvre une vocation active de capitaine d’industrie  et devient toujours plus desséché, plus pervers, moins humain, dévirilisé par cette activité plus encore que par sa blessure de guerre.
Le style est particuliers, je ne surprendrai personne, dense, exigeant souvent répétitif, il ne se laisse pas oublier. L’auteur développe à l’envie ses théories sur la littérature, le mariage, les femmes, le sexe, l’argent que sais-je encore ? Et si ses propos sont parfois surprenants, agaçants ou même choquants, ils sont toujours pleins d’intérêt mais de ce fait, entrer dans le roman demande un certain temps, ensuite… tout va bien. Stimulant !

L’amant de lady Chatterley – D. H. Lawrence – 1928 – traduit de l’anglais par Frederic Roger-Cornaz

PS : la traduction pose  d’ailleurs une vraie question, celui de l’usage que fait Mellor de l’alternance entre rugueux patois et anglais correct et que le traducteur a choisi de ne pas traduire. Je comprends ses raisons mais cela alourdit passablement le style car il est obligé de signaler systématiquement chaque changement de registre.

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