La solitude des nombres premiers

“Les nombres premiers ne sont divisibles que par un et par eux-même; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair qui les empêche de se toucher vraiment.”
Mattia et Alice sont des jumeaux de cette sorte. Pourtant ils se sont reconnus dès l’adolescence mais les  blessures secrètes qu’ils gardent de leur enfance, les condamnent à une solitude souvent recherchée, toujours subie. Tout en ressentant profondément  qu’ils ne sont eux-mêmes qu’ensembles, ils laissent sans cesse le silence les séparer ! De l’enfance à l’âge adulte, Mattia et Alice souffrent d’absence sans jamais se l’avouer, à moins que ce manque de l’autre ne soit que la projection d’autres douleurs plus anciennes, plus enfouies.
D’une certaine façon ces deux personnages sont trop perdus dans la solitude pour qu’on puisse réellement s’attacher à eux et pourtant leur histoire nous happe,  nous fait souhaiter qu’une porte s’ouvre enfin dans les cercles opaques qu’ils ont tissés pour maintenir le monde à distance. Souvenirs, ressentis, blessures, les personnages sont disséqués, exposés sous nos yeux avec une précision quasi chirurgicale, dans un style épuré et puissant qui va droit au coeur en laissant peu de place à l’espoir. Premier roman et prix Strega 2008, la solitude des nombres premiers est un roman obsédant et poignant qui reste longtemps présent à l’esprit. Beau et triste !

La solitude des nombres premiers – Paolo Giordano – 2008 – traduit de l’italien par Nathalie Bauer –  Seuil

Un grand merci à Suzanne de Chez-les-filles et aux éditions du Seuil qui m’ont fait ce beau cadeau.

L’avis de Hathaway

Publié dans roman italien | 40 commentaires

Jane

Un nouveau challenge court les blogs le saviez-vous ?
Comment ça un challenge ?
Pas un nouveau, alors qu’elle s’en était fixé Tolkien sait combien l’année dernière et n’a pas été fichu de commencer à en entamer un ?
Et bien si, un nouveau, j’assume ! Il s’agit de lire et visionner tout ce qu’il est possible de trouver sur et autour de Jane Austen. Ce concept  fondateur, ce pitch quoi, ayant été formulé par
Fashion victim (du moins il me semble). En même temps comment ne pas adopter d’enthousiasme un défi auquel je me consacre déjà, challenge ou pas, depuis que nous avons renoué, Jane et moi, il y a de cela un an et demi ?  Cela ne se peut, j’y cours donc et et si je ne me retenais pas, j’en sautillerais d’enthousiasme.


Voici donc une première liste d’oeuvres que j’ai déjà vu/lu (revu/relu), que je suis sur le point de, ou que j’aimerai énormément, lire/voir… Bien sûr elle n’est pas exhaustive et va certainement évoluer mais je la mettrai à jour, promis juré, liens vers mes billets à venir compris. (Quelle redoutable organisation, je vais enfin pouvoir retrouver mes billets facilement, incroyable). Cette page restera accessible en cliquant dans la colonne de gauche sur ce joli bouton dû aux talents conjugués d’Isil (célèbre Janeïte) et de Mr Kiki (célèbre illustrateur).

Isil a d’ailleurs concocté une superbe liste, bien plus exhaustive que la mienne, que vous pouvez consulter Ici (je la consulte moi-même régulièrement pour rêver à de prochains achats/emprunts). Si d’autres ont fait de même, dites le moi, je vous mettrai en lien.
Et c’est parti pour le
Au fait saviez-vous qu’une police a été conçues à partir de l’écriture de Jane Austen ? Oeuvre de Pia Frauss, vous pouvez la télécharger sur son site. Elle est belle non ? Peut-être pas assez lisible pour un écran et c’est bien dommage, car… quelle classe !

L’Austen questionnaire (créé par Emjy)

Bibliographie
Orgueil et Préjugés
(Pride and Prejudice) 1813
Raison et sentiment
(Sense and sensibility) 1811
Persuasion (1818)
Northanger Abbey (1818)
Emma (1815)
Mansfield Park (1814)

Sanditon (resté inachevé)

Les Watson
Lady Susan
Juvenilia

Biographies
Jane Austen, Passions discrètes – Claire Tomalin – 1997 – Autrement 2000
Jane Austen – Carol Schields – Fides – 2001
Un portrait de Jane Austen – David Cecil – 2008

Essais
Jane Austen Pride and Prejudice, dans l’oeil du paradoxe – Catherine Bernard – Ellipses – 2001

Pride and Prejudice : le roman de Jane Austen et le film de Joe Wright – Laurent Bury, Dominique Sipière, Laure Blanchemain, Nicole Cloarec, Collectif – 2006 – Ellipses (billet en devenir)

Pride and Prejudice, Joe Wright – Lydia Martin – 2006 – Céfal

adaptations télévisées
Orgueil et préjugés
Simon Langton, 1995, mini-série BBC (6 épisodes – 300 min) avec Jennifer Ehle, Colin Firth, Susannah Harker, Crispin Bonham-Carter, Benjamin Whitrow, Alison Steadman, Barbara Leigh-Hunt, Adrian Lukis (billet en devenir)

Raison et sentiment

John Alexander, 2008, mini-série BBC (3 épisodes – 180 min), avec Hattie Morahan, Charity Wakefield, Dan Stevens, Dominic Cooper, David Morrissey (billet en devenir)

 

Emma

Diarmuid Lawrence, 1996, mini série ITV (104 minutes), avec Kate Beckinsale, Mark Strong, Raymond Coulthard, Samantha Morton, Dominic Rowan, Prunella Scales (billet en devenir)

 

Persuasion

Adrian SHergold, 2007 ITV (93 min) avec Sally Hawkins, Rupert Penry-Jones, Alice Krige, Julia Davis (billet en devenir)


Mansfield Park
Iain B. MacDonald, 2007, téléfilm ITV (120 min) avec Billie Piper, Blake Ritson, Hayley Atwell, Joseph Beattie, Michelle Ryan, James D’Arcy, Douglas Hodg
(billet en devenir)

 

Northanger abbey

John Jones, 2008, ITV (95 min) avec Felicity Jones, Carey Mulligan, Liam Cunningham (billet en devenir)


adapatations : cinéma
Orgueil et préjugés
Joe Wright, 2005, cinéma (129 min) avec Keira Knightley, Matthew Macfadyen, Rosamund Pike, Simon Woods, Donald Sutherland, Brenda Blethyn, Judi Dench, Rupert Friend

Raison et sentiment

Ang Lee
, 1995 (136 min), avec Emma Thompson, Kate Winslet, Hugh Grant, Greg Wise, Alan Rickman
(billet en devenir)

 

Emma

Douglas McGrath, 1996, cinéma (121 min) avec Gwyneth Paltrow, Jeremy Northam, Ewan McGregor, Toni Collette, Alan Cumming, Sophie Thompson (billet en devenir)

 

Variations autour de Janecôté lecture

Le club Jane Austen – Karen Joy Fowler – 2005 – Traduit de l’anglais par Sylvie Doizelet – Gallimard/Folio (billet en devenir)

Jane Austen et moi, devenez une héroïne de Jane Austen – Emma Campbell Webster – 2008 – illustré par Pénélope Bagieu, traduction de Sylvie Doizelet – Danger public

Mr Darcy’s Diary – Amanda Grange – Sourcebook 2007

An Assembly such as this, a Novel of Fitzwilliam Darcy, Gentlemen – Pamela Aidan – 2006 – Touchstone books (3 tomes)

Jane Austen à Scargrave manor – Stephanie Barron – 1998 – Labyrinthes (premier d’une série de polars “austeniens” à tester)

Pride & Prejudice & Zombies – Seth Grahame-Smith & Jane Austen, avril 2009 (bientôt!) – Quirk books

Les nombreuses vies de Jane Austen – Isabelle Ballester – octobre 2009 – Les moutons électriques, bibliothèque rouge

Impulse and initiative – Abigael reynolds – Sourcebooks Landmarks – 2008

Variations autour de Janecôté écran
Becoming Jane
Julian Jarold, 2006, cinéma (120 min) avec Anne Hathaway, James McAvoid, Jessica Ashworth, Tony Brown, Chris McHallem, Lucy McKenna (billet en devenir)

Miss Austen regrets
Jeremy Lovering, 2008, ITV (90 min) avec Olivia Williams, Imogen Poots, Greta Scacchi, Hugh Bonneville
(billet en devenir)

Lost in austen
Guy Andrews et Dan Zeff, 2008, ITV (4 épisode – 200 min ) avec Jemima Rooper, Alex Kingston, Hugh Bonneville, Elliot Cowan, Gemma Arterton (billet en devenir)

The Jane Austen Book club
Robin Swicord, 2007, cinéma (106 min) avec Emily Blunt, Amy Brenneman, Jimmy Smits

Publié dans Jane Austen Challenge | 68 commentaires

La chaîne des livres

Comme certain d’entre vous le savent très certainement, Yspaddaden a récemment initié une chaîne de livres tournants. 26 blogueurs (du moins 25 blogueuses et 1 blogueur si je ne m’abuse) sont ainsi liés pour une durée indéterminée. Chaque enchaîné a tout spécialement choisi un titre, pas trop volumineux et l’ayant particulièrement marqué, et s’est engagé à lire assez rapidement (ou du moins à essayer) les différents titres qui vont se succéder dans nos boîtes aux lettres.

Après mûres délibérations avec moi-même (et un peu avec Ys aussi) j’ai sélectionné L’angoisse du roi Salomon de Romain Gary (ou plutôt Emile Ajar), qui m’a littéralement fasciné quand je l’ai découvert (il y a déjà pas mal d’années de cela). J’ose espérer que ce sera une belle découverte pour une majorité d’enchaînés. Isil en a déjà fait une critique par ici

Histoire de m’y retrouver un peu, j’ai listé les livres choisis par les différents blogueurs dans l’ordre où je les lirai (normalement si tout va bien bien sûr). J’y mettrai les liens vers mes billets au fur et à mesure. Par chance je n’ai lu que trois de ces oeuvres dont une seule récemment, alors comme j’aime surprises et découvertes, je vous laisse imaginer…

De plus grâce à Levraoueg, tout le monde peut suivre la progression de la chaîne sur netvibes, ce qui est fort pratique…

et voici le programme :
Fendragon de Barbara Hambly (USA) Fashion 
Ta mémoire petit monde d’Alain Foix (France) Stephie
Laure au bout du monde de Pierre Magnan (France) Hathaway
La petite voix du coeur de Billie Letts (USA) Doriane
Voyage à Perros de Jacques Thomassaint (France) Bladelor
Message des hommes vrais au monde mutant de Marlo Morgan (USA) Karine
Le plaisir de la captive de Leopoldo Brizuela (Argentine) Le Bookomaton
Le roman d’Oxford de Javier Marias (Espagne) Lune de pluie
Contes hors du temps de Charles Van Leberghe (Belgique) Lau(rence)
Le Petit Nicolas de Sempé & Gosciny  (France) Ys
La marche de Mina de Yoko Ogawa (Japon) Virginie
L’amour au jardin de Jean-Pierre Otte (Belgique) Yohan
Harraga de Boualem Sansal (Algérie) Emmyne
L’odyssée de Pénélope de Margaret Atwood (Canada) Argantel
L’amant de Marguerite Duras (France) Blue Grey
Brown’s requiem de James Ellroy (USA) Cécile
Palermo Solo de Philippe Fusaro (France) Leiloona
Encore une danse de Katerine Pancol (France) Yoshi73
Morts et remords de Christophe Mileschi (France) Goelen
La douce empoisonneuse de Arto Paasilinna (Finlande) Pascale
Les villes invisibles de Italo Calvino (Italie) Chimère
Silas Marner de George Eliot (Grande-Bretagne) Keisha
La colère des aubergines de Bulbul Sharma (Inde) proposé par  Armande
Mille morceaux de James Frey (USA) proposé par Levraoueg
La sorcière de Salem de Elizabeth Gaskell (Grande-Bretagne) proposé par Isil

Il se passe toujours quelquechose
dans la blogoboule !!!

Publié dans le blog | 28 commentaires

Dialogues de bêtes

“À la campagne l’été. Elle somnole, sur une chaise longue de rotin. Ses deux amis, Toby- Chien le bull, Kiki-la-Doucette l’angora, jonchent le sable. (…)
Kiki-la-doucette : Tu crois qu’elle dort ? Elle cueille en ce moment, au potager, la fraise blanche qui sent la fourmi écrasée. Elle respire sous la tonnelle de roses l’odeur orientale et comestible de mille roses vineuses, mûres en un seul jour de soleil. Ainsi immobile et les yeux clos, elle habite chaque pelouse, chaque arbre, chaque fleur.”

J’avais depuis longtemps envie de découvrir un livre audio… par curiosité. Grâce à Babelio, c’est chose faite ! Bon je n’ai guère pris de risques en choisissant ce titre, j’aime Colette et j’avais beaucoup aimé Dialogues de bêtes quand je l’ai lu (vers 12 ans et jamais depuis d’accord !)
Le Disque se compose uniquement d’extraits (51 minutes) mais de délicieux extraits. Liane Foly est très agréable à écouter quoiqu’il m’ait fallu quelques minutes pour m’habituer aux changements de voix d’un personnage à l’autre.
Mais une fois habitué tout va bien. Ces dialogues sont aussi espiègles et lumineux que dans mon souvenir et c’est un plaisir de retrouver les personalités si félines et canines des amis de Colette. Mention spéciale pour l’histoire de la tortue, ma préférée.
Par contre il est plus difficile que je ne le pensais d’écouter un livre audio en voiture… On suit facilement les histoires certes mais les charmes et  subtilités du style sont plus difficiles à saisir. Peut-être parce qu’il n’est ni facile ni recommandé d’être concentré sur ce que l’on écoute. Bonus, ces histoires sont parfaites pour écouter avec des enfants (et éventuellement les faire tenir tranquille en voiture). Très agréable !

Liane Foly – Dialogue de bêtes – Colette – édition Des femmes Antoinette Fouque

Publié dans Je l'écoute | 10 commentaires

Fendragon

fendragonVoici donc le premier livre qui m’est échu dans le cadre de la chaîne des livres organisé par Ys. Il se trouve en effet que je suis juste après Fashion Victim dans cette fameuse chaîne et c’est ce petit joyau de fantasy qu’elle a décidé de faire tourner.
Dans les contrées désolées et ravagées des pays d’hivers, Gareth, adolescent candide et idéaliste, est à la recherche de Fendragon, seul homme vivant ayant jamais vaincu un dragon. Lorsqu’il le trouve cependant le personnage est passablement différent du héros des ballades chantées à sa gloire. Le Fendragon est un rustre qui patauge dans la boue du matin au soir et raconte sa victoire sur le dragon avec amertume, une boucherie d’après lui, où il lui a fallu user de toutes les ruses avant d’achever le monstre à la hache. Au temps pour les rêves dorés de Gareth, seulement un dragon ravage les alentours de la capitale du pays de Belmarie et John Avensin Fendragon est le seul qui ait une chance face à lui. Pour Jenny sa compagne, cette chance est bien trop mince, mais Fendragon y voit la possibilité d’obtenir de l’aide pour sa contrée depuis longtemps abandonnée par les troupes du roi…
Il y a deux aspects passionnants dans ce roman, tout d’abord une superbe revue de détail de tous les classiques de l’Heroic Fantasy à la lumière crue d’une réalité moins glamour que prévue. Le Chevalier est myope et père de famille, il pense qu’aller hardiment à la rencontre du dragon une épée à la main est du dernier stupide et s’intéresse à l’élevage des porcs. Et ce n’est que le début… Ensuite l’auteur y brosse une superbe peinture des choix auxquels les femmes sont confrontés. Car le véritable personnage central de ce roman est très certainement Jenny, née-mage aux pouvoirs limités, écartelée entre ses aspirations de sorcière et ses enfants, entre le besoin de solitude nécessaire au développement de ses pouvoirs et le temps qu’elle dispense à ses semblables. Se pose l’éternelle question du renoncement à un aspect de soi – la réussite personnelle – pour obtenir autre chose – une famille – à moins que ce ne soit l’inverse.
La fin du roman, tout en étant plus classique que la première partie, est extrêmement satisfaisante, exploitant à loisir  les aspects tant terrifiants que fascinants de l’image du dragon allongé sur son tas d’or.
C’est un vrai plaisir de s’attacher à ces personnages complexes, imparfaits, emmêlés dans leur contradiction mais profondément humains, le tout dans une langue aussi rêveuse que vigoureuse, un rien malicieuse et souvent drôle. Magique !

Fendragon – Barbara Hambly – 1985 – traduit de l’anglais par Michel Demuth 1991 – Point Fantasy 2006

Fendragon venant de Fashion, part bientôt vers Isil

PS : Ce roman est conçu comme un tout, il parait cependant que l’auteur lui a, par la suite, donné deux suites jamais traduites en français tss tss !!

Publié dans SFFF | 52 commentaires

Le roi soleil se lève aussi

A quoi pouvait bien ressembler une journée du roi soleil ? Quelles pensées pouvaient bien l’agiter alors qu’il se pliait, impavide, aux étonnants rituels de son lever ou de son coucher ? A vrai dire la question est mal posée car de quelle époque parlons-nous ? Nous nous représentons volontiers Louis XIV installé dans la splendeur de Versailles, certes, mais il avait 44 ans quand il pu s’y installer et régnait déjà depuis plus de 20 ans.
Philippe Beaussant, suivant pas à pas l’horaire d’une “journée ordinaire” du roi, s’attache ici à décoder pour nous tant les rituels eux-mêmes et la significations qu’ils revêtaient au XVIIe que les projections faussées, figées souvent fautives toujours partielles que nous avons de l’histoire en général et de Louis Dieudonné en particuliers.
Tout y passe, depuis sa nourrice qui fut la première à le “baiser” le matin tant qu’elle vécu – mais qu’est-ce qu’une nourrice au XVIIe et pourquoi occupe-t-elle une telle place – jusqu’à son coucher officiel dans la chambre d’apparat où il ne dormait pas, en passant par les consultations médicales du jour – Louis n’aimait guère les médecin, ce qui permit à un des valets de sa chambre, Molières, de les épingler lestement, le vêtement, la messe quotidienne, les repas, la danse, la promenade… Chaque étape donne lieu à des digressions plus ou mois longues mais toujours passionnantes sur la signification d’un geste, d’une situation ou d’un mot et sur la façon dont les hommes du grand siècle les comprenaient.
Ainsi des potages – quand on lit que le repas du roi commençait par deux grands potages et quatre petits, rien d’inquiétant – mais si on se replace dans le vocabulaire du temps où le potage est ce qui cuit dans un pot, on en vient à le voir s’attaquer à six plats de viandes bouillies de type pot-au-feu… Cela avant d’entamer les entrées.
Ainsi de la danse, où l’auteur montre de façon lumineuse comment durant le règne du roi soleil, le ballet de cour est passé d’un divertissement que la cour se donnait à elle-même à un spectacle de professionnels, prélude de l’opéra que nous connaissons, dont la noblesse de cour se faisait simple spectatrice. Impressionnant reflet de la façon dont il écarta cette même noblesse des charges de l’état.
Dans une écriture d’une grande élégance, à la fois simple, précise et imagée, Philippe Beaussant nous entraine dans les profondeurs des mentalités du XVIIe siècle. Érudit comme un essai, agréable comme un roman, lumineux et même drôle, un morceau de roi !

Le roi-soleil se lève aussi – Philippe Beaussant – 2000 – NRF Gallimard (2002 – Folio )

Les avis de Bluegrey (que je remercie infiniment pour le prêt), de Cuné, de Lisa, du bibliomane

Publié dans essais | 33 commentaires

Enthéos

Entheos signifie enthousiaste, au sens grec du terme. Habité par le divin. Inspiré. Tout ce que Thomas n’est plus, ne veut plus être. Pour se couper de ses émotions, il a changé de ville, changé d’entourage, changé de domaine d’étude. Lui le théologien, s’est recyclé dans le grec ancien. Faute de pouvoir encore s’intéresser à la signification, il se concentre sur la forme. Seulement si sa nouvelle matière l’intéresse, elle est très loin de l’habiter et son travail s’en ressent. Et puis il y a les cauchemards…
Je me suis laissée happée par cette écriture un peu haletante comme essoufflée, rythmée de phrases courtes, d’images esquissées. Par ce personnage distant qu’on apprend peu à peu à connaitre à travers ses cauchemards, ses questionnements, ses lectures, ses rencontres. Une surtout… Les découvertes se font par petites touches, le drame qui l’a traumatisé, la culpabilité qui le mine mais aussi la vie qui reprend peu à peu ses droits aiguillonnée par un club de lecture tout à fait particuliers.
Un très beau roman où j’ai aimé retrouver les rues de Québec, les petits café où on lit, le goût de l’hiver, l’ambiance universitaire rythmée par des discussions enfiévrées autour d’Euripide, de l’apocalypse de Jean ou encore d’André Gide. Envoûtant.

Enthéos – Julie Gravel-Richard – 2008 – Collection Hamac – les éditions du septentrion

L’avis de Caro(line), de Karine:), ceux de la recrue… Vous pouvez aussi visiter le blog de l’auteur

Un grand merci à Caro(line) qui l’a lu dans le cadre de la recrue du mois, vitrine de la relève littéraire québécoise, et a eu la gentillesse de me le prêter.

Publié dans roman québécois | 20 commentaires

Swap Saint-Valentin ouiiiii !!!

Malgré mes bonnes résolutions et mon envahissante pal, j’ai cédé à la tentation du swap Saint-Valentin. Le moyen de résister à une si alléchante perspective ? Certes cela ne surprendra personne, pour tout dire cela ne me surprend pas moi-même. Fort heureusement pour moi, les faiblesses coupables sont parfois récompensées. C’est ainsi que depuis une semaine déjà, j’ai découvert un magnifique paquet en provenance de Londres (oui vous avez bien lu, Londres, rien que le nom me fait rêver!) qui m’a ravie (et continue à me ravir) et que je vais maintenant partager avec vous (virtuellement s’entend)
Comme d’habitude tout a commencé par un coup de sonnette et le sourire blasé du facteur. (blasé parfaitement, genre je distribue d’aussi beaux paquets tous les jours, comme si c’était possible !!!). Il était beau comme ça


Ensuite, course poursuite dans la maison pour mettre la main sur l’APN (appareil photo numérique) accessoire indispensable à tout déballage de swap bien mené ! et j’ai bientôt pu trancher dans le vif du sujet (en l’occurence dans le scotch et le carton !) et voici ce qui a jailli de la boîte…


Trrrrès joli non, alléchant, plein de promesses qui furent toutes tenues, voyez plutôt :

Détaillons, détaillons…

Côté livres, The pursuit of happiness de Douglas Kennedy (choix bien dans le thème je trouve) et Persuasion de Jane Austen. Livre que j’ai lu en français mais jamais en anglais et dont ma plus-que-charmante swapeuse m’envoie une édition adorable, toute petite, reliée et dorée sur tranche – un bijou ! D’autant que Persuasion est, selon le quartier de la lune, mon second ou mon troisième roman préféré de Jane A. (ah le Capitaine Wentworth…)


Côté dvd pleins d’amour, sleepless in seattle (idéal pour une Saint-Valentin, vous en conviendrez) et Cat on a Hot Tin Roof (un classique avec Paul jeune que j’ai hâte de revoir).
Côté objet, la chose rouge au milieu n’est pas un gant mais une bouillote, oui m’sieur dame, une vrai bouillotte, toute douce et très agréable (j’ai testé, avant qu’une de mes filles ne me la vole honteusement en pretextant une maladie plus ou moins fictive… Cela dit je l’ai récupérée non mais!)
Enfin côté dégustation, la fête ! Deux boîtes de thé rose vanille et rose lavande (joliment nommé Harmony et Love). La rose est un de mes parfums préférés, parlez-moi d’une glace à la rose avec des pétales cristalisés… mais je m’égare!
Un sachet de popcorn au chocolat (paix à son âme), un autre de guimauve (encore en cours)  et une boite de chocolat coeur fourré au caramel framboise (si ! et il m’en reste !)
De quoi se régaler en lisant de bons livres, en regardant de bons films ou peut être en tapotant son clavier (je mangerai bien un caramel moi !)

Je fus donc fort gâtée et je dois un
énorme merci
à ma charmante swapeuse
LN

qui de Londres m’a concocté ce copieux et gourmand paquet.

Et bien sûr un très grand merci aux charmantes organisatrices de ce superbe swap Saint-Valentin, Fashion et Stéphanie.

Publié dans Swaps | 46 commentaires

Le vrai canard

Tout d’abord, avouons-le, je ne lis pas le canard enchaîné. Je n’ai rien contre simplement je ne le lis pas. Pour moi c’est plutôt un journal à papa voire à grand-papa. Jusqu’à son idiome qui m’est étranger, un argot qui me semble toujours sortir d’un vieux polar. Si je devais citer un journal satirique ce serait sans doute Charlie Hebdo mais je ne le lis pratiquement jamais non plus. Ce n’est pas que je déteste la satire au contraire, après tout j’ai été élevée en pleine époque Coluche et plus tard je suis passée aux guignols de l’info et aux Nuls comme tout le monde, mais quand j’achète un journal papier (ce qui n’arrive pas tous les jours), c’est moins l’information elle-même que je cherche que l’analyse, cette mise en perspective approfondie que je ne trouve hélas jamais à la télévision.
Alors pourquoi avoir choisi ce livre dans la liste masse critique?  Et bien parce que je suis curieuse et qu’après tout, le canard est une sorte d’institution. Je m’attendais à quelque chose d’un peu analytique, quelque chose comme une histoire du journal.

En réalité j’ai plutôt eu l’impression de lire une enfilade d’anecdotes en vrac, détaillées certes mais rédigées dans un code dont la clé n’était pas fournie. Comme cette enquête s’intéresse avant tout au volet investigation du journal, il est essentiellement question “d’affaires” et moi les affaires, je ne les connais pas (à part  les plus récentes et encore). Alors lire l’implication de l’hebdomadaire dans telle ou telle affaire sans résumé de l’affaire elle-même, cela n’a pas le moindre intérêt (quatre fois “affaire” en trois lignes voilà à quoi j’en suis réduite!). Je serais bien en peine d’évaluer la qualité du travail de recherche lui-même mais la présentation en est des plus indigeste, sans analyse, sans perspective, souvent incompréhensible pour qui ne connait pas le jargon du cru, le tout plutôt mal écrit et surchargé de noms propres qui ne me disent rien. D’autant que dans une même page, un personnage peut se voir appeler par son nom, son prénom voire son surnom (et je me demandais souvent qui pouvait bien être ce claude, ce pierre ou ce paul).
J’ai cru comprendre que ce livre fait polémique parce qu’il s’attaque à une institution de la presse française… Sur le fond, je suis bien embarassée pour en dire quoi que ce soit, sur la forme par contre quel ennui. Certes j’ai quand même compris que les auteurs ne voulaient pas que du bien à l’objet de leur recherche et qu’ils dénonçaient des pratiques pas toujours ragoûtantes quoique guère surprenantes. Je ne lirai ni plus ni moins le canard maintenant, certains paniers de crabes ne sont pas fait pour moi. ennuyeux !

Le vrai canard – Karl Laske et Laurent Valdiguié – 2008 – Stock

que je remercie néanmoins.

Publié dans essais | 14 commentaires

Des Pal et des dégâts…

Depuis quelques temps, un tag (une tag selon Mr Kiki) tourne de ce côté de la blogoboule… il s’agit de montrer sa PAL (pile à lire pour les néophytes)… bon c’est limite intime comme question mais il se trouve que Karine 🙂 et Mo ont toutes deux manifesté le désir de voir ma pal à moi…
Bien sûr je pourrais mentir ou oublier de répondre ou alors je peux la montrer cette pal malgré une culpabilité rongeante mais vaine. D’autant que je ne rêve que de l’augmenter cette pal et que je dois me raisonner pour la maintenir plus ou moins dans ses limites actuelles. Enfin  d’un autre côté tout le monde comprendra sans doute pourquoi je suis au régime sans livre (sans achat de livres veux-je dire, je continue à emprunter, question de santé mentale, un sevrage trop brusque pourrait être dangereux pour mon équilibre).

Enfin me voilà décidée et pour faciliter les choses, j’ai fait plusieurs photos.

Voici donc mes piles fantasy-sf (43 item) et polars (32) – un peu branlantes je dirai !
Une partie de la pile roman (90) et le petit tas bizarre à droite ce sont les essais (23)
 

Juste pour le plaisir je suis allée vérifier la base des piles (le bouquin tout en bas qu’on ne peut pas attraper sous peine de catastrophes en chaîne) :
L‘enfant des limbes de Isabelle Cervo (???),
Walhalla
de Clive Cussler (???)
L’amérique de Kafka (ouf je m’en souviens de celui-là).

Vous vous dites, pas mal la pal ? mais ce n’est pas vraiment tout… en fait.

Il y a aussi la pal anglaise (10) j’ai de bonnes résolutions à tenir en la matière et je reçois pas mal d’aide je dois dire…


C’est une idée ou les livres anglais sont plus colorés que les livres français ?

Ma Pal mangas (10 c’est raisonnable quand même. D’accord j’ai aussi des bd en attente mais mélangées à un tas d’autres déjà lues : un vrai bazar… C’est qu’il n’y a plus de place pour les bd, la bibliothèque qui les abrite est définitivement archicomplète. Elles commencent à ramper par terre et je ne vous parle pas des collections marvel de Monsieur – non en fait  je ne vous en parle vraiment pas, vous n’avez pas envie de visualiser la chose croyez-moi !)


Ma pal mélangée, ainsi dénomée parce qu’elle contient peu de tout, plusieurs livres asiatiques pour mon toujours actuel challenge asie, des emprunts venant d’un peu tout le monde, des livres jeunesses appartenant à mes filles, les romans tombés de la trop haute pile placée juste derrière (il y a parfois des éboulement c’est terrible) et puis les derniers arrivés (via des swaps – merci mes swapeuses – ou des emprunts – merci les copines – ou autres – non je n’en achète presque pas je le jure)


Les grands formats qui ne rentrent nulle part


et mes cadeaux de noël (c’est beau non ?)


Au total, le mur de ma chambre, ça donne ça, mais tout ce qui est dans les bibliothèques n’est plus à lire ouf…

J’aimerai pouvoir dire que tout est là, vraiment tout… soit 208 ouvrages (à peu près) mais rien qu’en levant la tête une seconde, je viens de voir huit coquins en attente de lecture dans mon bureau (dont un essai, un sf et un classique)… disons 216 alors parce que je ne vais quand même pas écumer toute les pièces pour vérifier s’il y a des livres qui trainent en attente de lecture. De toute façon, quand on aime on ne compte pas dit-on – une phrase qui a dû être écrite pour moi…


Quant à savoir quel est le livre qui me tente le plus, c’est bien difficile, Le roi se lève aussi  de Philippe Beaussant peut être ou Prophécy de Elyzabeth Haydon mais ça peut changer d’ici ce soir. Et celui qui me tente le moins doit forcément être un de ceux dont j’ai oublié le titre en bas des piles (J’ai fait quelques suppressions pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps en rendant quelques livres  empruntés non lus mais qui ne m’inspiraient plus, comme quoi je suis parfois raisonnable !)


La morale du tag veut que je désigne 4 autres victimes alors alllons y : j’aimerais voir les pals de Stéphanie, de Chiffonette, de Carolyne Grey (enfin j’espère qu’elle écrit au lieu de lire) et de Delphine  allez hop les filles, chacune son tour…

Publié dans le blog | 80 commentaires